Entrepreneuriat ou entreprenariat ?

Ce matin en regardant les informations à la télévision (je ne citerai pas la chaîne mais quoi qu’il en soit, on voit aussi des horreurs ailleurs, sur Internet par exemple…), j’ai eu les yeux écorchés (aïe, oui ça fait mal mais on s’en remet !) par une annonce écrite (vous savez, tout en bas de l’écran) concernant, je cite, ‘ l’entreprenAriat ‘. Eh bien voilà, ce mot a été mal écrit ! On écrit ENTREPRENEURIAT, avec EU et pas A, et les dictionnaires Larousse et Robert, pas toujours en harmonie sur certains mots, s’accordent bien sur cette orthographe. Le nom entrepreneuriat, créé récemment pour une utilisation dans le domaine de l’économie parallèlement à des noms comme partenariat ou actionnariat, vient d’entrepreneur, avec EU. Or, les deux exemples donnés ci-dessus viennent de noms prenant un A (partenAire et actionnAire), et l’analogie pourrait bien être une des causes expliquant la faute consistant à écrire ‘ entreprenariat ‘ au lieu de ‘ entrepreneuriat ‘. Phonétiquement, c’est assez proche aussi, et si on parle vite, il est assez difficile de faire la différence…  ASTUCE pour ne plus se tromper : si vous hésitez, pensez à ENTREPRENEUR (il ne viendrait à l’idée de personne de dire ENTREPRENAIRE ou ENTREPRENARE… enfin j’espère !), et ajoutez IAT, ce qui donne ‘ entrepreneuriat ‘. La seule orthographe qui aurait été possible (mais ce n’est pas le cas) en dehors de l’orthographe officielle ENTREPRENEURIAT aurait été ENTREPRENEURAT, sans le ‘ i ‘ comme docteur-doctorat, professeur-professorat par exemple, mais ceux-ci prennent un  ‘ o ‘ et non pas ‘ eu ‘ alors ne compliquons pas les choses, un autre article expliquera éventuellement l’origine de ces différences. Donc on écrit bien ENTREPRENEURIAT, c’est cela qu’il faut retenir.

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Passer sous les fourches caudines

Cette expression ‘ passer sous les Fourches Caudines ‘ signifie ‘ subir une défaite ‘ mais de manière plus concrète à notre époque, ‘ faire des concessions humiliantes et/ou qui coûtent cher ‘. L’origine remonte au IVe siècle avant J.-C lors de la seconde guerre Samnite, entre les Romains et les Samnites. Les Samnites étaient des tribus situées dans le Samnium (région montagneuse en Italie centrale) entre le VIIe et le IIIe siècle avant J.-C. Les Romains essayant de s’emparer de la cité de Naples (Paleopolis), les Samnites combattent mais sont finalement vaincus et demandent la paix à Rome mais celle-ci leur est refusée. Ils décident alors de se venger. En l’an – 321, ils reprennent les armes avec leur nouveau général Cavius Pontus et envoient une dizaine des leurs, habillés en bergers, pour propager une fausse rumeur auprès des Romains, qui tombent dans le piège. La fausse rumeur consiste à faire croire aux Romains que leurs alliés lucériens sont en danger, assiégés par les Samnites, et qu’il faut donc aller leur porter secours. Or, le chemin le plus court pour se rendre à Lucérie consiste à passer par les Fourches Caudines, une vallée faite de deux défilés profonds passant dans les Apennins près de l’ancienne Caudium (aujourd’hui Valle Caudina ou Stretta di Arpaia). Les 40 000 légionnaires romains s’y engouffrent mais surprise à la sortie, la voie est bouchée par des pierres et les Samnites les y attendent, les prenant au piège. Les Romains ne peuvent faire demi-tour, les collines étant remplies de soldats Samnites. Ils doivent donc se rendre et capituler. Pour les humilier et les forcer à la soumission, les Samnites les font passer le dos courbé et les mains liées dans le dos sous leurs fourches et lances formant un joug. D’où l’expression ‘ passer sous les Fourches Caudines ‘.

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Différence entre influer et influencer

Les deux verbes influer et influencer ont une signification très proche mais ne s’utilisent pas de la même façon. Le verbe influer est ce que l’on appelle un verbe intransitif, c’est-à-dire qui n’admet pas de complément d’objet. On n’influe pas quelque chose mais SUR quelque chose. Influer sur…  Exemple : la lune influe sur l’humeur des gens. Il s’agit d’exercer une action sur quelque chose (humeur, pousse des plantes etc.). Le verbe influer tend à s’appliquer essentiellement aux choses ou aux concepts abstraits. Le verbe influencer quant à lui peut être utilisé dans le même exemple, mais la construction de la phrase sera différente : la lune influence l’humeur des gens. Il n’y a, dans ce cas, pas d’utilisation de la préposition SUR. En effet, le verbe influencer est ce que l’on appelle un verbe transitif direct, c’est-à-dire qu’il est associé à un complément d’objet direct (dans le cas de l’exemple ci-dessus, le COD est ‘ l’humeur ‘) sans nécessiter l’utilisation d’une préposition. La lune influence quoi ? L’humeur. Cela dit, il est préférable d’utiliser le verbe influencer avec comme complément d’objet un nom désignant une personne ou un groupe de personnes. Exemple : le discours du candidat a influencé les électeurs.

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Mer des Sargasses

Pourquoi la mer des Sargasses (appelée aussi ‘ mer de Varech ‘) porte-t-elle ce nom ? C’est à cause de longues algues brunes flottantes arrachées au Golfe du Mexique, qui s’accumulent en surface, les sargasses, particulièrement répandues dans cette zone occidentale de l’Atlantique nord bordée par le Gulf Stream. Plusieurs origines au mot sargasse : selon le dictionnaire étymologique Larousse, il vient du portugais  sargaço, qui désigne une variété de ciste (petit arbuste) et par ressemblance, une algue marine, et vient également du latin salix = saule (ressemblance également au niveau de la forme). Le mot sargasse viendrait également de l’italien sargazzo, qui signifie varech (ensemble d’algues laissées sur le rivage après le retrait de la mer). Christophe Colomb, en 1492 lors de son premier voyage, remarqua ces algues et en déduisit à l’époque que la terre ne devait pas être bien loin. L’absence de vent et de vagues ralentit d’ailleurs la progression de ses navires, qui mirent environ 3 semaines pour traverser la zone. Notons une particularité de la mer des Sargasses, elle est la seule à n’avoir pas de rivage, isolée dans l’océan Atlantique entre les Açores et les îles du Cap Vert.

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Soldes origine du mot

La fameuse époque des ‘ soldes ‘ est généralement appréciée par les consommateurs pour les fortes réductions de prix proposées dans les magasins. Mais savez-vous quelle en est l’origine ? Il faut remonter au XIXe siècle, avec l’apparition de ce que l’on appelle ‘ la grande distribution ‘. Un certain Simon Mannoury fonda en 1830 le premier grand magasin parisien, alors appelé ‘ Petit Saint-Thomas ‘, plus connu sous le nom qui lui fut donné plus tard en 1852, le ‘ Bon Marché ‘. Simon Mannoury fut le premier à mettre en place un système de prix fixe affiché, et à décider d’écouler après chaque saison les stocks invendus en cassant leurs prix. C’étaient les premiers soldes ! Il faudra attendre 1906 pour qu’apparaissent les premières lois encadrant ces rabais, avec un premier texte réglementant la vente dite ‘ au déballage ‘. Bien plus tard, en 1962, un décret précisa la modalités d’application de la loi de 1906 en définissant plus clairement la notion de solde : ‘ les ventes présentant un caractère réellement ou apparemment occasionnel, accompagnées ou précédées de publicité et annoncées comme tendant, par une baisse de prix, à l’écoulement accéléré de marchandises en stock ‘. En 1996, un décret précisa la durée des soldes et les obligations des vendeurs, 2 fois 6 semaines par an, soldes d’été et soldes d’hiver. Puis en 2008, la loi de modernisation économique fixa une date nationale de début et de fin des soldes officiels et instaura 2 catégories de soldes, fixes l’été et l’hiver passant à 5 semaines au lieu de 6, et soldes libres ou flottants. Côté étymologique, en argot, le solde était un coupon d’étoffe invendu. Le terme fut utilisé au singulier (un solde) jusqu’aux premières lois du XXe siècle qui firent utiliser le terme au pluriel (les soldes).

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Lapidaire

Un lapidaire était un ouvrier qui travaillait dans les carrières, un tailleur de pierre, un ouvrier travaillant les pierres fines mais aussi un marchand vendant toutes sortes de pierres. Les lapidaires taillent toutes les pierres plus tendres que le diamant. Ce métier existe toujours. Le terme de lapidaire existe depuis le XIIe siècle (Dict. Étym.) et vient du latin lapis = pierre. Par exemple, le lapis-lazuli est une pierre bleue, de lapis + lazuli (= azur) du mot persan lazur = bleu. Le verbe lapider possède la même origine (lancer des pierres). En France, la région la plus historique en matière de taille de pierre est le Haut-Jura, grâce à la proximité avec la Suisse qui facilitait le commerce des pierres. La présence de cours d’eau était nécessaire, les roues à aube des tailleries étant actionnées par la force motrice de l’eau. Les tailleries traditionnelles commencèrent à disparaître dans les années 1930 avec l’arrivée de l’électricité. Pour plus d’informations à propos de ce métier : lataillerie.com/Lapidaire.

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Dinandier

Le dinandier était autrefois un chaudronnier qui fabriquait spécifiquement des ustensiles de cuisine en cuivre jaune (ou laiton : alliage de couleur jaune composé de cuivre et de zinc). Pourquoi ce nom de dinandier ? L’origine est liée à la ville belge de Dinant, célèbre pour ses cuivres. Le terme de dinandier date de la fin du XIIIe siècle (Dict. Étym.) mais le battage du cuivre est apparu à Dinant dès le XIe siècle et les statuts des batteurs de cuivre sont donnés en 1255 (source : ville de Dinant). Le lieu où travaille le dinandier est une dinanderie. Peu d’artisanats ont pris le nom de la ville dont ils sont originaires, c’est le cas pour la dinanderie.

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Portefaix

Le métier de ‘ portefaix ‘ consistait autrefois à charger et décharger des produits solides, de ‘ porter des fardeaux ‘ (Cens et rentes dus au comte de Poitiers à Niort au XIIIs., éd. H. Clouzot, Paris et Niort, 1904, p. 46). Un faix est une charge, du latin fascis = fardeau. Par extension, le terme de portefaix désigne également un homme ‘ brutal et grossier ‘, par comparaison avec la grande force nécessaire au portefaix pour porter tous ses fardeaux. De même, la locution ‘ parler comme un portefaix ‘ désigne une façon de parler rude, brutale, dépourvue d’élégance. Le métier de ‘ dévalleur ‘ (avec  LL) consistait quant à lui à charger et décharger des produits liquides. Le dévalleur était notamment un marinier chargé de conduire les bateaux hors des ports, manœuvre difficile. Le crocheteur, lui, était un portefaix qui chargeait et déchargeait des fardeaux à l’aide de crochets. La locution ‘ avoir une santé de crocheteur ‘ vient de la comparaison avec la bonne santé physique nécessaire au difficile métier de crocheteur. Attention, il ne s’agit pas du crocheteur de serrures, qui lui est un bandit.

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Clicheur

Dans les imprimeries d’autrefois, le clicheur était un ouvrier qui préparait les planches et les caractères d’imprimerie à partir de matrices utilisant du métal en fusion. Pourquoi ce terme de clicheur ? Parce qu’il vient du nom masculin ‘ cliché ‘ désignant précisément à l’origine la plaque gravée qui constituait une forme imprimante (forme d’impression) en relief et destinée bien sûr à l’impression typographique. Le cliché, appelé aussi stéréotype, moulage métallique en un seul bloc existant depuis le XVIIIe siècle mais surtout utilisé à partir du XIXe siècle, est issu de la stéréotypie (du grec stereos = solide et τυπός (tupos) = empreinte, marque), technique de fabrication de formes en relief destinées à l’impression de textes et/ou d’images. Au nom masculin cliché est associé le verbe clicher. Les graveurs de médailles clichaient, cela signifie qu’ils frappaient le plomb à la main.

Concernant le cliché, il existe une expression : ‘ tirer son cliché ‘. Celle-ci est née dans les imprimeries d’autrefois où l’on disait d’un imprimeur qui reproduisait toujours la même chose qu’il tirait son cliché. Le cliché, au sens figuré, est devenu une figure de style désignant le fait de dire des choses banales, dites stéréotypées (un stéréotype), comme par exemple ‘ avoir le cœur sur la main ‘ pour dire d’une personne qu’elle est généreuse. Les stéréotypes, en sciences humaines, sont des idées reçues, des banalités, des images préconçues d’un sujet dans un cadre de référence donné. En psychologie sociale, les stéréotypes désignent les croyances que l’on peut entretenir à propos des caractéristiques supposées des membres d’un exogroupe (groupe autre que celui auquel l’individu s’identifie et considère comme son groupe d’appartenance), une généralisation banalisante  assez souvent erronée du fait de son côté extrême qui consiste à classifier l’Autre en l’enfermant dans des principes de vie, des caractéristiques tant positives que négatives. Le danger des clichés ou stéréotypes est qu’ils mènent bien souvent à des jugements réducteurs et résistants au changement, à l’évolution, même en présence de preuves.

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Avaleur de nefs

L’avaleur de nefs est la dénomination antérieure au XVe siècle de ce que l’on appelait les maîtres des ponts, à savoir les personnes qui aidaient les bateaux à passer les ponts de fleuves. Leur embarcation s’appelait une flette, c’était une petite barque. Les maîtres de ponts utilisaient des cordages pour tirer les bateaux. En Haute Seine, il s’agissait de chableurs, et plus particulièrement de chableurs de pertuis, les pertuis désignant les écluses. Mais pourquoi ‘ nef ‘ ? Parce que le terme de nef, de la fin du XIe jusqu’au XVIe siècle, signifiait ‘ navire ‘, du latin navis. La nef des églises quant à elle, partie longitudinale située entre le portail et le cœur , tire son nom du fait que sa voûte ressemble à la coque renversée d’un bateau.  Le nom de flette est issu de l’ancien anglais flete = bateau. En anglais, fleet = flotte. Le terme de chableur vient de chable (du bas latin capulum), qui désignait une grosse corde (1190 Bodel), dont est issu ensuite le nom ‘ câble ‘. Selon André Félibien en 1676 (architecte et historiographe français), chabler signifie ‘ haler un bateau ‘, ‘ hisser avec un câble ‘.
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