Loi organique

Une loi, tout le monde sait ce que c’est mais certaines sont dites « organiques ». Pourquoi un tel terme ? Nous pensons de nous-mêmes à l’organisme, aux organes d’un corps, mais où est le rapport ? Explication : les lois organiques (article 46 de la Constitution française) sont votées par le Parlement et n’ont bien sûr rien à voir avec un organisme vivant, c’est une notion juridique. Les lois organiques sont des lois qui organisent les organes (cf. organisation) de l’État et fixent leur structure en développant les principes posés dans une loi constituante, donc liée à la Constitution et de ce fait au Conseil constitutionnel, qui a développé de son côté une jurisprudence visant à ce que les lois organiques ne puissent intervenir que dans des domaines et pour les objets que la Constitution a limitativement énumérés. Les lois organiques sont de ce fait systématiquement soumises au Conseil constitutionnel qui en contrôle la conformité à la Constitution, et la saisine du Conseil doit être assurée par le secrétariat général du gouvernement au nom du Premier ministre. Les lois ordinaires quant à elles interviennent dans les domaines de la loi définis à l’article 34 de la Constitution. Elles sont adoptées à l’issue de ce que l’on appelle la « navette parlementaire », à savoir Sénat et Assemblée nationale. Concernant la hiérarchie des normes, les lois organiques se situent en dessous de la Constitution mais au-dessus des lois ordinaires. Une majorité absolue des membres de l’Assemblée nationale est nécessaire pour faire adopter une loi organique en cas de désaccord entre elle et le Sénat.

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Faire ripaille origine

L’expression « faire ripaille » est bien connue, elle signifie boire et manger avec excès mais son origine, la connaissez-vous ? Pourquoi ripaille ? Ce nom féminin datant du XVIe siècle est dérivé du verbe riper = gratter, issu du moyen néerlandais et/ou de l’ancien bas francique rippen qui signifie tirailler, palper. Il existe plusieurs origines possibles à l’expression « faire ripaille ». Dans le cadre de la locution « faire ripaille chez quelqu’un », il s’agirait des soldats qui autrefois, quand ils s’approvisionnaient chez les paysans et bourgeois, auraient eu tendance à racler les plats, étant généralement fort affamés. Dans le fait de racler les plats, nous retrouvons là l’étymologie de ripaille. Une autre explication existe selon une tradition orale et certains historiens, celle-ci liée au château de Ripaille et son immense domaine de chasse situé à Thonon-les-Bains en Haute-Savoie et appartenant aux ducs de Savoie, semble-t-il lieu de festins mémorables. Voltaire y fit allusion dans l’Épitre LXXXV. P. 363-364. L’expression « faire ripaille » a par ailleurs existé autrefois sous sa forme latine « facere ripaliam hoc est indulgere ventri », signifiant « faire ripaille, c’est soigner son ventre ».

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Furoshiki emballage de cadeaux

Pour les fêtes, beaucoup de papier cadeau se trouve finalement gaspillé parce qu’inévitablement, il va à la poubelle. Voici une alternative à ce gaspillage, il s’agit d’une technique japonaise de pliage, de nouage et donc d’emballage à base de tissu comportant l’avantage écologique de pouvoir être réutilisé, le furoshiki. La base de la technique daterait de l’ère Nara (VIIIe siècle) et servait à emballer des objets précieux puis à l’époque de Muromachi (entre 1336 et 1573), les daimyos (nobles) étalaient le tissu au sol et y posaient leurs affaires pendant qu’ils prenaient leur bain puis s’essuyaient les pieds avec. La technique fut ensuite généralisée à l’ère Edo (entre le XVIIe et la fin du XIXe siècle avec la restauration Meiji) pour emmener des vêtements aux bains publics. Le nom furoshiki signifie d’ailleurs « quelque chose étalé au bain ». Les couleurs et les motifs des tissus utilisés dépendent des occasions, des personnes auxquelles les cadeaux sont destinés et de l’époque de l’année. Les tailles dépendent quant à elles des types d’objets à emballer.

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Le gomasio ou gomashio

Qu’est-ce que le gomasio, appelé aussi goma-sio ou gomashio ? C’est un condiment bio d’origine japonaise qui peut remplacer le sel sans ses inconvénients pour la santé car comme nous le savons, nous mangeons beaucoup trop de ce dernier sous différentes formes et essentiellement dans les plats préparés (en cuisinant soi-même, l’alimentation est toujours de meilleure qualité, sans adjuvants et autres exhausteurs de goût plus ou moins chimiques). Le gomasio aide à renforcer le système nerveux, améliore la mémoire et l’activité intellectuelle, régule la pression sanguine (contrairement au sel qui pris en trop grande quantité – et la limite est vite atteinte, 5 grammes par jour recommandés – provoque notamment de l’hypertension), stimule le système immunitaire, favorise la sécrétion des sucs digestifs et participe au brûlage des graisses. Le gomasio est composé d’un peu de sel marin gris non raffiné (entre 5 et 9 %), mais surtout de sésame grillé puis broyé (entre 91 et 95 %). Parfois selon les producteurs, on y trouve un peu d’algue nori, connue pour son goût salé et riche en protéines, acides aminés essentiels et fibres alimentaires (très utilisée par les végétariens). Le gomasio s’utilise comme du sel en saupoudrage sur les plats chauds ou froids. L’origine de son nom ? En japonais, goma signifie sésame et shio désigne quant à lui le sel. Le sésame est riche en phosphore, magnésium et calcium, c’est un excellent stimulant du métabolisme. Il est de plus riche en acides gras insaturés appelés aussi «bons gras ». En tant qu’ingrédient essentiel du gomasio, il renforce le goût des aliments sans l’écraser. De même, si vous faites vous-même votre pâte à pain, vous pouvez également y remplacer le sel par du gomasio. Le gomasio peut être acheté tout fait dans les magasins bio mais on peut avoir également le plaisir de le fabriquer soi-même en utilisant du sel de Guérande ou de Noirmoutier (ou autre sel marin gris non raffiné) pour la partie sel, cela divisera son prix par deux en moyenne et ce peut être économique vu que le gomasio est en moyenne quatre fois plus cher que le sel. Différents sites proposent des recettes, faciles à trouver sur Internet. De quoi de faire plaisir pour pas trop cher finalement, et puis la santé n’a pas de prix, dit-on, alors quand on peut l’améliorer à si peu de frais, pourquoi s’en priver ?

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Nidicole et nidifuge

Selon les espèces, les animaux sont soit nidicoles, soit nidifuges. Les animaux nidicoles ou espèces dites altriciales (qui habitent le nid et nécessitent une alimentation) donnent naissance à plusieurs petits qui eux-mêmes ne sont pas matures, nus et aveugles, et vont donc devoir dépendre de leurs parents un certain moment avant de pouvoir se débrouiller seuls, une fois développées les aptitudes nécessaires à leur survie (se déplacer suffisamment vite, chasser, former leur plumage ou pelage, etc.). Selon les espèces, le nombre de bébés est plus ou moins important en raison de cette immaturité qui entraîne beaucoup de risques de décès, généralement tués par des prédateurs, ce qui sert à la régulation naturelle et donc l’équilibre des espèces, les uns servant de nourriture aux autres et ainsi de suite. Par exemple, les passereaux sont nidicoles, mais également les félins, les kangourous (poche) et beaucoup d’autres espèces.

Les animaux nidifuges (= fuient le nid) en revanche naissent avec les capacités pour vivre mais pas l’expérience, qui s’acquiert donc autour et dans le nid (d’où le nom) ou de l’habitat quel qu’il soit (tanière, galerie, etc.). Leur développement sensorimoteur est pratiquement achevé. Les naissances sont nettement moins nombreuses. Leur vision à la naissance est acceptable et leur pelage ou plumage déjà existant leur fournit une certaine protection. Cela leur permet de s’alimenter un peu par eux-mêmes dès le départ et de ce fait, augmente leurs chances de survie. C’est le cas par exemple des oiseaux gruiformes et des poules dont les petits quittent très rapidement le nid, des bovins et généralement des herbivores, des lapins (mais les lièvres sont nidicoles, attention !), des rats…

Certains autres animaux sont semi-nidifuges, ayant à la naissance la capacité de se déplacer seuls mais restant à proximité des adultes, incapables de réguler leur température corporelle (mouettes et sternes par exemple).

Le concept de nidicole et nidifuge nous vient du naturaliste allemand Lorenz Oken au début du XIXe siècle.

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Néotransitionneur

Qu’est-ce qu’un néotransitionneur ? Ce nom est formé à partir de néo (nouveau) et de transition, donc un néotransitionneur (néotransitionneuse au féminin) est une personne qui change de vie et généralement choisit parallèlement un métier à bon impact environnemental (reconversion professionnelle). Il s’agit bien sûr d’un néologisme, on peut parler de concept de néotransitionnisme. La crise du climat avec le réchauffement et ses joyeusetés (temps détraqué, cataclysmes divers de plus en plus récurrents), le besoin de plus d’écologie, la vie du XXIe siècle trop éloignée de la nature et des choses essentielles de la vie, la surconsommation, les scandales industriels, les informations anxiogènes, tout cela amène ces citoyens à agir concrètement grâce à une prise de conscience de la nécessité d’apporter à leur mesure leurs pierres à l’édifice d’un monde plus sain. Ils faisaient partie du système jusqu’ici sans trop se poser de questions mais les maux du XXIe siècle en ont rattrapé un certain nombre (hyper stress, burn-out et problèmes de santé qui y sont liés), les faisant réfléchir à un mode de vie plus serein, plus sain, loin de cette course effrénée à l’argent et de la spirale de la consommation (consumérisme au sens sociologique) tout en trouvant un moyen de gagner quand même leur vie car il faut bien manger, mais de manière plus engagée en rendant service à la planète, tout au moins en évitant de l’abîmer. La transition écologique est désormais au centre de leur vie. Bien souvent, ils mangent moins de viande (flexitariens) voire plus du tout (végétariens et vegan), ne prennent plus l’avion et évitent au maximum tout déplacement polluant, pratiquent des métiers plus proches de la nature (cause animale, biodiversité, alimentation plus saine, énergies vertes) et/ou se tournent vers des engagements sociaux, humanitaires. Un concept citoyen qui concerne toute la planète et qui a de l’avenir !

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Théorie du ruissellement

Qu’est-ce que la théorie du ruissellement ? Il ne s’agit pas d’eau mais alors pourquoi un tel nom ? Tout simplement à titre d’image, par comparaison avec les cours d’eau qui au lieu de s’accumuler sur les sommets, vous vous en doutez, ruissellent vers leur base. La théorie du ruissellement est en réalité bien éloignée des montagnes au sens propre, il s’agit d’une théorie politique libérale sur l’économie, appelée en anglais trickle down theory. Que dit-elle ? À part dans les cas de destruction ou à l’inverse, de thésaurisation (= accumulation de monnaie), les revenus des plus riches seraient, toujours selon cette théorie, réinjectés dans l’économie de différentes manières possibles : consommation et investissement principalement (dont le placement en bourse contribuant au financement de l’activité économique). Le résultat ? Cela contribuerait directement ou indirectement à développer l’activité économique de manière générale et par conséquent serait bénéfique à la création d’emplois. Ah vous y voyez déjà plus clair, n’est-ce pas ? Non ? Bon, faisons simple, en gros, plus les riches sont riches (avec notamment des réductions d’impôts pour eux, il faut bien les soigner), plus ils permettent à l’économie de se développer, toujours selon cette théorie bien sûr ! En France actuellement, cela doit vous parler, non ? Un peu d’histoire pour comprendre l’origine de cette métaphore : le candidat démocrate américain à l’élection présidentielle William Jennings Bryan l’utilisa le premier en 1896 sans en nommer cependant le terme lors du discours de la Croix d’Or à Chicago (opposant à l’étalon-or, système monétaire fondé sur une valeur liée à un poids fixe d’or, d’où le nom du discours). Voici ce qu’il a dit : « Il y a deux conceptions du gouvernement. Il y a ceux qui croient que si on légifère simplement pour laisser prospérer les plus riches, leur prospérité retombera sur ceux en-dessous. La conception démocrate veut que si on légifère pour rendre les masses prospères, leur prospérité remontera à travers toutes les classes qui se reposent sur elle. » Cette théorie du ruissellement fut énoncée clairement en 1932 par l’humoriste américain Will Rogers lorsqu’il se moqua du programme de baisse d’impôts du Président de l’époque George Hoover. Cependant, le sens économique du terme « ruissellement » ne fut pas utilisé officiellement  avant 1944 et la théorie elle-même en 1954 (dictionnaire Merriam-Webster, filiale d’Encyclopædia Britannica, Inc.). Bien plus tard, dans les années 1980, la théorie du ruissellement est apparue dans le débat public avec Ronald Reagan (USA) avec les Reaganomics et aussi avec Margaret Thatcher (GB), pour revenir au goût du jour en France avec l’actuel gouvernement. Pour conclure, il faut savoir tout de même qu’aucun économiste n’a réussi à démontrer concrètement jusqu’ici la validité de la théorie du ruissellement. Comme quoi entre théorie et pratique, une fois de plus, nous pouvons en constater les différences… une grande vallée entre deux montagnes peut-être ?

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Nivoculteur

Le terme de nivoculteur (nivocultrice au féminin) désigne le récent métier qui consiste à produire de la neige artificielle. Côté étymologie, il est constitué de nivo- du latin nix, nivis = neige, et de culteur- du latin cultor = celui qui cultive. Récent ? Eh oui, car même si déjà au XXe siècle, les canons à neige existaient pour pallier de manière ponctuelle le manque de poudreuse dans certaines stations de ski, le réchauffement climatique de plus en plus visible en ce XXIe siècle fait que cette technique doit être de plus en plus utilisée, aboutissant à la création d’une réelle activité professionnelle. Mais en quoi cela consiste-t-il concrètement ? Le nivoculteur, garant de la qualité de la neige et de sa production, gère un réseau précisément de culture de neige artificielle. Pour ce faire, il doit définir en début de saison, par informatique, les programmes des canons à neige puis il les gère en direct en fonction des conditions météorologiques et des besoins. Il existe même désormais des formations pour devenir nivoculteur, ce qui n’était pas le cas au siècle dernier.

Question étymologie, le nom du quatrième mois du calendrier révolutionnaire, correspondant à peu près à la période du 21 décembre au 29 janvier de notre calendrier grégorien, à savoir nivôse, possède la même origine (latin nivis = neige).

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Qu’est-ce que le makaton ?

Qu’est-ce que le makaton ? Il s’agit d’un programme d’aide à la communication destiné à permettre à des personnes de tous âge, atteintes de troubles du langage, de l’apprentissage ou de la communication d’accéder à la lecture. Le makaton est un mode de communication associant la parole à des signes et/ou pictogrammes. La médiathèque de Moréac dans le Morbihan a même traduit une quarantaine de livres en makaton dans ce but. Ce programme est assez ancien, il fut mis au point à l’initiative d’une orthophoniste britannique, Margaret Walker, en 1973-74, dans le but de mieux communiquer avec les patients concernés à l’hôpital. Un vocabulaire gestuel est associé à des symboles graphiques et le vocabulaire de base contient plus de 400 concepts sur huit niveaux plus un niveau complémentaire. Mais d’où vient ce nom ? Quelle est son étymologie ? Il fut formé tout simplement en associant les prénoms des trois créateurs : Margaret Walker (MA), Kathy Johnston (KA) et Tony Cornforth (TON).

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Le wingfoil ou wing foil

Le wing foil (ou wingfoil) est un sport nautique récent (2015) pour lequel on manipule une aile avec les deux mains, celle-ci n’étant pas reliée à la planche (wing) équipée d’un hydrofoil. L’hydrofoil est une aile profilée se déplaçant dans l’eau. Elle permet de transmettre une force de portance à son support. C’est ainsi que depuis quelques années, nous pouvons voir des trimarans ou catamarans voler littéralement au-dessus de l’eau lors de certaines courses. Attention, ne pas confondre avec le windfoil qui est le windsurf (planche à voile) à foil, dont l’aile est attachée à la planche. Le kitesurf quant à lui n’utilise pas de foil. Ce sport consiste à évoluer sur une planche sans mât à la surface de l’eau en étant tracté par une aile, sorte de cerf-volant spécialement adapté.

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