Etre patraque origine expression

Lorsque notre santé est quelque peu défaillante, et que quelqu’un à la vue de notre mine défaite prend de nos nouvelles, il nous arrive de répondre : « Oh je suis un peu patraque aujourd’hui. » Ce qui est certain, c’est que ce terme est apparu au XVIIe siècle. Deux origines se côtoient, une italienne et l’autre espagnole. Le mot patracca issu de l’italien patacca, qui désignait une monnaie usée et sans valeur et le mot espagnol pataca qui désignait la même chose. Le terme serait arrivé dans notre pays par les marins marseillais, les Provençaux l’auraient transformé en patraca, pour désigner tout objet usé, vétuste mais particulièrement une vieille horloge dont la fiabilité faisait défaut puis pour désigner par extension une personne en mauvaise santé. L’orthographe fut ensuite francisée. Entre autres auteurs, Émile Zola dans « L’Assommoir » chapitre IX, « Fécondité » livre I chapitre III, « Germinal » par exemple, ainsi que Prosper Mérimée dans « Lettre à une autre inconnue » (il n’a pas écrit que la célèbre dictée heureusement !), ont repris le mot patraque pour désigner soit un objet usagé soit une personne à la santé dégradée.

Publié dans Expressions françaises | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Origine du nom école

Le nom féminin « école » désignant le lieu d’apprentissage par lequel la majeure partie d’entre nous sommes passés, vous le connaissez forcément, mais son origine ? Il y a de quoi surprendre, voici l’explication. Il vient de l’ancien français escole issu du latin schola signifiant « loisir studieux, leçon, lieu d’étude ». Jusqu’ici, rien de bien original. Mais ce terme latin est lui-même issu du grec ancien σχολή, skholè signifiant « arrêt du travail, temps libre ». Eh oui, je vous l’avais bien dit, c’est surprenant. Mais pourquoi une telle opposition apparente dans la signification des deux termes (latin et grec ancien) ?

Dans la Grèce antique, les « citoyens », qui contrairement aux esclaves étaient des hommes libres, cultivés et évidemment de condition aisée, aimaient discuter de philosophie pendant leurs (nombreuses) heures de loisirs. Or le loisir par principe était associé à l’idée de liberté vis-à-vis de la nécessité de subvenir à ses besoins. Ce n’était donc pas du travail. Ces moments de détente constituaient des temps de repos propres au travail intellectuel. Le principe de vie de ces hommes était d’ailleurs opposé à la sphère productive, laissée aux classes inférieures. La skholè désignait une temporalité liée à la liberté, illustrant selon eux la valeur de l’existence humaine. Ainsi, la gymnastique, les jeux, les banquets, le théâtre et les arts de manière générale faisaient également partie intégrante de la skholè. Même la participation aux affaires publiques, à la politique était associée au principe de skholè. Mais de là à penser que nos élus contemporains pratiquent la politique désormais pour leurs loisirs… Finalement peu à peu, le sens évolua pour désigner un lieu d’étude, d’où le terme latin schola dont est issu l’ancien français escole puis ensuite école.

Publié dans Etymologie | Marqué avec , , , , | Laisser un commentaire

Se brûler les ailes

L’expression « se brûler les ailes » signifie prendre des risques inutiles, dépasser ses limites et le regretter, perdre au final un avantage important. Le verbe brûler exprime clairement le danger. Mais pourquoi les ailes ? Il faut remonter à la mythologie grecque. Dédale avait construit le labyrinthe (d’où l’expression « c’est un vrai dédale ») destiné à enfermer le Minotaure mi-homme mi-monstre et fils du roi de Crête Minos à la demande de ce dernier. Minos y enferma ensuite l’amoureux de sa fille Ariane, Thésée. Dédale, constatant la tristesse d’Ariane, trahissant ainsi le roi, lui avait fourni un fuseau de fil (d’où « le fil d’Ariane ») pour aider Thésée à s’évader.

Minos, furieux en apprenant l’évasion de Thésée, enferma Dédale dans son propre labyrinthe, avec son fils Icare. Le seul moyen pour fuir étant les airs, Dédale fabriqua des ailes de plumes attachées avec du fil et de la cire, puis tous deux s’évadèrent du labyrinthe, en direction d’Athènes où ils souhaitaient retourner. Mais Icare, grisé par le plaisir de voler, se mit à faire des acrobaties. Son père lui rappela que les ailes étant attachées avec de la cire, il fallait absolument éviter de s’approcher du soleil au risque qu’elles fondent. Icare profita cependant d’un moment d’inattention de Dédale et monta plus haut dans le ciel (d’où « le rêve d’Icare »). Ce qui devait arriver arriva, il se brûla les ailes, tomba et mourut noyé dans la mer.

Publié dans Expressions françaises | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés sur Se brûler les ailes

La mise en quarantaine, un peu d’histoire

L’expression « mettre en quarantaine », d’actualité en ce début 2020 en raison de l’épidémie de coronavirus, désigne comme nous le savons tous le fait d’isoler une personne ou des groupes de personnes, mais aussi des animaux, susceptibles d’être atteints d’une maladie contagieuse, pendant une période dont la durée est fluctuante selon le contexte, donc pas forcément quarante jours. L’expression signifie également exclure quelqu’un, pour tout autre motif non lié à une éventuelle maladie. Mais d’où cette expression vient-elle ? Et pourquoi quarante ? Au XVIIe siècle, il s’agissait d’une période d’isolement imposée à Venise (quarantena), à la suite de l’épidémie de peste de 1630-1631, celle-ci continuant jusqu’à la fin du siècle et provoquant de nombreuses victimes. Selon certains historiens, cette épidémie serait à l’origine de la chute de la République de Venise autrefois grande puissance commerciale et politique. Le terme « quarantaine » au sens sanitaire apparaît d’ailleurs en 1625 dans les dictionnaires et traités d’histoire de la médecine. On retrouve souvent le nombre 40 au cours de l’histoire et il est particulièrement symbolique, en voici quelques exemples : le Déluge dura 40 jours dans la Bible, Jésus Christ passa 40 jours dans le désert. Concernant directement notre thème, en voici d’autres : la Sainte quarantaine (40 jours de carême), la « quarantaine-le-roi » instituée par Philippe-Auguste (ordonnance renouvelée par Louis IX en 1245), temps de réflexion obligatoire avant de régler un conflit entre deux clans, cela limitait les guerres privées et en cas de rupture de ce délai, le responsable était réputé avoir porté atteinte au roi avec toutes les conséquences que cela impliquait, notamment une punition devant la justice royale.

Aux siècles suivants, la pratique de mise en quarantaine s’est généralisée aux ports des mers Adriatique et Méditerranée puis dans toute l’Europe chaque fois qu’une épidémie menaçait la population. En 1720, des murs de 100 kilomètres, gardés par des militaires, furent construits dans le sud de la France doublés de grands fossés, assez efficaces. À Marseille en 1721, ville portuaire particulièrement exposée aux épidémies arrivant par les navires, la quarantaine fut cependant mal appliquée lors d’une épidémie de peste, ce qui en provoqua la propagation bien au-delà. Lors de quarantaine lorsque les équipages venus de l’étranger souffraient d’une maladie contagieuse, les bateaux étaient généralement signalés par un drapeau particulier qui interdisait aux autres navires de les approcher, le pavillon jaune toujours utilisé en souvenir de ces époques anciennes pour une demande de « libre pratique » (droit de pénétrer et d’accoster dans les eaux du pays d’arrivée). Ils ne pouvaient pas accoster dans les ports pendant 40 jours. Les premières quarantaines sont apparues cependant bien avant le XVIIe siècle. Trois siècles plus tôt, en 1346, la peste noire venue d’Orient par les galères décima l’Europe, faisant 25 millions de victimes, obligeant peu à peu les grands ports à prendre des mesures de protection. Puis en 1377, la République maritime de Raguse (Dubrovnik actuellement) imposa par la plume de son recteur aux navires arrivant d’une zone infectée de s’isoler 30 jours sur une île des environs afin de se protéger de la peste et on laissa les malades mourir sur les bateaux, ce fut apparemment efficace (sic !). L’isolement des personnes venant de zones suspectes se fit ensuite dans des bâtiments appelés « lazarets ». Le premier lazaret connu fut d’ailleurs installé en 1403 à Venise contre les épidémies venant de la mer, puis un autre fut installé à Gênes et le troisième à Marseille en 1526. Ce n’est que plus tard que le temps d’exclusion augmenta à 40 jours, certainement après de multiples constatations de l’insuffisance d’efficacité de 30 jours. Dès le XIVe siècle, à défaut de quarantaine officielle, dirons-nous, les maisons des victimes étaient marquées d’une croix pour dissuader toute personne extérieure d’y entrer, il fallait faire comme on dit avec les moyens du bord. Les victimes étaient quant à elles enterrées dans des fosses communes. Toute l’Europe adopta peu à peu la quarantaine jusqu’à la fin du XIXe siècle. Mais pourquoi cet arrêt ? Il existe plusieurs raisons. La pratique fut en réalité peu à peu abandonnée au cours du XIXe siècle. Les premières conférences sanitaires internationales démontrèrent son inefficacité par le fait que quasiment toujours, des personnes s’en échappaient et ainsi diffusaient la maladie quelle qu’elle soit à l’extérieur, contaminant le reste de la population. L’épidémie de choléra de 1831 fit quant à elle énormément de victimes en Europe occidentale malgré les quarantaines encadrées par l’armée qui ont finalement bloqué le commerce et détruit l’économie, provoquant des famines et de violentes émeutes. La dernière quarantaine connue en Europe, cette fois au XXe siècle, eut lieu à Vannes dans le Morbihan contre la variole en 1955, par décision du préfet. La vaccination devint obligatoire et en quelques jours, plus de 70 % de la population fut vaccinée.

Désormais, les quarantaines ne durent plus 40 jours mais sont adaptées aux maladies et aux connaissances actuelles de la médecine. Pour Ebola (Afrique), la durée maximale d’incubation est de 21 jours, sachant que la quarantaine y est considérée inutile par les médecins puisque les personnes ne sont contagieuses que lorsqu’elles en présentent les symptômes, même si des villages entiers ont été mis en quarantaine en Afrique de l’Ouest lors de la dernière épidémie en 2013. Au Sierra Leone, le confinement fut de trois jours. Pour le SRAS (Asie et Canada en 2003), ce furent 10 jours de quarantaine. Pour le coronavirus actuel, c’est 14 jours, mais seulement quand les personnes sont dépistées positives et en manifestent les premiers symptômes et/ou sont en contact avec des personnes infectées (cas de plusieurs bateaux de croisière bloqués en quarantaine). 60 millions de personnes sont concernées en ce moment en Chine par les mesures de confinement prises par son gouvernement mais le nombre augmente de jour en jour.

Publié dans Culture | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés sur La mise en quarantaine, un peu d’histoire

Les ondes T ou ondes térahertz

Qu’est-ce que les ondes térahertz également appelées ondes T ou ondes submillimétriques ? Vous les connaissez sûrement si vous avez fait l’expérience du « scanner corporel » dans un aéroport, notamment à Roissy Paris-CDG mais également dans un certain nombre d’autres à travers le monde. Il s’agit d’une bande de fréquences restée longtemps peu accessible et donc peu utilisée faute de sources et de détecteurs adéquats, désignant des ondes électromagnétiques qui s’étendent en moyenne de 100 GHz (= 0,1 THz) à 10 THz. De manière plus parlante, elle se situe entre les fréquences micro-ondes et celles correspondant à l’infrarouge.

En matière de sécurité, ces ondes permettent la détection notamment d’armes cachées invisibles aux rayons X ainsi que de la drogue, des explosifs et quantité de substances toxiques à plusieurs mètres sans avoir à ouvrir les bagages ou colis soupçonnés de les contenir. Ces ondes permettent de garder la matière et les organismes vivants intacts (contrairement aux rayons X) d’où leur intérêt en médecine également où les ondes T sont de plus en plus utilisées. Dans le domaine de l’astronomie, les détecteurs d’ondes térahertz ont la capacité de révéler des signatures spectroscopiques d’éléments chimiques ou de molécules, complétant ainsi des données d’autres gammes de longueurs d’ondes.

Ce sont en fait des rayons non ionisants tout comme les infrarouges mais pénétrants comme les micro-ondes, qui peuvent traverser des vêtements, des chaussures, des planches de plastique, de bois… Transportant peu d’énergie, elles sont inoffensives pour les personnes qui les manipulent.  À basse fréquence (ondes dites millimétriques), ces ondes térahertz se comportent à peu de choses près comme les ondes radio. Lorsque leur fréquence est plus élevée, elles se situent plus entre le domaine radio et le domaine optique. Il est possible de former une image des objets sondés, tout comme dans le domaine optique. Dans le domaine de l’art, ces ondes permettent par ailleurs, entre autres applications possibles, de déterminer avec précision le nombre de couches de peinture d’un tableau (ce qui permet de ne pas l’abîmer) et réaliser des images 3D en profondeur dans la mesure où comme la lumière, elles peuvent être focalisées. Enfin en matière de téléphonie, ces ondes T seront présentes prochainement dans nos smartphones. Leur intérêt ? Permettre aux utilisateurs d’envoyer, de partager sans fil des données très volumineuses à très haut débit. Le Wifi bénéficiera également de plus de puissance grâce aux ondes térahertz dans un avenir visiblement proche avec un débit supérieur aux 10 gigabits actuels. Comme toute avancée technologique, il y a des avantages et obligatoirement des inconvénients, espérons juste qu’à long terme, ces ondes resteront inoffensives pour les organismes, même en grande quantité…

Publié dans Le coin des curieux | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés sur Les ondes T ou ondes térahertz

Fier comme un pou

Vous connaissez l’expression « fier comme un pou » mais pourquoi donc un pou ? Clairement, personne n’a jusqu’ici pu prouver qu’un pou, du haut des crânes qu’il colonise, peut s’en enorgueillir au point d’en être fier… d’être arrivé au somment de l’humain peut-être ? Non, bien évidemment. L’expression n’a rien à voir avec le pou que nous connaissons tous. En revanche, nous avons tous plus ou moins remarqué qu’un autre animal, le coq, se tient bien droit, la tête haute quand il chante, l’air fier. Mais quel rapport entre le pou et le coq, ces deux animaux pourtant si éloignés ? Eh bien le terme « pou » est en réalité issu du latin vulgaire peduculus, diminutif du latin classique pedis (=pou), mais également d’une forme dialectale du vieux français pouil, poul, peouil, poouz, altération du bas latin pullus signifiant coq, poulet et de l’altération peduculus (terme déjà vu plus haut), ayant la même signification. On dit bien une poule, n’est-ce pas ? On dit aussi « fier comme un paon ». Pou, paon, ces deux mots se ressemblent phonétiquement. Il est possible que les deux expressions soient liées, les déformations orales étant nombreuses au fil du temps.

Publié dans Expressions françaises | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés sur Fier comme un pou

Poser un lapin expression

D’où vient l’expression « poser un lapin », signifiant donner rendez-vous à quelqu’un et ne pas s’y rendre ? Sans prévenir bien évidemment ! Pourquoi un lapin ? En voici l’origine. Un peu d’histoire pour commencer. Au XIIe siècle, le terme « lapin » au sens figuré remplaça le terme « connin » en rapport avec le sexe féminin.  Au XVIIIe siècle, « lapin », désigna une histoire inventée, une plaisanterie douteuse provoquant les moqueries. En 1880, « lapin » exprima l’idée d’un refus de paiement et notamment le fait de ne pas rétribuer les faveurs d’une femme, puis un peu plus tard, désigna un voyageur clandestin. Le terme « lapin » signifia aussi « libertin en herbe laissant les filles de petite vertu sans payer le prix convenu », selon Lorédan Larchey en 1889 dans son « Nouveau supplément du dictionnaire d’argot ». Nous connaissons tous d’ailleurs l’expression plus tardive (XXe siècle) « chaud lapin » qui est liée à ce contexte. Alfred Delvau dans son « Dictionnaire de la langue verte » (argot) précise en 1883 que « faire poser » signifie faire attendre. L’expression « poser un lapin » se disait aussi « brûler paillasse », ce qui conduisit rapidement les péripatéticiennes victimes à faire payer d’avance leurs services. Enfin, une autre origine de l’expression serait liée aux lapins de foires qui tournaient sur des tourniquets et semblaient faciles à gagner mais que l’on ne gagnait quasiment jamais. Le sens évolua au début du XXe siècle, le Larousse universel de 1922 précisant que poser un lapin signifiait par extension « ne pas tenir un engagement, une promesse », en rapport justement avec la signification de la fin du siècle précédent.

Publié dans Expressions françaises | Marqué avec , , , , , , | Commentaires fermés sur Poser un lapin expression

Barbe-de-capucin

Qu’est-ce que la barbe-de-capucin ? Un bien curieux nom dont vous allez vite comprendre l’origine. Le terme de barbe-de-capucin désigne un légume, mais pas n’importe lequel, il s’agit à la base d’une chicorée sauvage ancêtre de l’endive, sorte de salade d’hiver que l’on ramassait autrefois dans le nord de la France. C’est vers 1630 qu’un jardinier capucin, Beausse Saint-Hilaire, en aurait déposé quelques graines par mégarde sur un tas de fumier situé dans une catiche, souterrain de carrière de craie comme il en existait beaucoup, devenus plus tard des champignonnières. L’obscurité faisant, des feuilles jaunes et blanches en seraient sorties, dont la forme rappelait celle de la barbe très particulière des moines franciscains, d’où le nom de barbe-de-capucin. Ce légume fut produit jusqu’à la Première Guerre mondiale, supplanté ensuite par la chicorée endive Witloof (appelée aussi chicon), dont la culture et la récolte étaient plus aisées. Cependant, à Faches-Thumesnil, dans une des catiches, la barbe-de-capucin continua d’être produite en petite quantité par les propriétaires. Un producteur de champignons bio ayant acheté le souterrain décida de relancer cette culture afin qu’elle ne tombe pas dans l’oubli. Quelques graines suffirent au départ puis la production s’est étoffée, atteignant désormais une cinquantaine de kilos par semaine pendant deux mois en décembre-janvier, les graines étant semées en mai. Vers octobre-novembre, la racine est déterrée puis replantée dans la catiche, donc dans l’obscurité, en n’y laissant qu’une seule feuille, sans arrosage ni traitement particulier jusqu’à la récolte. Quant à l’origine du nom catiche, qui désigne également des trous, des tanières au bord des rivières dans lesquels les loutres et autres animaux se cachent, son origine n’est pas certifiée mais il viendrait du bas latin casticia, quatir (terme proche) ayant signifié se cacher, se tapir.

Publié dans Vocabulaire culinaire | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés sur Barbe-de-capucin

Loi organique

Une loi, tout le monde sait ce que c’est mais certaines sont dites « organiques ». Pourquoi un tel terme ? Nous pensons de nous-mêmes à l’organisme, aux organes d’un corps, mais où est le rapport ? Explication : les lois organiques (article 46 de la Constitution française) sont votées par le Parlement et n’ont bien sûr rien à voir avec un organisme vivant, c’est une notion juridique. Les lois organiques sont des lois qui organisent les organes (cf. organisation) de l’État et fixent leur structure en développant les principes posés dans une loi constituante, donc liée à la Constitution et de ce fait au Conseil constitutionnel, qui a développé de son côté une jurisprudence visant à ce que les lois organiques ne puissent intervenir que dans des domaines et pour les objets que la Constitution a limitativement énumérés. Les lois organiques sont de ce fait systématiquement soumises au Conseil constitutionnel qui en contrôle la conformité à la Constitution, et la saisine du Conseil doit être assurée par le secrétariat général du gouvernement au nom du Premier ministre. Les lois ordinaires quant à elles interviennent dans les domaines de la loi définis à l’article 34 de la Constitution. Elles sont adoptées à l’issue de ce que l’on appelle la « navette parlementaire », à savoir Sénat et Assemblée nationale. Concernant la hiérarchie des normes, les lois organiques se situent en dessous de la Constitution mais au-dessus des lois ordinaires. Une majorité absolue des membres de l’Assemblée nationale est nécessaire pour faire adopter une loi organique en cas de désaccord entre elle et le Sénat.

Publié dans Culture | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Loi organique

Faire ripaille origine

L’expression « faire ripaille » est bien connue, elle signifie boire et manger avec excès mais son origine, la connaissez-vous ? Pourquoi ripaille ? Ce nom féminin datant du XVIe siècle est dérivé du verbe riper = gratter, issu du moyen néerlandais et/ou de l’ancien bas francique rippen qui signifie tirailler, palper. Il existe plusieurs origines possibles à l’expression « faire ripaille ». Dans le cadre de la locution « faire ripaille chez quelqu’un », il s’agirait des soldats qui autrefois, quand ils s’approvisionnaient chez les paysans et bourgeois, auraient eu tendance à racler les plats, étant généralement fort affamés. Dans le fait de racler les plats, nous retrouvons là l’étymologie de ripaille. Une autre explication existe selon une tradition orale et certains historiens, celle-ci liée au château de Ripaille et son immense domaine de chasse situé à Thonon-les-Bains en Haute-Savoie et appartenant aux ducs de Savoie, semble-t-il lieu de festins mémorables. Voltaire y fit allusion dans l’Épitre LXXXV. P. 363-364. L’expression « faire ripaille » a par ailleurs existé autrefois sous sa forme latine « facere ripaliam hoc est indulgere ventri », signifiant « faire ripaille, c’est soigner son ventre ».

Les secrets de la langue française vous intéressent ? Découvrez les livres de Corinne Duval sur http://www.corinne-duval.fr

Publié dans Expressions françaises | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Faire ripaille origine