Voici une locution proverbiale qui pose problème à beaucoup de personnes quant à son écriture. Doit-on l’écrire au singulier ? De toute pièce ? Ou au pluriel ? De toutes pièces ? La réponse est l’écriture au pluriel : de toutes pièces. Il s’agit d’une locution invariable signifiant de manière intégrale, constitué de tous ses éléments mais signifiant également sans fondement réel ou à partir de rien (ex : une affaire inventée de toutes pièces). Un peu d’histoire maintenant quant à son origine, ce qui aidera à se souvenir de l’orthographe de cette locution « de toutes pièces ». Il faut remonter au Moyen Âge au temps des chevaliers. Leurs armures, comme tout le monde sait, n’étaient pas faites que d’une seule pièce, évidemment. Elles comportaient le casque, la cuirasse, le haubert, les gantelets, les jambières, les solerets, etc. et quand le chevalier était entièrement revêtu de l’armure complète, on disait qu’il était armé de toutes pièces, donc au sens propre du terme, « de toutes les pièces ».
Le sens figuré de la locution apparut en revanche au XVIe (1554) pour désigner ce qui est entièrement faux. Mais il existe une troisième signification à la locution « de toutes pièces », à savoir ruiner la réputation de quelqu’un, lui nuire quand on l’utilise ainsi : « accommoder quelqu’un de toutes pièces ». Ainsi dans l’œuvre de Molière « L’École des femmes » (1662), acte Ier scène Ire, on trouve ces deux vers :
« Est-ce qu’on n’en voit pas de toutes les espèces,
Qui sont accommodés chez eux de toutes pièces. »
De même dans « L’Avare » (1667 acte III scène VI) :
« Enfin, que voulez-vous que je vous dise ! On ne saurait aller nulle part où l’on ne vous entende accommoder de toutes pièces. Vous êtes la fable et la risée de tout le monde. »