Fonction et fonctionnalité

Le nom féminin fonction  (XVIe siècle) vient du latin functio qui signifie accomplissement, du fungi = s’acquitter de (sens juridique du terme lié à la fonction publique). La fonction désigne par définition l’utilité d’un élément dans un ensemble, comme la fonction du bouton de démarrage sur un ordinateur, par exemple. C’est aussi une activité professionnelle (exercice d’une charge particulière, comme la fonction de direction par exemple). Dans le domaine biologique, la fonction d’un organe ou d’une cellule notamment désigne l’activité exercée par un élément vivant (par exemple, les reins ont une fonction filtrante, les yeux ont une fonction de vision). Le terme de fonction peut être utilisé encore dans d’autres domaines, comme l’informatique, les mathématiques (ces fonctions qui ont fait arracher les cheveux à plus d’un à l’école !), en grammaire (rôle syntaxique d’un mot ou groupe de mots dans une phrase), en chimie (propriétés associées à un groupement d’atomes). La fonction est également une capacité particulière apportée par un système ou un outil (par exemple, le rôle d’un marteau, à quoi il sert, quelle est sa fonction). L’éventail est assez large en fait, mais relativement facile à comprendre. La fonctionnalité quant à elle, est un mot souvent mal utilisé (à la place de fonction évidemment), ça doit faire bien probablement pour certains de l’utiliser à tout va, mais à tort !

La fonctionnalité désigne le caractère de ce qui est fonctionnel, à savoir bien adapté à sa fonction, répondant à une fonction déterminée. Par exemple, si nous disons que la nouvelle salle de sport du village est fonctionnelle, cela signifiera qu’elle est dotée correctement de tous les matériels et infrastructures nécessaires à la pratique de différents sports (gymnase, douches, vestiaires, sanitaires plus tout le matériel comme les buts, les paniers, les ballons, etc.). Sa fonction est de permettre aux habitants de pratiquer leur sport favori, et elle est fonctionnelle parce que dotée correctement de tout ce qu’il faut pour assurer sa fonction. La fonctionnalité de cette salle de sport est donc effective. On parle aussi, au féminin pluriel, des fonctionnalités d’un système informatique, elles désignent l’ensemble des possibilités qu’il offre.

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Monter ou descendre à Paris ?

Certains disent ‘ je monte à Paris ‘, d’autres disent ‘ je descends à Paris ‘, et d’autres encore disent ‘ je vais sur Paris ‘ ou ‘ je vais à Paris ‘, comment s’y retrouver ? Pour ‘ je vais à Paris ‘ c’est clair, aucune polémique possible, la formule est correcte en ce sens que pour les villes, on utilise la préposition à (sauf pour quelques exceptions commençant par une voyelle comme Arles : en Arles, ou Avignon : en Avignon). Mais pour les autres ? En fait deux explications se mêlent : il y a d’une part surtout la référence hiérarchique à un lieu de pouvoir, de prestige, en tant que capitale, mais également une affaire de grammaire géographique nord/sud, à savoir que sur la carte, Paris est assez haut, ceci n’ayant rien à voir avec l’altitude de la ville bien sûr ! On descend dans les Vosges, qui sont plus hauts que Paris. L’expression ‘ monter à Paris ‘ est typiquement provinciale. Notons cependant que les gens situés au nord de Paris disent plus facilement  ‘ je descends à Paris ‘, là le côté géographique est mis en valeur. Dans le dictionnaire Larousse, il est bien précisé entre autres définitions du verbe monter, je cite : ‘ (auxil. être) Se rendre dans un lieu situé plus au nord : monter à Lille ‘. On dit aussi ‘ je descends sur Paris ‘, la formule appartient au registre familier, elle n’est pas fausse, juste familière. L’expression ‘ monter à... ‘ s’utilise dans le langage courant aussi pour aller par extension dans une ville plus grande que le point de départ. Mais bon, si vous ne voulez pas vous embêter avec ça, parlez anglais, eux n’ont qu’un seul mot, ils disent ‘ to ‘ !

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Montrer patte blanche

Montrer patte blanche est une expression qui signifie qu’on donne un signe de reconnaissance afin de pouvoir entrer dans un lieu, une manière de prouver son identité, de prouver qu’on est recommandable, honnête. Mais pourquoi patte blanche ? L’origine se trouve dans la fameuse fable de La Fontaine ‘ Le Loup, la Chèvre et le Chevreau ‘ (Livre IV, fable 15). Comme vous le savez, le loup n’est pas vraiment un ami de la chèvre ! Il est plutôt craint ! Ainsi, la chèvre dut s’absenter de sa maison en laissant son chevreau tout seul. En bonne mère, elle lui demanda de n’ouvrir à personne en attendant son retour, exigeant une phrase spécifique, un code en quelque sorte : ‘ Gardez-vous, sur votre vie, D’ouvrir que l’on ne vous die, Pour enseigne et mot du guet : Foin du Loup et de sa race ! ‘ Le loup, qui se cachait derrière, entendit la mère prononcer cette phrase secrète et la retint. Une fois la chèvre partie, le loup frappa à la porte et dit, en imitant sa voix : ‘ Foin du loup ! ‘, phrase qui logiquement aurait dû mettre le chevreau en confiance et le faire ouvrir la porte. Mais le chevreau rajouta une autre phrase. Méfiant, il demanda au loup de montrer patte blanche (si c’était sa mère, elle aurait pu la montrer puisque c’était sa couleur), ce qu’il fut en incapacité de faire évidemment. De ce fait il s’enfuit et le chevreau fut sauvé. La morale de la fable est que deux sûretés valent mieux qu’une. La Fontaine s’était inspiré du fabuliste grec Esope pour écrire sa fable. En effet, celui-ci en avait également écrite une sur le même thème (‘ Le chevreau et le loup ‘) à la différence que là, le chevreau avait reconnu le loup à sa tête.

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Distancer et distancier

Voici deux verbes que beaucoup de gens confondent : distancer et distancier. Attention, ils n’ont pas le même sens ! Essayons d’y voir clair : ils se ressemblent parce qu’ils sont tous les deux formés à partir du nom distance. Distancer, c’est dépasser. L’utilisation de ce verbe s’applique à des choses ou des personnes en mouvement. Exemple : le coureur à pied a doublé son concurrent puis l’a vite distancé. Distancer, c’est également mettre une distance entre des objets. Exemple : nous avons distancé les plots pour la course de slalom car le terrain était plus long que prévu. Au sens figuré, distancer signifie faire mieux que quelqu’un. Exemple : ayant bien révisé ses cours, cet élève a vite distancé ses camarades à l’examen. Le verbe distancier quant à lui est généralement utilisé à la forme pronominale (se distancier). Il signifie prendre du recul par rapport à quelque chose, s’en distancier pour voir de manière plus objective que subjective. Le nom qui lui correspond est distanciation. Ce terme est lié au monde du théâtre (cf. Beltold Brecht). Le comédien, par la distanciation, reste détaché de son personnage, il le joue de manière à ce que le spectateur puisse s’y identifier, ce qui permet de mieux faire passer le message de la pièce de théâtre. On peut aussi se distancier de stéréotypes dans lesquels nous avons été élevés, de valeurs inculquées auxquelles nous n’accordons pas ou plus crédit, nous prenons de la distance mentale, psychologique par rapport à des situations ou des façons de penser.

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Empathie et sympathie

L’empathie et la sympathie existent mais n’ont pas les mêmes significations, bien que ces deux mots soient proches en raison du sentiment positif qu’ils suscitent vis-à-vis d’une autre personne. Dans les deux cas, il se produit un processus plus ou moins complexe d’identification avec l’Autre, à des degrés différents. L’empathie désigne, en psychologie, la capacité de se mettre à la place de quelqu’un, ceci dû au fait qu’on le comprenne très bien, qu’on se sente en harmonie avec lui à un moment donné. C’est une faculté intuitive, qui permet de percevoir ce que ressent l’Autre et de ce fait de s’en sentir proche. On est touché par son émotion, sa façon de penser, on s’y retrouve soi-même. Em-pathie = ressentir en dedans. La sympathie est un peu différente. Sym-pathie = ressentir avec. La sympathie est un penchant naturel qui pousse deux personnes à s’apprécier, qui les pousse l’une vers l’autre. Cependant, on peut trouver qu’une personne a un visage sympathique, on se sent proche d’elle, sans pour autant que le retour se fasse. Par exemple, on voit la photo d’un candidat aux élections (donc qu’on ne connaît pas forcément personnellement) et on se dit : ‘ Il a l’air bien sympathique, il m’inspire confiance. ‘ N’oublions jamais que le sourire attire la sympathie ! Sympathiser avec quelqu’un, en revanche, implique un retour, un sentiment partagé. Différence importante : l’empathie nous projette dans le sentiment, le ressenti de l’Autre, avec la notion de fusion temporaire (par exemple à l’occasion de la lecture d’un récit personnel dans lequel on a l’impression de retrouver ses propres sentiments, son propre vécu, ses propres ressentis), tandis que la sympathie correspondra plus à un sentiment de confiance, qui nous porte vers l’Autre tout en restant nous-même.

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Caniche étymologie

Le caniche, ce petit chien de compagnie très répandu, tout le monde connaît. Il existe deux explications à l’origine de son nom, qui probablement se complètent et ne s’excluent pas mutuellement. Autrefois, le caniche était utilisé pour chasser les canards près des lacs et étangs (il aime l’eau), d’où une explication de son nom, à savoir de cane avec le suffixe -iche. Il servait de leveur de gibier d’eau, capable de rapporter les proies à ses maîtres. Autrefois, le terme de canichon désignait un jeune canard. Cependant, le Littré de 1872-1877 dit que c’est ‘ peut-être aussi un diminutif de canis = chien ‘. Bon, rien à voir bien sûr avec les cannisses (ou canisses – mot d’origine provençale), qui sont des claies de roseaux utilisées comme coupe-vent dans les jardins !

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Procrastiner – procrastination

Procrastination, en voilà un mot bien compliqué pour désigner quelque chose que vous connaissez sûrement pour l’avoir fait au moins une fois dans votre vie, savoir remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour-même, à différer une action. Ce nom féminin vient du latin procrastinatio, de pro (= en avant) et crastinus (= de demain), lui-même dérivé de cras (= demain). Procrastiner, c’est par exemple laisser s’empiler des courriers ou des dossiers en se disant qu’on les rangera un autre jour, et au final tout s’accumule !

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Vexillologie – vexillophile

La vexillologie est l’étude des étendards, drapeaux, pavillons. Le nom vient du latin vexillum, qui désignait l’étendard des armées romaines. La vexillophilie quant à elle désigne cette même collection. Le vexillophile en est le collectionneur. Une association française regroupe les amateurs de drapeaux depuis le 16 mars 1985 à Paris : la Société nationale de vexillologie. Elle les représente au niveau international, favorisant les échanges avec les institutions nationales ou étrangères.

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Provocant, provoquant et provocateur

Les termes provocant(e), provoquant et provocateur(trice) existent bien, mais ne s’utilisent pas de la même manière ! Provocant(e) est un adjectif : une attitude ou une image provocante (j’ai mis des exemples féminins exprès pour bien montrer que l’adjectif s’accorde). Provoquant est le participe présent du verbe provoquer : il glissa dans le magasin en faisant ses courses, provoquant la chute des produits du rayon et un beau tintamarre. Quant à lui, l’adjectif provocateur (ou provocatrice au féminin) désigne à peu près la même chose que provocant(e). La différence est subtile car si vous regardez le dictionnaire, vous trouverez quasiment les mêmes définitions ! En fait, provocateur suppose une volonté claire et nette de provoquer, tandis que provocant ne l’implique pas forcément. On peut notamment avoir une attitude provocante sans en avoir conscience ni la volonté (selon la culture et les coutumes par exemple, en fonction des pays certains gestes peuvent signifier des insultes – dans ce cas ils sont pris pour des attitudes provocatrices alors que l’auteur n’en a pas l’intention – alors que dans d’autres ils sont anodins). L’attitude provocatrice en revanche dénote clairement une volonté de provoquer : se promener nu dans la rue est une attitude provocatrice, car nul n’est censé ignorer la loi comme quoi c’est interdit.

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Fier comme Artaban

La locution adverbiale ‘ fier comme Artaban ‘ est utilisée pour désigner une personne dont la fierté est poussée à l’extrême, à la limite de l’arrogance. Mais qui est Artaban ? Que vient-il faire dans cette histoire ? C’est en fait un héros du  roman en treize volumes de Gautier de la Calprenède (ne le cherchez pas parmi les contemporains, il vivait au XVIIe siècle !) : ‘ Cléopâtre ‘. De par ses multiples outrances, ce personnage fut vite adopté comme symbole de la fierté. Artaban est également le nom que portaient différents rois parthes (de la Parthie, région historique du nord-est iranien) de la dynastie des Arsacides (dynastie qui fut fondée en 250 av. J.-C. par Arsace Ier et prit fin en 224 de notre ère).

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