Le nesting

Qu’est-ce que le nesting ? Vous le pratiquez peut-être sans même le savoir, parce qu’il s’agit d’un néologisme en réalité, désignant une tendance sociétale ayant commencé à se développer fin des années 2000 donc une dizaine d’années seulement. C’est un terme anglais, oui, comme beaucoup mais utilisé dans la langue française, nesting vient de nest = nid en anglais. Le nesting consiste à se créer un petit nid douillet, un chez-soi dans lequel on a plaisir à rester, pas forcément seul d’ailleurs, ce peut être en compagnie d’amis, de proches, mais dans un lieu privé. Au siècle dernier, on parlait de cocooning (de cocon), c’est à peu près la même chose sauf que dans les années 80-90, la mode était plutôt à la sortie de chez soi, à la tournée des bars, restaurants, cinémas ou autres lieux de rencontres, de plaisir et de fête. Le nesting répond à une philosophie consistant à chercher à se retrouver, se ressourcer loin du tumulte de la vie extérieure, en s’accordant des moments où l’on ne fait rien (oui c’est permis et cela fait du bien), en lisant un livre, en regardant un film ou une émission qui nous détend, en cuisinant, en jardinant sur son balcon ou dans son jardin, en bricolant (amélioration de l’habitat), etc. Pourquoi chercher ailleurs ce que l’on pourrait très bien trouver chez soi avec un peu d’imagination et quelques aménagements ? Le nesting passe par la redécoration de son lieu de vie par exemple, afin d’apprécier son intérieur, et pas forcément en dépensant des fortunes. Pourquoi ? La vie active de beaucoup de gens les amenant à quitter leur logement un grand nombre d’heures pour aller travailler et gagner leur vie, il peut apparaître fort agréable et reposant de se retrouver le soir et le week-end réellement chez soi, dans un lieu qui nous plaît, où il fait bon vivre tout simplement. Cette tendance répond à un besoin d’échapper quelque peu au matérialisme et au consumérisme qui ont envahi nos vies à grand vitesse à la fin du siècle dernier et au début des années 2000, faisant prendre conscience à beaucoup qu’ils finissaient par s’oublier eux-mêmes dans ce tourbillon, provoquant burn-out, dépression et stress divers. Le corps et l’esprit ont besoin de repos, de calme pour se régénérer et bien se porter. Le nesting constitue l’un des moyens pour y parvenir et gagner en sérénité.

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Chute du mur de Berlin 30 ans déjà

Le mur de Berlin fut détruit le 9 novembre 1989, il y a aujourd’hui exactement 30 ans. Quand fut-il construit ? Par qui et pourquoi ? Par qui et pourquoi fut-il ensuite détruit ? Un peu d’histoire. Le mur appelé en allemand Berliner Mauer, et par le gouvernement est-allemand « mur de protection antifasciste », fut érigé à l’initiative de la RDA (République Démocratique Allemande) dans la nuit du 12 au 13 août 1961, coupant la ville de Berlin en deux et séparant ainsi Berlin-Est et Berlin-Ouest. Le but était d’empêcher l’exode des habitants vers la RFA (République Fédérale d’Allemagne) symbole de liberté, de forte croissance économique et de niveau de vie élevé grâce à l’aide américaine depuis 1947 (plan Marshall dont Berlin-Est ne bénéficiait pas en raison de l’opposition soviétique) et non soumise à l’influence soviétique très contraignante à l’époque de la Guerre froide (« rideau de fer » entre l’Est et l’Ouest de l’Europe, expression popularisée par Winston Churchill en 1946, discours de Fulton le 5 mars). De nombreuses personnes furent tuées par les soldats soviétiques et gardes-frontière est-allemands pour avoir essayé de franchir ce mur surnommé « mur de la honte » par les Allemands de l’Ouest. À force de manifestations et grâce à l’affaiblissement de l’Union soviétique sur fond de perestroïka (réformes économiques et sociales de Mikhaïl Gorbatchev) et de glasnost (politique de liberté d’expression amorcée par l’accident nucléaire de Tchernobyl en 1986) , le 9 novembre 1989, les Allemands de l’Est font tomber une partie du mur, ce qui sera le début d’une période de réunification des deux Allemagne, avec un accès à la liberté pour tous.

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Clause du grand-père

En France actuellement à l’occasion de la réforme des retraites, nous entendons souvent parler de cette fameuse clause du grand-père. Mais de quoi s’agit-il ? En droit, c’est une clause d’antériorité (antérieur = avant) dite aussi clause de droits acquis permettant à ceux ayant acquis des droits de ne pas être concernés, du moins pendant un certain temps,  par l’adoption d’une nouvelle loi en rapport avec ces mêmes droits. Concrètement, cette réforme sera-t-elle seulement applicable aux nouveaux arrivés sur le marché du travail selon cette clause qui en dispenserait donc ceux ayant déjà acquis des droits, ou rétrospectivement, à tous ceux qui y sont déjà, voire même depuis très longtemps, proches de la retraite ? Pourquoi le terme de grand-père ? Il faut aller aux États-Unis pour en trouver l’origine dans la « grandfather/grand-father clause » datant de la fin du XIXe siècle selon laquelle pour avoir le droit de voter dans certains États du Sud, il fallait répondre à certains critères comme l’alphabétisation (examen de lecture lors de l’inscription sur les listes électorales) ou le paiement d’impôts sauf si les gens eux-mêmes ou l’un de leurs aïeux (référence donc au grand-père) bénéficiaient déjà de ce droit de vote avant la guerre de Sécession (1866). Le problème est que de ce fait, les anciens esclaves s’en trouvaient exclus d’office et ne pouvaient prétendre à l’obtention de ce fameux droit de vote, ce qui fut d’ailleurs jugé plus tard anticonstitutionnel en 1915 par la Cour suprême.

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Expression mener une vie de bâton de chaise

L’expression mener une vie de bâton de chaise désigne le fait de mener une vie désordonnée, agitée. Mais quel rapport avec des bâtons de chaise ? Il faut remonter aux XVIIe et XVIIIe siècles à la grande époque tout simplement des chaises à porteur, eh oui ! Vu que les rues et chemins étaient généralement souillés de boue et de détritus (les égouts n’existaient pas), les gens aisés, pour ne pas se salir les pieds, se déplaçaient souvent à l’aide de ce moyen de locomotion non pas à roues mais à jambes. Deux porteurs, un devant, un derrière, tenaient la chaise à l’aide de deux grands bâtons parallèles et amovibles, les fameux bâtons de chaise. Et ces bâtons n’avaient pas la vie plus facile que les porteurs, ils étaient trimbalés, manœuvrés, poussés, tirés au fil des voyages, retirés de la chaise et remis maintes fois. En effet, les voleurs existant déjà à l’époque, ces bâtons aiguisaient bien sûr leur intérêt. Alors pour ne pas se les faire voler, les porteurs les retiraient de la chaise une fois posé leur client au sol à sa destination, et les gardaient avec eux. Ces bâtons leur servaient également d’arme en cas d’attaque, ce qui arrivait fréquemment (vous connaissez les bandits de grand chemin, comme on dit), mais servaient également de bâton au sens propre pour se frayer éventuellement un passage parmi la foule. Cette vie chaotique et itinérante des bâtons de chaise a donc donné naissance à cette expression.

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Expression faire vinaigre

Quand on vous demande de faire vinaigre, vous avez tout intérêt à vous dépêcher ! Mais quel rapport avec le vinaigre ? L’origine de l’expression se trouve dans un jeu de saut à la corde auquel jouaient les enfants au début du XIXe siècle, à l’époque où les cordes étaient palpables, pas virtuelles sur un écran comme au XXIe siècle… Quand la corde tournait lentement au-dessus d’eux, ils sautaient à l’huile et quand la corde tournait vite, ils sautaient au vinaigre. Mais cela n’explique pas la présence de vinaigre dans cette affaire, ni même d’huile. Le vinaigre est un liquide très fluide qui coule vite tandis que l’huile est épaisse et coule beaucoup plus lentement, tout simplement, d’où la comparaison imagée. Quand les enfants criaient « Huile ! », il fallait tourner lentement et quand ils criaient « Vinaigre ! », il fallait tourner vite. Une locution équivalente à faire vinaigre a existé à la fin du XIXe siècle : donner du vinaigre. Maintenant, faire vinaigre, c’est se dépêcher pour arriver sur un lieu donné. Une autre expression désigne le fait de devoir se dépêcher : faire fissa, de l’arabe fi’s-sâ’a = très vite. Elle fut utilisée par les soldats d’Afrique du nord au milieu du XIXe siècle.

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Aquamation, promession et humusation

Les termes d’aquamation, de promession et d’humusation sont des néologismes et pour cause, ils désignent de nouvelles pratiques funéraires dont le but est de proposer une alternative écologique aux pratiques habituelles et réglementées, à savoir l’inhumation et la crémation (loi française du 15 novembre 1887). Elles n’existent pas encore en France. L’aquamation consiste à plonger le corps dans une solution alcaline (aqua = eau), le réduisant à ses composants organiques et minéraux par hydrolyse (rupture de liaison d’une molécule par l’eau). Ce procédé est en revanche loin d’être nouveau puisqu’il fut breveté en 1888. La Californie va l’autoriser dès 2020. Depuis 1999, une autre pratique existe en Suède, la promession, qui y ressemble sauf que le corps est plongé dans un bain d’azote liquide puis réduit à l’état de particules fines. Enfin, l’humusation consiste, comme son nom l’indique, à transformer le corps en compost. Ce procédé a été légalisé par l’État de Washington début 2019.

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Toussaint origine

La Toussaint n’est pas la fête des morts bien que ce jour soit associé à la traditionnelle tournée des cimetières, mais comme son nom l’indique, la fête de tous les saints. Son origine est chrétienne et remonte au temps du pape Grégoire IV qui en 835, voyez comme c’est ancien, décréta sur ordre du roi Louis le Pieux, pour contrer la fête celte et païenne de Samain elle-même à l’origine de la fête d’Halloween actuelle (voir mon autre article à ce propos), que le 1er novembre serait désormais la fête de tous les saints dans le monde entier. Le pape Pie X, au début du XIXe siècle, avait même obligé les gens à aller à la messe ce jour-là. Le jour des morts existe cependant, c’est le 2 novembre, journée du souvenir des défunts, qui lui n’est pas férié.

En France, le 1er novembre est un jour férié, cette fête faisant partie des 11 jours fériés (fêtes civiles et religieuses) précisés à l’article L3133-11 du Code du travail. Il y a eu jusqu’à une cinquantaine de jours fériés religieux en France avant la Révolution, qui en a supprimé un grand nombre dans le but de diminuer le plus possible l’influence de l’église catholique. Mais depuis quand ce jour est-il férié ? Depuis l’arrêté du 29 germinal de l’An X, autrement dit le 19 avril 1802, découlant du Concordat (régime de 1801 chargé d’organiser les rapports entre les cultes et l’État français) que la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905, article 42 concernant également le jeudi de l’Ascension, la fête de l’Assomption et Noël, a reconduit.

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Halloween origine

Eh non, la fête d’Halloween ne vient pas des États-Unis comme beaucoup le pensent. Son origine est païenne, il y a 3 000 ans, reliée au Nouvel An celtique en Irlande. L’année ne s’y terminait pas comme nous le 31 décembre mais bien l’équivalent du 31 octobre selon leur propre calendrier, qui était lunaire alors que le nôtre est solaire. La dernière nuit était considérée comme la nuit de Samain, dieu de la mort (Samonios en Gaule) et la fête durait 7 jours autour de la nouvelle lune. Côté étymologie, le terme Halloween est une contraction de l’anglais All Hallows Eve, signifiant veille ou veillée de tous les saints. Le nom est donc d’origine chrétienne bien que la fête soit au départ païenne comme expliqué plus haut. La fête fut introduite aux États-Unis vers la moitié du XIXe siècle par les migrants irlandais (mais aussi écossais), très nombreux, poussés à fuir leur pays en raison de la Grande famine (1845-1851).

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Différence entre ratatouille et piperade

Quelles différences entre ces deux plats du sud de la France, la ratatouille et la piperade ? La piperade est une spécialité des cuisines basque et gasconne. Son nom vient de pipèr en occitan béarnais qui signifie piment rouge, piperrada en castillan. Il comporte obligatoirement du piment vert long doux et du piment rouge d’Espelette. Les autres ingrédients sont généralement des oignons, des tomates, de l’ail, de l’huile d’olive et certaines recettes incluent de l’œuf et du jambon de Bayonne quand il s’agit d’en faire un plat principal (piperade béarnaise). La ratatouille quant à elle, au nom issu de l’occitan ratatolha, est présente dans toute la partie méditerranéenne de la France mais originaire de Provence et de l’ancien comté de Nice. Sa recette comporte des aubergines, des courgettes, des tomates, du poivron, de l’oignon, de l’ail, du persil, du basilic et autres herbes aromatiques ou épices selon les ingrédients à disposition. C’est un ragoût mijoté de légumes méditerranéens et d’huile d’olive. Tout le monde ne sera pas d’accord sur les recettes car il en existe plusieurs, autant pour la piperade que pour la ratatouille mais les ingrédients principaux sont toujours à peu près les mêmes respectivement avec juste quelques variantes.  

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Le chessboxing

Qu’est-ce que le chessboxing ? Ce néologisme vient de l’anglais chess = échecs et boxing = boxer, boxe, et désigne un sport qui allie deux disciplines très différentes, le jeu d’échecs et la boxe, donc une partie purement intellectuelle et l’autre physique. Le chessboxing fut imaginé par un auteur français de bande dessinée dans les années 90, Enki Bilal, puis devenu ensuite un sport à part entière au fil du temps, le premier combat ayant eu lieu en 2003. Chaque match se déroule en 11 rounds, à savoir 6 rounds de 4 minutes aux échecs et 5 rounds de 3 minutes à la boxe, en commençant par les échecs. Une pause d’une minute est accordée aux joueurs entre chaque round. Les chessboxeurs affrontent des adversaires de même niveau dans les deux disciplines (échecs et boxe). Depuis peu (2019), existe désormais la Fédération française de chessboxing et l’équipe de France compte une quinzaine de membres. Elle représentera la France aux championnats du monde prévus en Turquie mi-décembre prochain.

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