Effusion et infusion

Le nom féminin effusion vient du latin effusio (= écoulement), de fundere qui signifie ‘ répandre ‘. Précisons d’ailleurs qu’en latin, le terme assez proche effugio (avec un G) signifie s’échapper. Le nom féminin infusion vient quant à lui du latin infusio = ‘ répandre dans ‘, également issu de fundere (le verbe infuser vient de infundere = verser dedans). L’un signifie donc répandre (en dehors) et l’autre répandre dedans. L’effusion, terme généralement utilisé au pluriel, désigne une manière vive de marquer sa tendresse : des effusions de joie. Utilisé au singulier, il désigne plus concrètement l’action de verser du sang, de faire mal. Exemple : Cette manifestation se termina dans une effusion de sang. L’infusion quant à elle, en raison de son étymologie, désigne toute boisson produite par la dissolution, médicamenteuse ou non (la tisane, elle, est exclusivement destinée à soigner), dans l’eau bouillante des principes contenus dans des plantes. Une tisane est donc une infusion mais une infusion n’est pas forcément une tisane. Les principes actifs de la plante se répandent à l’intérieur, se diffusent dans l’eau bouillante.

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Donation et dotation

Donation et dotation sont des noms d’étymologie identique liée au principe de don, du bas latin dare = donner. Leurs sens diffèrent cependant quelque peu. La donation désigne le fait de donner quelque chose de manière définitive. C’est un terme employé chez les notaires : donation entre époux, par exemple. Le terme existe depuis le XIIIe siècle issu directement du latin donatio, remplaçant la forme populaire donaison. Attention, alors que le verbe donner comprend  NN, le nom féminin donation n’en prend qu’un seul. Le terme de dotation quant à lui, bien que de même origine (dare), est lié au nom féminin dot (fin du XIIe siècle mais rare jusqu’au XVIe siècle). Il fut utilisé en premier lieu dans le sud de la France (Midi et Lyonnais essentiellement), là où le droit écrit avait conservé ce que l’on appelait le régime dotal. Ce régime dotal consistait en un apport de biens par le père de l’épouse au patrimoine des jeunes mariés : la dot. Le régime dotal et le douaire (biens que le mari assignait à sa femme pour en jouir au cas où il mourrait avant elle, et aboli par la Révolution française), alternèrent selon les époques. Pour en revenir à notre dotation, il ne s’agit bien sûr plus de ce que l’on appelait la dot d’autrefois. La dotation consiste à notre époque en revenus, fonds attribués à une personne ou à un compte, comme par exemple les dotations versées par l’État aux collectivités territoriales chaque année.

 

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Dédicacer et dédier

Les verbes dédicacer et dédier proviennent tous deux du même mot latin : dedicare qui signifie dédier. Alors pourquoi deux mots ? Cela permet d’affiner la signification dans des contextes différents. Le verbe dédier existe depuis le XIIe siècle tandis que le verbe dédicacer est beaucoup plus récent, 1836 (Grand dictionnaire de Napoléon Landais). La dédicace était autrefois une fête patronale, la dédicace d’une église (cérémonie liturgique). Dédicacer, c’est signer concrètement pour quelqu’un. Exemple : L’écrivain dédicace son nouveau livre. Dédier signifie offrir, consacrer. Exemple : Le chanteur a dédié sa chanson à un ami disparu qu’il aimait beaucoup.

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Colorer et colorier

Les verbes colorer et colorier  (du latin colorcoloris = couleur) sont des paronymes et ne s’emploient pas dans les mêmes circonstances, voici les différences : colorer signifie, tant au sens propre qu’au sens figuré, donner de la couleur à quelque chose. Au sens propre, nous allons par exemple colorer nos cheveux. Au sens figuré, nous pouvons colorer nos propos de gentillesse ou d’agressivité (ou autre), c’est-à-dire leur donner une teinte liée à un sentiment, un ressenti, une manière d’exprimer une émotion. Le résultat de l’action de colorer est la coloration. Le verbe colorier, quant à lui, désigne très concrètement le fait d’ajouter de la couleur sur une surface, un volume, il n’y a qu’un sens propre, pas de sens figuré. Exemple : Mon neveu colorie son nouveau livre. Le résultat de l’action de colorier est le coloriage.

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Cacatois et cacatoès

Ne pas confondre un cacatois, désignant une petite voile carrée au sommet d’un mât juste au-dessus de la voile appelée perroquet (cf. le mât de cacatois), et un cacatoès, perroquet généralement bien connu, et pourtant il y a un rapport entre les deux ! Cacatois (Académie 1835) vient du néerlandais kakatoe emprunté lui-même au malais kakatuwa et correspondant à une onomatopée représentant le cri du perroquet (issu aussi du portugais cacatua, même signification). Le cacatoès, l’oiseau, tire son nom également de l’onomatopée liée à son cri (1652 cacatoua ‘ sorte de perroquet blanc huppé ‘ – P. Philippe de La T.S. Trinité, Voyage d’Orient) probablement composé de kaka = corneille, transposé au perroquet, et de tūwa = vieux, à cause de l’âge avancé que ces oiseaux peuvent atteindre.

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Bileux et bilieux

Les adjectifs bileux et bilieux sont des paronymes et donc assez faciles à confondre. Leur étymologie est la même, du latin bilis = bile au sens propre et colère au sens figuré. En effet, dans l’Antiquité, deux sortes de bile étaient reconnues, la jaune et la noire. La jaune concernait la bile en tant que liquide de même couleur sécrété par le foie et destiné à faciliter la digestion des lipides, tandis que la noire (atra bilis en latin) désignait la mélancolie, l’humeur noire, la colère. Se faire de la bile, être bileux, s’inquiéter. En revanche, si l’on parle d’un teint pâle, cireux, on utilisera l’adjectif bilieux : un teint bilieux. De même pour désigner une personne colérique ou ayant tendance à être de mauvaise humeur (attention, c’est différent de la personne inquiète), on utilisera l’adjectif bilieux. Molière : ‘ Ce discours m’échauffe la bile ‘. Autrefois en effet, on pensait qu’une vive émotion de l’âme provoquait une surabondance de bile (cracher sa bile = cracher son venin, sa colère). Côté chronologie, bilieux, du latin biliosus (= qui contient de la bile) est apparu au XVIe siècle, puis bileux au XIXe siècle.

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Bedeau et badaud

Un bedeau et un badaud sont bien des personnes, mais pas les mêmes ! Le bedeau, autrefois ‘ sergent de ville ‘ puis  ‘ huissier d’université ‘ jusqu’au XVIIIe siècle, devint ensuite  un employé (laïc) d’église, préposé au service matériel et à l’ordre. On l’appelait aussi le chasse-coquin, lié au fait qu’il marchait généralement devant l’ecclésiastique et lui ouvrait le passage, lors des célébrations, pardons divers, et chassait les personnes non désirées. Le nom bedeau vient du francique  bidal, qui signifie ‘ messager de justice ‘ (1680 Richelet – Dict. Étym.), en ancien français : bidel. Le terme de badaud désigne quant à lui un passant, un spectateur. Exemple : ‘ Les badauds s’agglutinent devant la voiture accidentée, au risque de provoquer un deuxième accident et d’empêcher les secours de se frayer rapidement un passage. ‘ Côté étymologie, le terme de badaud vient du provençal badau, de badar (bayer aux corneilles), ‘ celui qui reste bouche bée ‘ (Rabelais) avec une connotation clairement péjorative jusqu’au XVIe siècle, signifiant alors ‘ stupide ‘.

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Page Facebook des publications de Corinne DUVAL

Page Facebook des publications de Corinne DUVAL, auteure de plusieurs ouvrages depuis 2010, et dont le dernier titre ‘ Alpha et le secret des mots ‘ a pour thème la langue française, incluant de nombreuses astuces pour mieux l’écrire :

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Glottophobie et discrimination

La glottophobie est le rejet et la discrimination de populations en raison de leurs pratiques linguistiques. Concrètement, vous entendrez à la radio nationale un présentateur ou journaliste généralement sans accent particulier voire avec un léger accent du sud de la France mais jamais avec un accent du nord, par exemple picard, particulièrement dévalorisé voire même ridiculisé. Il peut en être originaire, mais ne doit pas parler avec l’accent régional, ce n’est pas l’origine qui gêne, c’est la façon de parler. Le terme de glottophobie vient de glotte, du grec glôtta, de glôssa = langue. La glotte désigne d’ailleurs la partie du larynx bordée par les deux cordes vocales. La glottophobie est une phobie, dans le cas présent une peur menant concrètement à la discrimination, visant certaines langues ou manières de s’exprimer, considérées comme ‘ inférieures ‘ selon une échelle de valeurs tout à fait arbitraire et dépourvue de fondements justifiables. C’est un phénomène de mode, lié à tout un tas de phobies dans d’autres domaines mais touchant toujours l’humain dans son intégrité et excluant cette loi essentielle du bien vivre ensemble qu’est le respect du principe d’égalité entre tous. Officiellement, ce n’est jamais exprimé, parce que politiquement incorrect, mais la triste réalité est pourtant là, au sein d’une société qui ne cesse de prôner le droit à l’égalité mais qui dans les faits, surtout au niveau des médias nationaux, en contredit la substance. Le discours est enjeu de pouvoir, sa crédibilité passe par une normalisation, à savoir l’appartenance à un moule standardisé. Cette discrimination, comme bien d’autres, est banalisée, invisible pour beaucoup qui n’en ont même pas conscience.

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La langue française et quelques-uns de ses secrets

Quelques secrets de la langue française, pour mieux la maîtriser… avec un accent circonflexe !

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