Ce geste que nous connaissons tous possède plusieurs origines, remontant jusqu’à la Guerre de Cent Ans et l’Antiquité grecque.
La plus connue nous ramène à la Guerre de Cent Ans au XVe siècle, qui a duré en réalité 116 ans. Les soldats français, aux armures lourdes et encombrantes, selon ce que raconte l’histoire, coupaient l’index et/ou le majeur des archers anglais capturés pour qu’ils ne puissent plus se servir de leurs armes. Dans le but de narguer, d’énerver les Français et en guise de salut moqueur, les archers, ceux non capturés bien sûr, auraient pris l’habitude de faire un geste des doigts appelé « the finger », formant un V avec l’index et le majeur, et paume retournée. En France, c’est uniquement le majeur.
Une autre origine, nettement plus lointaine, nous ramène à l’Antiquité grecque où ce geste existait déjà, notamment dans les comédies, désignant une insulte de même signification que de nos jours, par exemple dans « Les Nuées » d’Aristophane (423 av.J.-C) à l’occasion d’une scène entre Socrate et son disciple Strepsiade. On appelait ce geste le katapugon. De même dans la Rome antique, donc en latin, cela existait sous le nom de digitus impudicus, signifiant doigt impudique. Les Romains l’utilisaient également pour éloigner le « mauvais œil ».
Puis l’utilisation de ce geste passa plus ou moins de mode au Moyen Âge en raison de l’interdiction de la s.odomie pour des raisons religieuses. Le « Dictionnaire du Moyen français » (1330-1500), qui est un dictionnaire faisant état de la langue française entre l’ancien français et le français classique, précise qu’il s’agit d’une insulte et marque le mépris : « Mais tost aprés que tu seras passé, derriere toy ilz te tendront leurs doiz et te auront en derrision disans : Cestui est qui seduit nostre prince, qui lui persuade et conseille la guerre, et est cellui qui acroist les truages et qui nous accumule et amasse les charges importables… »
Plus récemment, dans le courant du XXe siècle, ce signe peu élégant et explicite est réapparu dans les habitudes de certains automobilistes avec le développement de ce mode de transport à l’occasion d’incivilités routières. N’en faisons pas la promotion cependant, bien évidemment, pour y préférer dans la mesure du possible des attitudes moins vulgaires et plus civilisées dans de tels cas.