Acception et acceptation

Le nom acception (du latin acceptio = acte de comprendre, dérivé du verbe accipere = comprendre) désigne le sens particulier dans lequel est employé un mot, notamment au sens propre et au sens figuré. Exemples : ‘ percer un mystère ‘ et ‘ percer un mur ‘. Nous voyons très clairement les deux acceptions du verbe ‘ percer ‘. Dans le premier cas, il s’agit du sens figuré, à savoir comprendre ce qui était caché, tandis que dans le deuxième cas, il s’agit du sens propre, à savoir perforer. Le nom acceptation (du latin acceptatio = recevoir, accueillir) désigne en revanche l’action d’accepter, de donner son accord. Par exemple, lorsque nous concluons un contrat qui nous engage (crédit, achats divers), nous devons avoir lu et accepté les conditions de la société à laquelle nous achetons un service ou un bien. Ceci est souvent écrit sous la forme : ‘ acceptation des conditions générales de vente ‘.

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Abstrait et abstrus

L’adjectif abstrait (du latin abstractus = isolé par la pensée) désigne ce qui n’est pas concret. Par exemple, les idées sont abstraites, on ne peut pas les toucher, elles sont impalpables. L’art abstrait, de son côté, a pour principale caractéristique de ne pas représenter le réel, le monde sensible. Les formes, les lignes et les couleurs ont cette capacité d’y constituer en elles-mêmes un langage visuel détaché de la réalité extérieure, s’opposant ainsi à l’art figuratif, au-delà de la subjectivité qui caractérise l’art de manière générale. Ne pas confondre cependant avec le surréalisme où par exemple Magritte évoque ouvertement la différence entre l’objet, son identification et sa représentation dans son célèbre tableau ‘ La trahison des images ‘. Toute figuration ne serait-elle pas dans ce cas abstraite par essence en tant que représentation du réel mais non le réel lui-même ? L’adjectif abstrus (du latin abstrusus = caché, obscur) désigne ce qui est difficile à comprendre. Il se rapproche en ce sens de son paronyme abstrait, mais avec quelques nuances. D’une part, ce qui est abstrus se rapporte essentiellement aux domaines des sciences et de l’esprit, et d’autre part diffère de la notion d’abstrait en ce sens que l’abstrait ne nécessite pas forcément une quelconque compréhension. Nous pouvons très bien admirer un tableau abstrait sans chercher à le comprendre, tandis que devant une formule mathématique ou chimique complexe, nous pourrons nous exclamer : ‘ Que cette formule est abstruse ! ‘ … en d’autres termes… obscure !

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Abstraction et obstruction

Le nom abstraction désigne l’action d’abstraire (ou le résultat de cette même action), verbe issu du latin abstrahere qui signifie ‘ détourner ‘. Cette étymologie nous aide à comprendre la notion d’abstraction en ce sens qu’il s’agit d’isoler quelque chose mais également de séparer mentalement. Exemple : ‘ L’élève a fait abstraction des conseils que son professeur lui a donnés pour rédiger son résumé ‘. Cette phrase signifie en d’autres termes que l’élève n’a pas tenu compte des conseils reçus, il les a isolés dans un coin de sa tête et ne s’en est pas servi dans le cadre auquel ils étaient destinés. Le nom  obstruction (du latin obstructio = cacher, enfermer, mais aussi voile, déguisement, dissimulation) désigne d’une part l’engorgement de tuyaux, canalisations, conduits divers, bouchés par des éléments extérieurs. Exemple : ‘ Suite aux pluies diluviennes de cette nuit ayant provoqué la montée des eaux du fleuve, les égouts de la ville ont été complètement obstrués par des tonnes de boue ‘. D’autre part, la notion d’obstruction concerne le fait de s’opposer à une action, un processus. Exemple : ‘ Les opposants, par leur interminable discours, ont fait obstruction à la bonne marche de la réunion destinée à faire adopter une loi dont ils ne voulaient pas. ‘ (cf. ‘ obstruction parlementaire ‘ dans le domaine de la politique).

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Abstention et abstinence

Le nom abstention (du latin abstentio de la même famille que abstinere = tenir éloigné) désigne le fait de ne pas prendre part à quelque chose, notamment un vote, ne pas exercer un droit. Les personnes qui s’abstiennent de voter s’appellent d’ailleurs des abstentionnistes, à ne pas confondre avec ceux qui ‘ votent blanc ‘, puisque le vote de ces derniers est pris en compte dans les résultats du scrutin. Autrefois cependant, au XIIe siècle, le mot astention (ancien français) désignait l’abstinence, dans la mesure où la langue souvent issue du latin était très attachée à la vie religieuse. Le nom abstinence (du latin abstinentia) n’a de rapport à notre époque avec le nom abstention que, globalement, dans le fait de ne pas effectuer une action… mais comme nous allons le constater, pas vraiment du même style ! L’abstinence n’a donc rien à voir avec le vote. Elle fait référence surtout à la chasteté (notion dont les détails varient d’une culture à l’autre), à savoir la retenue sexuelle, tant dans l’imagination (pensées érotiques) que dans la pratique (relations intimes). Elle désigne plus généralement toute privation volontaire (ou imposée) de plaisirs… quels qu’ils soient ! Les principales religions conseillent voire imposent à leurs fidèles des périodes d’abstinence tant sexuelle qu’alimentaire à certaines périodes de l’année, selon les fêtes dictées par leurs textes sacrés (Bible, Torah, Coran…).

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Abjurer et adjurer

Le verbe abjurer (du latin abjurare = refuser par serment) désigne le fait de renoncer à une croyance, à une religion. On l’utilise notamment dans le cas où une personne se convertit à une nouvelle religion. On peut aussi, au sens figuré, abjurer ses erreurs, ses principes. Le nom associé est abjurationAdjurer (du latin adjurare = exorciser) signifie prier solennellement, implorer, supplier. Le sens, autrefois religieux et plutôt lié à l’exorcisme, a évolué. Exemple : ‘ Le soldat capturé par l’armée ennemie l’adjure d’avoir pitié de lui ‘.

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Alpha et le secret des mots

NOUVELLEMENT ÉDITÉ (15/06/2015)

‘ Alpha et le secret des mots ‘, 294 pages d’astuces d’orthographe, explications et histoire des mots parce que comprendre c’est apprendre, et pour le côté ludique, divers jeux de mots sachant que la mémoire retient ce qui a du sens et doit apporter du plaisir pour être efficace (mots croisés, QCM, énigmes…).

Comment mieux écrire cette langue française réputée si complexe ? Une solution consiste notamment à comprendre les mots par l’accès à leurs origines. Un plongeon dans les secrets de leur histoire éclaire et aide à les apprivoiser. Spécialiste de la langue française depuis plusieurs dizaines d’années et ex-enseignante, Corinne DUVAL vous propose, dans ce livre accessible à tous, une étude à la fois documentée et ludique d’un certain nombre de mots et locutions. Son personnage Alpha, votre entraîneur personnel, vous invite, au fil des chapitres, à des jeux et énigmes destinés à faire travailler votre mémoire, à attiser votre curiosité intellectuelle de manière détendue. Un apprentissage est plus efficace et durable s’il est associé à la notion de plaisir et de soif d’en savoir plus. La mémoire retient ce qui a du sens pour elle et comprendre c’est apprendre.

ISBN 978-2-9546968-1-2

14,50 €

www.thebookedition.com/corinne-duval-alpha-et-le-secret-des-mots-p-127154.html

Alpha et le secret des mots

Alpha et le secret des mots – © Corinne DUVAL

 

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Origine du verbe glander

Glander (on dit aussi glandouiller), en langage très familier, argotique, signifie ne pas faire grand-chose, paresser, perdre son temps. Vous vous en douterez, ce verbe vient de gland (oui, les glands des chênes) ?  Dès le Moyen Âge, il était de coutume de faire glander les cochons, on dit qu’ils allaient à la glandée. En réalité, que faisaient ces troupeaux ? Ils mangeaient les glands tout simplement. Mais ils n’étaient pas seuls, le porcher chargé de les accompagner était appelé le glandeur. Il s’agissait d’une tâche assez facile, puisqu’il fallait juste surveiller les cochons. Le terme populaire glander pourrait venir de là. Il existe d’autres explications, notamment par rapport au XVIe siècle où les seigneurs autorisaient les paysans les plus pauvres à ramasser des glands. L’occupation était jugée peu rentable, beaucoup de temps pour pas grand-chose.

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Sain – sein – saint – seing

Les mots sain, sein, saint et seing existent tous, ce sont des homonymes. Leurs significations diffèrent. Sain est un adjectif (saine au féminin), il date du XIIe siècle et vient du latin sanus = bien portant, en bonne santé. Les noms assainissement et assainisseur en sont issus aussi. Rendre un endroit sain. Être sain d’esprit, c’est être en bonne santé mentale, psychologique, être équilibré. Le nom sein, généralement tout le monde sait l’écrire, on se demande bien pourquoi… Mais son origine, la connaissez-vous ? Le nom sein date du XIIe siècle et vient du latin sinus = pli, courbure. Le mot français sinus (vous connaissez la sinusite ?) possède la même origine. Le nom ou adjectif (selon l’utilisation) saint (sainte au féminin) est apparu au Xe siècle et vient du latin ecclésiastique sanctus = vénéré. D’où le T à la fin. Enfin, le nom seing, avec un G à la fin, désigne une signature sur un acte pour en attester l’authenticité. Le mot date du XIIe siècle et vient du latin signum qui signifie précisément signe. D’où le G à la fin du mot seing. Je rappelle que connaître l’étymologie des mots permet bien souvent de se souvenir de leur orthographe. La locution ‘ sous seing privé ‘ désignant un acte non établi devant un officier public, est apparue quant à elle à la fin du XVIIe siècle. Le blanc-seing est un document signé en blanc, même principe que le chèque en blanc, tout est question de confiance entre les personnes !

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Cruciverbiste et verbicruciste

Le cruciverbiste et le verbicruciste (inversion du début du mot) existent tous les deux. Un cruciverbiste est une personne qui joue aux mots croisés régulièrement, un amateur de mots croisés. Le nom cruciverbiste est composé du latin crux, crucis (= croix) et de verbum = verbe. Un verbicruciste est une personne qui crée les mots croisés. On l’appelle aussi un mots-croisiste. Autrefois, les mots croisés étaient des ‘ mots carrés ‘, sans cases noires et comportant autant de lignes que de colonnes. C’est l’anglais Arthur Wynne qui créa la première grille de mots croisés publiée le 21 décembre 1913 dans un journal américain, le New York World. La nouveauté était la présence des cases noires, ce qui permit au jeu de se développer en offrant des possibilités infinies de combinaisons. En France, il fallut attendre 1924, le 9 novembre exactement, pour voir publiée une grille de mots croisés nommée ‘ Mosaïque mystérieuse ‘, dans l’hebdomadaire Dimanche-Illustré.

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Au vu de – en vue de

La confusion est fréquente entre au vu de… (qui signifie ‘ en voyant ‘, ‘ en tenant compte de… ‘) et en vue de… (qui signifie ‘ pour ‘, ‘ dans l’intention de ‘). Dans le premier cas (au vu de… et au su de…), il s’agit d’une idée tandis que dans le second cas (en vue de…), la locution repose sur quelque chose de réel, d’une intention concrète en tout cas. Exemples : ‘ Au vu de vos résultats scolaires, vous aurez du mal à obtenir votre diplôme. En vue des prochaines élections, le candidat commence à préparer son programme. ‘ Par ailleurs, VU en tant que préposition signifie : étant donné. Elle est invariable (beaucoup l’accordent alors qu’il ne faut pas le faire !). Exemple :Vu (et non pas vues !) les circonstances défavorables du marché immobilier actuellement, nous allons attendre pour investir. ‘ Idem pour la locution conjonctive vu que… qui signifie attendu que…

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