Crédule et crédible

L’adjectif crédule s’applique aux personnes, il désigne quelqu’un de naïf, facile à attraper, qui croit trop facilement ce qu’on lui raconte. Crédule vient du latin credulus, de credere = croire. Le nom associé est la crédulité. Exemple : Fabien est vraiment crédule, il croit n’importe quel boniment sans chercher à vérifier. L’adjectif crédible, quant à lui, vient du latin credibilis = croyable, vraisemblable, et désigne ce qui peut être cru, ce qui est plausible. La différence avec crédule est que cela peut concerner aussi bien une personne (une personne crédible est digne de confiance) que son discours (par exemple une excuse, crédible ou pas). Le nom associé est crédibilité. Exemple : Les preuves que le témoin a apportées ajoutent de la crédibilité à son récit.

Publié dans Paronymes | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur Crédule et crédible

cinéphile, cynophile et sinophile

Le terme de cinéphile désigne un amateur de cinéma. Relativement récent, il est apparu pour la première fois dans le Ciné-Journal de 1912. Il est lié au nom masculin cinématographe (du grec kinêma = mouvement et de graphein = décrire). Pour la petite histoire, le 12 février 1892, Léon-Guillaume BOULY dépose le brevet d’un nouvel appareil ‘ réversible de photographie et d’optique pour l’analyse et la synthèse des mouvements, dit le Cynématographe Léon Bouly ‘. Le 27 décembre 1893, il en modifie le nom qui deviendra Cinématographe dont nous utilisons à notre époque l’abréviation : cinéma. Ce nom déposé Cinématographe (avec un C majuscule) devient libre en 1894 du fait que Bouly ait omis de payer la redevance de ses brevets. Il est donc de nouveau breveté par les célèbres Frères LUMIÈRE. dont le nom restera associé au cinéma.

Le nom masculin ou adjectif (selon les cas) cynophile, du grec kuôn, kunos = chien et philos = ami, désigne un amateur de chiens. Un cynophile (nom). Une brigade cynophile (adjectif).

Le nom sinophile, du latin Sina = Chine (et du grec philos = ami) désigne les passionnés de Chine ou des Chinois. Un(e) sinologue est une personne spécialiste de sinologie, terme lui-même issu du latin médiéval Sinae (Extrême-Orient), apparu en 1842 (Académie), qui consiste à étudier l’histoire, la langue et la civilisation chinoises.

 

Publié dans Paronymes | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés sur cinéphile, cynophile et sinophile

Omelette, mais pourquoi omelette ?

Vous êtes-vous déjà demandé (quelle drôle d’idée !), en cassant des œufs dans un saladier ou autre récipient pour préparer une omelette, l’esprit flânant au gré des questions métaphysiques et autres qui pourraient l’occuper en plus des mains, pourquoi une omelette s’appelle une omelette ? Si oui, voici la réponse, et si ce n’est pas le cas, vous l’aurez quand même en lisant la suite de cet article. Eh bien l’origine de ce nom féminin est due à la fine épaisseur de l’omelette, comparée à celle d’une lame. En effet, omelette vient de l’ancien français amelette/alemette (altération d’alemelle = assiette ou préparation fine), variante de alumette au XIVe siècle, de alumelle, de l’ancien français lemelle (devenu ‘ lamelle ‘), le tout issu du latin lamella de lamina qui désigne une lame ou une petite feuille de métal très fine.

Entrez dans les secrets de la langue française tout en vous amusant avec ‘ Alpha et le secret des mots ‘, de Corinne DUVAL, un livre tous publics écrit par une professionnelle de la langue française : thebookedition.com/corinne-duval-alpha-et-le-secret-des-mots-p-127154.html

Découvrez la petite histoire de nombreux termes de cuisine, tout en vous amusant : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

Publié dans Le coin des curieux, Vocabulaire culinaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur Omelette, mais pourquoi omelette ?

D’où vient le droit de veto ?

Le nom masculin invariable veto (et aussi véto depuis 1990 – réforme orthographe) vient du latin veto = ‘ j’interdis ‘ et désigne notamment un acte par lequel une autorité peut s’opposer à l’entrée en vigueur d’une loi (dict. Larousse) mais plus généralement un droit de dire non, de s’opposer à quelque chose. Un veto est un refus formel. Mettre son veto à quelque chose. Dans l’Antiquité romaine, les tribuns de la plèbe (magistrats chargés de l’administration de tribus, d’où le terme de tribunal) utilisaient cette formule pour s’opposer à un décret du sénat. Les rois utilisaient le verbe ‘ vetare ‘, et à la première personne du singulier, pour s’opposer à une loi, le roi disait ‘ Veto ‘ (je m’oppose). Le veto procure un pouvoir illimité de blocage législatif. Il existe plusieurs sortes de veto : le veto absolu, le veto suspensif et le veto translatif. Par exemple, Louis XVI a eu, par l’Assemblée constituante, un droit de veto suspensif pour deux législatures, donc 4 ans. Cela contribua, selon les monarchiens (partisans à l’Assemblée constituante d’une monarchie constitutionnelle fondée sur le modèle britannique, à ne pas confondre avec les monarchistes, qui refusent tout changement fondamental aux principes de la royauté), à affaiblir le pouvoir exécutif par rapport au pouvoir législatif. Louis XVI fut ainsi surnommé ‘ Monsieur Veto ‘.

 

 

Publié dans Vocabulaire | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés sur D’où vient le droit de veto ?

Apprendre par coeur, origine de l’expression

Lorsque l’on veut retenir un texte mot pour mot, on l’apprend par cœur. Mais que vient donc faire le cœur dans cette histoire ? N’est-ce pas plutôt le cerveau qui va enregistrer le texte ? En fait, il faut remonter à l’époque d’Aristote qui pensait que le cœur était ‘ le siège de l’intelligence ‘. Pour les Grecs de l’Antiquité, le cœur était même également le centre de l’affectivité, des émotions, de la mémoire. En France, c’est Rabelais qui, au XVe siècle, utilisa le premier l’expression ‘ savoir par cœur ‘. Une variante à l’époque (et aujourd’hui perdue) disait ‘ souper par cœur ‘, signifiant ‘ manger par la pensée ‘. Le vocabulaire amoureux, quant à lui, ne manque pas de références au cœur : briser/fendre le cœur, être dans le cœur de quelqu’un… Il a fallu attendre le XIXe siècle pour découvrir un peu plus les secrets du cerveau et de ses réelles fonctions et capacités.

Publié dans Expressions françaises | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés sur Apprendre par coeur, origine de l’expression

Politologue, politiste et politicien(ne)

Un politicien (une politicienne au féminin), tout le monde sait ce que c’est. Rare avant 1850 et issu de l’anglais politician, le terme de politicien(ne) désigne une personne qui fait de la politique, qui se présente aux élections. La distinction est plus subtile en ce qui concerne les termes de politiste et de politologue. La politologie étant l’étude des faits politiques, la science politique tout simplement, le (la) politologue est un (une) spécialiste… de politologie ! Mais alors le (la) politiste ? C’est à peu près la même chose, sauf que celui-ci (celle-ci) évolue principalement dans la sphère universitaire (Sciences Po) avec une pratique plus axée vers la recherche académique que celle du (de la) politologue qui lui (elle), aura plus un rôle de consultant médiatique.

Publié dans Vocabulaire | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés sur Politologue, politiste et politicien(ne)

Robe à sequins

Une robe à sequins est une robe ornée de grosses paillettes brillantes. Mais en connaissez-vous l’origine ? Le sequin était autrefois une pièce d’or italienne de 3,60 g (fin du XIIIe siècle) appelée au départ ducato (ducat). Ces pièces furent frappées pendant plus de 500 ans à l’identique par l’Hôtel de la Monnaie de Venise, jusqu’en 1870 où la monnaie fut démonétisée par le Royaume d’Italie. Le nom de sequin vient de zecchino, issu de zecca (de l’arabe sikka = frappe), qui désignait précisément l’Hôtel de la Monnaie en face du Palais des Doges de Venise. Mais pourquoi avoir changé de nom, passant de ducat à sequin ? Une version du ducat d’or fut créée en argent en 1543 par la Zecca, c’était une grosse pièce de 23,4 g, qu’ils appelèrent ducato. Il fallut donc différencier la pièce en argent de celle en or, qui prit le nom de zecchino (sequin). Au Moyen Âge, dès le XIIIe siècle où commença à se développer le concept de ‘ beauté parfaite ‘ dont sera issu celui de mode vers la fin du XIVe siècle, surtout en Italie et en France, tresser des sequins dans les cheveux était un signe extérieur de richesse. De même pour les vêtements, aussi bien pour hommes que pour femmes (‘ une belle écharpe à sequins ‘ – Les fourberies de Scapin – MOLIÈRE). L’apparence devint peu à peu un moyen de montrer son appartenance sociale. Les sequins, parfois volés vu leur grande valeur, furent remplacés peu à peu par des paillettes en métal moins coûteux.
Testez votre culture générale avec LES QUIZ D’ALPHA culture générale chez TBE et AMAZON

Publié dans Vocabulaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur Robe à sequins

Inclinaison et inclination

Les noms féminins inclinaison et inclination se ressemblent mais avec quelques différences. L’inclinaison, nom dérivé du verbe incliner, de l’ancien français encliner (1080, Roland) issu du latin inclinare (même signification) n’a qu’un sens propre. Elle désigne ce qui est incliné, en pente (notion d’angle par rapport au plan de l’horizon). Exemple : La trop forte inclinaison de ce terrain ne permet pas d’y construire facilement une maison. L’inclination, du latin inclinatio (même signification) désigne quant à elle le fait de pencher la tête, notamment pour saluer. Exemple : Il salua son voisin d’une légère inclination (hochement de tête ou du corps) puis continua son chemin. Nous pouvons constater que dans cet exemple, le terme d’inclinaison aurait été inapproprié. L’inclination a donc trait au corps, à la tête mais aussi au sens figuré, à l’esprit. Avoir de l’inclination pour une personne signifie être attiré, avoir un penchant pour elle, ressentir un mouvement affectif spontané. C’est valable aussi pour des passions : avoir de l’inclination (et non pas de l’inclinaison !) pour la littérature, la nature, la musique baroque ou le jazz, la géographie, l’astrologie, etc. Et là, avec le mot ‘ penchant ‘, nous retrouvons bien ce qui caractérise les deux termes inclinaison et inclination. La différence essentielle est que lorsque l’on parle d‘inclinaison, c’est toujours matériel (incliné = en pente).

Publié dans Paronymes | Marqué avec , | Commentaires fermés sur Inclinaison et inclination

Flairer et fleurer

Les verbes flairer et fleurer sont des paronymes, donc de sens différents bien que proches par leur graphie et leur prononciation. Ils sont tous deux liés à la notion d’odeur, mais voici la différence : flairer vient du latin fragrare, qui signifie sentir bon. Flairer désigne le fait de sentir une odeur. Exemple : Le chien flaire les truffes. La locution avoir du flair signifie avoir bon nez, bon odorat mais au sens figuré, pour les êtres humains, c’est avoir de l’intuition, de la capacité à deviner quelque chose. Exemple : Ce détective a beaucoup de flair, il arrive toujours à trouver les éléments qui lui permettent de résoudre ses énigmes. Le verbe fleurer quant à lui vient du latin flatare, qui signifie souffler. Fleurer, verbe surtout utilisé en littérature, c’est répandre une odeur, et non pas la sentir. Exemple : Cette pizzeria fleure bon l’origan.

La langue française vous intéresse ?
Le livre de Corinne Duval Alpha et le secret des mots vous aide à la comprendre pour mieux la maîtriser tout en y prenant plaisir : http://www.thebookedition.com/corinne-duval-alpha-et-le-secret-des-mots-p-127154.html

Publié dans Paronymes | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur Flairer et fleurer

Exode et exorde

Les noms masculins exode et exorde ont des significations très différentes et ne doivent pas être confondus. Cependant, comme nous allons le constater, ils ont un point commun assez important, lié à la notion de départ. Le terme d’exode (XIIIe siècle) vient du latin chrétien exodus, emprunté au grec exodos, qui signifie départ (ex = hors de, et hodos = route). En juin 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale, le terme d’exode fut spécialisé pour désigner la fuite massive des populations devant l’envahisseur. Il est à noter aussi un phénomène important ayant eu lieu en France à la fin du Second Empire suite à une crise économique se traduisant par la chute des cours économiques des produits agricoles et la faillite des petites exploitations, les plus nombreuses (eh oui, déjà !…), l’exode rural consistant à fuir la campagne pour s’installer à la ville, là où l’industrie en pleine révolution offrait du travail (années 1870-1890). Les exodes, quelle qu’en soit l’origine, se multiplient, 2016 n’y échappe malheureusement pas, avec le Moyen-Orient… Quant au terme d’exorde (avec un R), il vient du latin exordium, de ordiri = commencer. En rhétorique, il désigne l’entrée en matière d’un discours par la mise en condition du public, et ne doit pas être confondu avec l’introduction. L’exorde doit être bref. Il ne présente pas le plan du discours, sa seule utilité est de mettre l’auditoire en bonne condition, capter son attention et attirer sa bienveillance, voire en cas d’auditoire négativement prédisposé, d’essayer de le reconditionner en la faveur de l’orateur (appelé exorde indirect).

Publié dans Paronymes, Rhétorique | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés sur Exode et exorde