Différence entre jours ouvrables et jours ouvrés

En France, les lois sur le travail ont beaucoup changé depuis le début du XXe siècle, ayant commencé à évoluer cependant dès la fin du XVIIIe siècle grâce à la Révolution de 1789. Avant cela, seules les fêtes religieuses régulaient le monde du travail, ces jours-là, le travail étant interdit. Il y avait cependant des obligations : la fête, la prière et le repos. Au XVIe siècle, les jours « ouvrables », le travail était permis. Ce n’est qu’à partir de la loi du 13 juillet 1906 que le repos hebdomadaire (le dimanche) ne fut instauré avec la notion de 6 jours ouvrables. Puis les congés payés, deux semaines par an au départ  comptant comme 12 jours ouvrables, sont arrivés en 1936 par les lois du Front populaire. Avec la réduction progressive du temps de travail, la semaine de 5 jours s’est démocratisée peu à peu, 40 heures par semaine en 1936, 39 heures en 1982 puis 35 heures (plusieurs lois) de 1998 à 2002. C’est là que le principe de jour ouvré prit de l’importance par rapport aux jours ouvrables avec le travail 5 jours par semaine.

Actuellement, les jours ouvrables sont les jours où l’on peut travailler légalement, du lundi au samedi inclus. Les jours ouvrés sont les jours où les entreprises travaillent réellement, du lundi au vendredi. Les dimanches et jours fériés obéissent à d’autres règles.

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De toute pièce ou de toutes pièces

Voici une locution proverbiale qui pose problème à beaucoup de personnes quant à son écriture. Doit-on l’écrire au singulier ? De toute pièce ? Ou au pluriel ? De toutes pièces ? La réponse est l’écriture au pluriel : de toutes pièces. Il s’agit d’une locution invariable signifiant de manière intégrale, constitué de tous ses éléments mais signifiant également sans fondement réel ou à partir de rien (ex : une affaire inventée de toutes pièces). Un peu d’histoire maintenant quant à son origine, ce qui aidera à se souvenir de l’orthographe de cette locution « de toutes pièces ». Il faut remonter au Moyen Âge au temps des chevaliers. Leurs armures, comme tout le monde sait, n’étaient pas faites que d’une seule pièce, évidemment. Elles comportaient le casque, la cuirasse, le haubert, les gantelets, les jambières, les solerets, etc. et quand le chevalier était entièrement revêtu de l’armure complète, on disait qu’il était armé de toutes pièces, donc au sens propre du terme, « de toutes les pièces ».

Le sens figuré de la locution apparut en revanche au XVIe (1554) pour désigner ce qui est entièrement faux. Mais il existe une troisième signification à la locution « de toutes pièces », à savoir ruiner la réputation de quelqu’un, lui nuire quand on l’utilise ainsi : « accommoder quelqu’un de toutes pièces ». Ainsi dans l’œuvre de Molière « L’École des femmes » (1662), acte Ier scène Ire, on trouve ces deux vers :

« Est-ce qu’on n’en voit pas de toutes les espèces,

Qui sont accommodés chez eux de toutes pièces. »

De même dans « L’Avare » (1667 acte III scène VI) :

« Enfin, que voulez-vous que je vous dise ! On ne saurait aller nulle part où l’on ne vous entende accommoder de toutes pièces. Vous êtes la fable et la risée de tout le monde. »

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Différence entre température et chaleur

Voici deux termes souvent confondus, température et chaleur, bien qu’évoquant à nos yeux les notions de chaud et de froid. Côté étymologie, le nom température vient du verbe latin temperare = tempérer, modérer, et du nom temperatura = composition équilibrée. Il n’y est donc à la base pas question d’avoir chaud ou froid, mais plutôt une notion de juste milieu. En réalité, la température mesure  l’agitation des particules, atomes, molécules d’un corps. Le mot français est apparu au XVIe siècle avec le développement de la médecine. En effet, la notion de température à l’époque concernait essentiellement la santé, l’équilibre des humeurs, le tempérament. Concernant ce que l’on appelle la température de couleur en photographie, il ne s’agit pas là non plus de chaleur à proprement dit, puisque cela désigne la teinte d’une source lumineuse, que l’on exprime en Kelvin (K). Plus cette température est basse, plus la couleur tire vers le jaune, c’est la température dite chaude. Plus elle est élevée, plus la couleur tire vers le bleu, c’est la température dite froide.

La chaleur quant à elle est un transfert d’énergie thermique entre plusieurs corps, une énergie en mouvement, se déplaçant du corps le plus chaud vers le corps le plus froid. Aucun objet ne possède de chaleur lui-même, celle-ci lui est toujours transmise par un autre objet. Côté étymologie, le nom chaleur vient du latin calor, calorem, de même signification. Les mots calorie, calorifère et calorifique possèdent la même origine. Le nom chaleur est apparu dans la langue française au XIIe siècle sous la forme « chalur » avant d’évoluer vers « chaleur ».

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Différence entre partiel et partial

Voici deux adjectifs à ne pas confondre : partiel (partielle) et partial (partiale). Ils sont cependant issus du même mot latin partialis lui-même issu du radical pars = partie. Partiel désigne ce qui est la partie d’un tout tandis que partial signifie qui prend partie, donc lié à la notion de part également. On parlera d’un résultat partiel, d’où d’ailleurs le nom des examens et non plus un adjectif « des partiels » en université en cours d’année, d’une éclipse partielle de soleil ou de lune où dans ce cas, l’astre n’est pas totalement recouvert, seulement en partie, d’un bilan partiel, qui signifie non terminé, en cours de rédaction. Ce qui est partiel est incomplet, fragmentaire, formant une partie en soi. L’adverbe associé est partiellement.

Quant au terme partial, dont le contraire est impartial, son sens est plutôt figuré, lié à la justice, être partial, c’est choisir une partie plutôt qu’une autre, et impartial, ce qui est d’ailleurs demandé aux juges (impartialité), c’est ne choisir aucune partie, aucun camp pour juger au plus juste selon les lois et éléments légaux à sa disposition.  Le juge impartial ne favorise aucun camp, son jugement n’est pas orienté, il ne prend pas parti, attention à l’orthographe, là on ne met pas de « e » à la fin du mot, on dit un parti. L’adverbe associé à l’adjectif partial est partialement, mais peu utilisé désormais puisqu’on dira plutôt avec partialité.

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Qu’est-ce qu’un batardeau ?

En cette époque particulièrement pluvieuse, voici un matériel qui peut se révéler fort utile en cas de risque d’inondation : le batardeau. Il s’agit d’un barrage temporaire destiné à retenir la pression de l’eau et du sol dans le cadre de la construction de barrages, de plateformes pétrolières ou de ponts (fondations ou réparations) donc à grande échelle pendant les travaux. Ce terme batardeau désigne également une digue provisoire servant à détourner ou contenir l’eau lors de travaux effectués sur l’aval d’un cours d’eau. Il est utilisé aussi dans le domaine maritime pour coffrer des parties de coque de bateaux ayant besoin de réparations. Enfin, les batardeaux sont utilisés dans le cadre d’inondations en ville ou campagne pour protéger les habitations et la voirie lors de crues ou de très fortes pluies.

Côté étymologie, le nom masculin batardeau, apparu au XVe siècle, est dérivé de l’ancien français bastardeau (= digue), dérivé de bastard désignant une digue provisoire pour assécher un endroit avant d’y construire, terme lui-même dérivé de baste, déverbal (nom formé à partir du radical d’un verbe) de bâtir.

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Différence entre aérodrome et aéroport

Voici deux mots souvent confondus, aérodrome et aéroport, voici quelques petites explications.

Un aérodrome est un terrain ou plan d’eau qui a été spécialement aménagé pour les manœuvres, décollage, atterrissage des aéronefs, que ce soient des avions privés, commerciaux ou militaires, c’est la partie d’un aéroport utilisée par ces derniers. Sa conception, ainsi que ses différents équipements, est prévue dans le but de garantir la sécurité du trafic et des personnes présentes.

Le terme aéroport désigne quant à lui l’ensemble des infrastructures destinées au trafic aérien, incluant un aérodrome. Tous les aéroports comportent donc un aérodrome mais tous les aérodromes, certains de très petite taille, ne sont pas associés à un aéroport. Et concernant l’aéroport, il possède un bâtiment principal destiné aux formalités d’enregistrement, de police et de douane, l’aérogare.

Côté étymologie, le nom aérodrome vient du grec ancien ἀήρ (= air) et δρόμος (= parcours).

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Différence entre écologue et écologiste

Voici deux termes, écologue et écologiste, souvent confondus car liés au domaine de l’écologie. Le nom écologiste désigne tant la personne liée à l’écologie dans le cadre de militantisme politique ou associatif à propos de protection de la nature que le scientifique spécialiste des écosystèmes, des êtres vivants et de leurs interactions avec le biotope (milieu de vie). Dans ce second cas, beaucoup lui préfèrent le terme d’écologue afin de le différencier de l’écologiste plus souvent associé à notre époque à l’écologie politique qu’à l’écologie scientifique.

Côté étymologie, le terme écologie fut inventé en 1866 par le biologiste adepte et promoteur de la théorie de l’évolution darwiniste Ernst Haeckel à partir du grec oikos (= maison) et logos (= discours). Son principe consiste à étudier les organismes et leur environnement. Le concept d’écologie apparut cependant un peu plus tôt, en 1807, dans l’œuvre du naturaliste, géographe, explorateur allemand, membre de l’Académie des Sciences française et président de la Société de Géographie de Paris Alexander von Humboldt « Essai sur la géographie des plantes ».

L’ingénieur écologue, donc le scientifique doit notamment prévoir et analyser l’impact des activités humaines sur l’environnement. C’est un expert des écosystèmes. Il intervient particulièrement en amont de nombreux projets d’urbanisation afin de déterminer les espèces végétales et animales nécessitant une protection particulière. Ainsi, son rôle est de proposer des mesures spécifiques destinées à protéger les milieux naturels et la biodiversité.

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Ne pas confondre additif et addictif

Voici deux mots qui se ressemblent à une lettre près, facilement confondus : additif et addictif.

Le terme « additif » est utilisé soit comme adjectif, avec comme féminin additive, et signifie « qui s’ajoute » (exemple : des prix additifs), soit comme nom masculin et désignant un supplément, un article additionnel (exemple : un additif au contrat), ou alors une substance ajoutée à un produit dont le but est de le conserver ou (censé…) en améliorer les propriétés ou la durabilité (exemple : un additif alimentaire).

Côté étymologie, le terme « additif » est emprunté au bas latin additivus signifiant « qui se joint à » et issu du verbe latin addere = attacher. Même si le mot lui-même est assez récent, datant de la moitié du XIXe siècle, les additifs existent depuis l’Antiquité, servant à conserver les aliments notamment, par exemple le sel et la saumure.

Le terme « addictif » quant à lui est un adjectif (addictive au féminin) désignant tout ce qui est susceptible de provoquer une dépendance, l’addiction. Le nom « addiction », côté étymologie, vient du verbe latin addicere = dire pour, s’adonner ou se vouer à quelque chose. D’ailleurs, dans le droit romain, l’adjectif addictus désignait un esclave pour dette, signifiant assigné, livré. En effet, et cela jusqu’au Moyen Âge en Europe occidentale, quand une personne n’arrivait pas à rembourser une dette ou était incapable d’assumer ses responsabilités, elle était condamnée à devenir esclave addictus du plaignant et payer ou rembourser de ce fait par l’utilisation de son propre corps. Elle était libérée seulement quand le plaignant jugeait que la dette était remboursée.

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De fil en aiguille origine de l’expression

La locution adverbiale « de fil en aiguille » est très ancienne, elle date du XIIIe siècle. Elle est apparue dans l’œuvre poétique médiévale de Guillaume de Loris « Le Roman de la Rose » qui en a écrit une première partie entre 1230 et 1235, et dont Jean de Meung a écrit la seconde partie approximativement vers 1264-1269 sous le règne de Louis IX.

Citation page 396 :

« L’un l’autre ils se sont caressés

Tout à loisir ; leurs jeux cessés,

Ils s’en retournent à Cythère.

Lors, sans attendre que la mère

D’Amour se vêtit à nouveau,

De fil en aiguille aussitôt. »

Cette expression signifie, au sens figuré, successivement en suivant une progression logique, sans rupture, enchaînement de faits. Cela fait référence aux couturières, dont chaque famille en comportait au moins une vu qu’il fallait fabriquer ses vêtements, qui utilisaient le fil et l’aiguille couramment et discutaient entre elles sans discontinuer tout en étant occupées à leur ouvrage.

Le terme « fil », au-delà du fil à couture, symbolise par ailleurs l’idée de continuité, comme dans l’expression « au fil de l’eau », l’eau représentant la fluidité.

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Origine de l’expression mi-figue mi-raisin

L’expression mi-figue mi-raisin désigne quelque chose qui peut être à la fois agréable et désagréable, en demi-teinte, aussi bon que mauvais, ou quelqu’un qui a un avis mitigé sur un sujet précis ou dont le caractère est ambigu, un état intermédiaire. Concernant l’orthographe de cette expression, elle est acceptée avec ou sans virgule : « mi-figue mi-raisin » ou « mi-figue, mi-raisin », et toujours la figue en premier, jamais l’inverse. Mais pourquoi ces deux fruits et pas d’autres ?

Il faut remonter au début du Moyen Âge où ces fruits secs étaient particulièrement appréciés et populaires notamment lors du Carême où les chrétiens avaient le droit d’en manger alors que bien des aliments leur étaient interdits comme la viande, les laitages et aliments à base de graisse animale.

Les raisins étaient considérés comme des mets plus luxueux, plus raffinés et moins courants que les figues qui elles, étaient plus courantes et bien moins onéreuses. Il vint alors à l’idée de certains marchands peu scrupuleux de duper leurs clients en mélangeant des morceaux de figues séchées (fruit plus lourd, moins cher et à connotation négative en raison de sa forme rappelant des excréments d’animaux) aux raisins secs de leur étal et vendre le tout au prix du raisin, d’où l’expression moitié-figue moitié-raisin dans un premier temps. C’est au XVIIIe siècle que le terme « moitié » fut simplifié en « mi », d’où mi-figue mi-raisin. Par ailleurs, l’histoire dit que les marchands de Corinthe (ville portuaire du Péloponnèse en Grèce) eux-mêmes mélangeaient parfois (voire souvent probablement pour les moins honnêtes) des morceaux de figues aux célèbres raisins secs qu’ils vendaient aux différents pays.

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