Ah en voilà une expression clairement parlante, j’en connais moi-même un certain nombre, de gens à côté de la plaque, portés pourtant selon eux par des intentions louables à leurs yeux mais sournoisement manipulés par de sombres démons… Bref, portons notre attention sur ses origines, j’en connais trois, histoire de nous cultiver un peu dans un monde qui part dangereusement à vau-l’eau.
Alors pour commencer, une petite définition, être à côté de la plaque, c’est être à côté de la réalité, se tromper, ne pas saisir l’essentiel d’une situation, donner une réponse hors sujet ou ne correspondant pas à ce qui est attendu, bref viser à côté de la cible ou se planter la figure dans la bouillasse de l’illusion.
La théorie la plus répandue est d’origine militaire et assez récente au final. Elle est liée au jargon militaire de la Seconde Guerre mondiale. En effet, les soldats avaient pour s’entraîner au tir un panneau métallique qui leur servait de cible et quand l’un d’eux tirait à côté, on disait qu’il mettait « à côté de la plaque ». Le général de Gaulle lui-même reprit cette expression (d’où peut-être justement son succès… de l’expression bien sûr) le 24 mai 1968 lors d’un discours télévisé après avoir échoué à calmer la célèbre révolte étudiante et crise sociale.
Une autre théorie, plus ancienne cette fois et datant du Moyen Âge, concerne les jeux de palet traditionnels, style palet breton ou vendéen. Le but, concernant le palet breton par exemple, était de viser une plaque de 70 cm X 70 cm en bois de peuplier avec un palet en fonte, de manière à ce qu’il atterrisse au plus près du « maître », palet plus petit placé au centre. Rater sa cible, c’était être « à côté de la plaque ».
La troisième théorie concerne le monde ferroviaire. Il existait dans les rotondes, bâtiments circulaires destinés à garer et entretenir les locomotives, une plaque mobile centrale un peu surélevée avec des tronçons de voie tout autour, comme des rayons de bicyclette, permettant de mettre les locomotives dans le bon rail, la bonne direction. Il suffisait d’une fausse manœuvre du conducteur pour que la locomotive se trouve hors du rail et donc « à côté de la plaque ».