Origine de l’expression mi-figue mi-raisin

L’expression mi-figue mi-raisin désigne quelque chose qui peut être à la fois agréable et désagréable, en demi-teinte, aussi bon que mauvais, ou quelqu’un qui a un avis mitigé sur un sujet précis ou dont le caractère est ambigu, un état intermédiaire. Concernant l’orthographe de cette expression, elle est acceptée avec ou sans virgule : « mi-figue mi-raisin » ou « mi-figue, mi-raisin », et toujours la figue en premier, jamais l’inverse. Mais pourquoi ces deux fruits et pas d’autres ?

Il faut remonter au début du Moyen Âge où ces fruits secs étaient particulièrement appréciés et populaires notamment lors du Carême où les chrétiens avaient le droit d’en manger alors que bien des aliments leur étaient interdits comme la viande, les laitages et aliments à base de graisse animale.

Les raisins étaient considérés comme des mets plus luxueux, plus raffinés et moins courants que les figues qui elles, étaient plus courantes et bien moins onéreuses. Il vint alors à l’idée de certains marchands peu scrupuleux de duper leurs clients en mélangeant des morceaux de figues séchées (fruit plus lourd, moins cher et à connotation négative en raison de sa forme rappelant des excréments d’animaux) aux raisins secs de leur étal et vendre le tout au prix du raisin, d’où l’expression moitié-figue moitié-raisin dans un premier temps. C’est au XVIIIe siècle que le terme « moitié » fut simplifié en « mi », d’où mi-figue mi-raisin. Par ailleurs, l’histoire dit que les marchands de Corinthe (ville portuaire du Péloponnèse en Grèce) eux-mêmes mélangeaient parfois (voire souvent probablement pour les moins honnêtes) des morceaux de figues aux célèbres raisins secs qu’ils vendaient aux différents pays.

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