Différence entre vote et votation

Le vote et la votation ont en commun le fait de demander leur avis aux citoyens ou membres d’une assemblée. Le vote, mot anglais issu du latin votum = vœu,  désigne l’acte par lequel les citoyens d’un pays ou les membres d’une assemblée (association par exemple) expriment leur opinion lors d’une élection. Le vote, en France, est un processus institutionnel décidé par les élus ou le gouvernement. En revanche, la votation s’applique plus particulièrement à la Suisse, elle y désigne à l’origine un certain type de vote populaire, notamment les référendums d’initiative populaire et locale (ne venant pas des élus mais du peuple). Les votations fédérales y sont quant à elles officielles, ce sont des consultations populaires. La votation dite ‘ citoyenne ‘ existe cependant en France bien que non prévue par la loi. Elle permet de s’exprimer librement sur un sujet précis pour interpeller les institutions en place, tout en étant dépourvue d’objectif électoral (ce qui est le cas du vote). En 2009 par exemple, le collectif ‘ Contre la privatisation de la Poste ‘ avait utilisé ce terme de ‘ votation citoyenne ‘. Il fut utilisé également en 2011 pour les primaires socialistes. En juin 2016, une ‘ votation citoyenne ‘ en France est organisée par les 7 organisations syndicales (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) par rapport au projet de loi Travail (El Khomri) qui fait tant débat afin de permettre aux salariés, jeunes, privés d’emplois, retraités et citoyens de s’engager dans la mobilisation.

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Désaffection et désaffectation

La désaffection et la désaffectation sont des noms à utiliser dans des contextes différents. La désaffection désigne la perte d’affection (du latin affectio = disposition physique ou morale), le détachement, la perte d’intérêt. le désintéressement. Cela peut concerner aussi bien quelqu’un que quelque chose. Exemple : la désaffection d’un peuple pour la politique suite à de trop nombreux scandales touchant des élus. La désaffectation en revanche (affectation vient du latin affectatio = disposer), désigne le fait de ne plus utiliser un lieu. Une centrale désaffectée (attention, et non pas désinfectée, même si l’un n’exclut pas l’autre !) est une centrale qui n’est plus utilisée.
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Cultuel, culturel et cultural

Les adjectifs cultuel, culturel et cultural sont à différencier. Cultuel est issu du nom masculin culte (du latin cultus,de colere = honorer) et désigne ce qui est relatif aux cultes : une association cultuelle, un texte cultuel, un instrument de musique cultuel (utilisé dans le cadre d’un culte, comme par exemple le sistre lié au culte isiaque – déesse Isis – dans l’Antiquité romaine). Culturel, issu du nom féminin culture (du latin cultura = culture, entretien de la terre mais également de l’âme, de l’esprit), désigne ce qui est relatif à la culture humaine, la culture de l’esprit, la culture de civilisations. Une association culturelle (troupe de théâtre, école de musique associative…). Cultural désigne quant à lui ce qui est relatif à la culture des sols. Réaliser un profil cultural, par exemple, permet d’évaluer avec précision la structure du sol tant dans la couche arable que dans la couche sous-jacente. Des pratiques culturales.
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Caramélisé et caramélé

Les adjectifs caramélisé et caramélé, issus du nom masculin caramel (du latin cannamella = canne à sucre) se ressemblent. Caramélisé désigne avant tout ce qui est réduit en caramel, voire recouvert ou additionné de caramel, qui a un goût de caramel. Une pâtisserie caramélisée. Caramélé désigne plutôt ce qui est parfumé au caramel, qui en a la couleur, l’aspect, mais n’est pas réduit en caramel au sens propre du terme. Par exemple, on dira d’une sauce qu’elle a un goût caramélé (et non pas caramélisé !).

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Cohésion et cohérence

La cohésion, du latin cohaesus (= attaché avec) désigne d’une part, au sens figuré, l’union des idées au sein des membres d’un groupe. On parlera par exemple de cohésion sociale pour une action qui favorise l’intégration et l’entente des individus au-delà de leurs différences propres au sein d’un pays, d’une ville.  De même, on parlera de la cohésion d’une équipe, quand ses membres s’entendent bien et que leurs idées et actions vont dans le même sens. D’autre part, la cohésion désigne une organisation logique, comme par exemple la cohésion textuelle d’un document, la cohésion d’un récit (notamment la solidité du lien logique qui unit deux arguments). Enfin, la cohésion désigne, en termes scientifiques et au sens propre, la force d’attraction qui se fait tenir solidement entre elles les molécules d’un corps, qui en assure la cohérence physique (la cohésion provoque la cohérence). La cohérence, du latin cohaerentia (même signification), désigne quant à elle l’homogénéité, la logique à propos d’idées ou d’actions. Exemples : ‘ La cohérence de ce projet d’aménagement des espaces verts de la ville a été applaudie. ‘  – ‘ Le témoin a été très cohérent dans ses explications. ‘ Un texte bien construit, à l’argumentation logique, est un texte cohérent (dont la cohésion des différents éléments est avérée). La cohérence, en termes de physique, s’applique à des vibrations qui présentent entre elles une différence de phase constante dans le temps.

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Pourquoi offre-t-on du muguet au 1er mai ?

Le muguet, plante à clochettes, a toujours symbolisé le printemps. Les Celtes lui accordaient un statut de porte-bonheur et célébraient le début de l’été au 1er mai, érigeant un arbre autour duquel ils dansaient pour éloigner les mauvais esprits. Dans l’Antiquité romaine, c’est au 1er mai que les célébrations en l’honneur de la déesse des fleurs, Flora, atteignaient leur apogée. Plus tard, en 1560, le roi Charles IX en compagnie de sa mère Catherine de Médicis, reçut en cadeau un brin de muguet lors d’une visite au chevalier Louis de Girard de Maisonforte, cueilli dans le jardin de son château. Il officialisa la coutume le 1er mai 1561 en offrant des brins de muguet aux dames de la cour avec ces mots : ‘ Qu’il en soit fait ainsi chaque année ‘. Le 1er mai 1886, aux États-Unis,  plus de 200 000 travailleurs descendus dans la rue obtiennent la journée de 8 heures grâce à une très forte pression des syndicats. Plusieurs personnes moururent lors des affrontements avec les forces de l’ordre et c’est en souvenir de cette victoire amère que les syndicats européens instituèrent quelques années plus tard la ‘ Journée internationale des travailleurs ‘ (appelée aussi ‘ Fête des travailleurs ‘). En France, dès 1890, les manifestants du 1er mai défilent avec un triangle rouge à la boutonnière, remplacé plus tard par la fleur d’églantine et en 1907, à Paris, le muguet (symbole du printemps en Île-de-France) la remplace. Le brin de muguet est porté à la boutonnière, associé à un ruban rouge. Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifia la journée de 8 heures et décida qu’à partir du 1er mai suivant, ce serait une journée chômée à titre exceptionnel. Le 1er mai 1895, le très populaire chanteur toulonnais Félix Mayol, créateur de Viens, Poupoule ! en 1902, arriva à Paris et son amie Jenny Cook lui offrit un bouquet de muguet. Il en porta à sa boutonnière le soir même, pour la première de sa prestation au Concert Parisien. Sa série de concerts étant un triomphe, Mayol décida que le muguet deviendrait son emblème, il aurait ainsi relancé la tradition. Les grands couturiers parisiens offrirent du muguet à leurs clientes le 1er mai 1900 lors d’une fête, et Christian Dior en fit ensuite l’emblème de sa maison de couture. Le muguet ne fut associé finalement à la Fête du Travail que sous le gouvernement de Vichy. Le 24 avril 1941, le maréchal Pétain, pour rallier les ouvriers au régime de Vichy et sous l’initiative de René Belin, ancien dirigeant de l’aile socialiste de la CGT, instaura officiellement le 1er mai comme ‘ la Fête du Travail et de la Concorde sociale ‘ et l’églantine rouge, symbole de la journée internationale des travailleurs après 1891, trop connotée à gauche selon lui, fut remplacée par le muguet.

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Démystifier et démythifier

Les deux verbes démystifier et démythifier ont un rapport avec le principe de mythe, mais ne s’utilisent pas dans les mêmes circonstances. Démystifier, c’est détromper, la mystification désignant l’imposture, l’action de tromper, la duperie, la supercherie. La mystification peut être comprise comme un mythe moral ou intellectuel. Démystifier, ce peut être aussi montrer la vraie nature de quelque chose, la vérité, rendre banal, retirer son côté mystérieux afin de faire tomber un mythe, mais cet emploi est parfois critiqué notamment en raison de l’étymologie du mot, comme nous allons l’expliquer plus loin. Il est préférable d’employer dans ce cas le verbe démythifier qui signifie ‘ enlever le mythe ‘. Exemple : ‘ La divulgation publique de sa vie dissolue a contribué à démythifier cette star internationale. ‘ Côté étymologie, mystifier, comme mystère, vient du latin mysterium, issu du grec mustêrion, de mustês qui signifie ‘ initié ‘. L’initié est celui qui sait. Un mystère, par principe, n’est pas élucidé (sauf par des initiés éventuels qui en connaissent les secrets), il pose question, sinon ce n’est plus un mystère. Le mythe quant à lui possède une étymologie différente, c’est un mot qui vient du bas latin mythus, issu du grec muthos qui signifie ‘ récit, légende ‘. Une légende n’étant pas une histoire vraie, tout comme un conte, nous retrouvons ici la notion de fausseté, de tromperie en quelque sorte, vis-à-vis de la réalité mais transmettant malgré tout des vérités, sous forme déguisée. Le philosophe Gaston Bachelard disait : ‘ tout l’humain est engagé dans le mythe ‘. Le mythe est un récit tenu pour vrai, mais dans un système de croyances déterminées et en apparence opposé au discours rationnel, il s’oppose au logos (raison, parole). Le terme de mythologie (XVIe siècle) désigne d’ailleurs l’ensemble des mythes et légendes des diverses civilisations mais se rapporte également à des thèmes particuliers contemporains que l’on peut retrouver au sein de collectivités, comme par exemple les légendes urbaines.

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Calorifère, calorifuge, calorique et calorifique

Le point commun des 4 termes calorifère, calorifuge, calorique et calorifique, c’est qu’ils sont tous liés à la notion de chaleur, du latin calor = chaleur. Mais alors, quelles sont les différences ? Le nom masculin calorifère est surtout utilisé au Québec pour désigner un radiateur, mais au-delà de cette signification, un calorifère est de manière générale un appareil de chauffage par production d’air chaud (Dict. Larousse). Le terme calorifuge est quant à lui, selon les cas, adjectif ou nom masculin. Un calorifuge est un matériau destiné à empêcher la déperdition de chaleur. Ce matériau a donc des propriétés calorifuges (adjectif). Les matériaux calorifuges sont généralement tout ce qui permet l’isolation thermique des bâtiments (canalisations de chauffage, d’eau chaude, toitures, etc.). Le terme calorique, lui, est un adjectif. On parlera de calorie (nom féminin) mais non pas de calorique ! L’adjectif calorique désigne ce qui est relatif à la chaleur mais également énergétique (médecine et diététique). Une boisson calorique est une boisson qui apporte à l’organisme beaucoup de calories. Enfin, le terme calorifique (adjectif uniquement) désigne ce qui produit de la chaleur, qui produit des calories. Ne pas confondre avec calorique, qui en apporte ! On parlera donc d’énergie calorifique, à savoir d’énergie au pouvoir calorifique, qui produit de la chaleur (par exemple, un combustible).

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Incurable et incunable

Les termes (adjectifs ou noms selon les utilisations) incurable et incunable sont à différencier. Proches par l’écriture, ils sont très éloignés par le sens. Le terme incurable, du bas latin incurabilis avec le sens médical de curare = soigner (1314 Mondeville – Dict. Étym.), désigne le fait de ne pas être guérissable. Précisons que les verbe curer et récurer (nettoyer) possèdent la même origine. Exemples : Curer les  fossés, récurer des casseroles. Incurable signifie également incorrigible (à quoi il est impossible de remédier). Exemple : Cet homme est terriblement têtu, il est incurable. Le terme incunable quant à lui, du latin (mot au pluriel) incunabula = langes de nouveau-né, et par extension, berceau, lieu de naissance, désigne un ouvrage imprimé en Europe et antérieur au 1er janvier 1501, c’est-à-dire les origines de l’imprimerie occidentale. Cette date fut établie par convention afin de créer un repère historique, mais le terme d’incunable s’applique également aux livres d’aspect semblable jusqu’en 1530 (appelés parfois post-incunables). Le premier incunable typographique ayant été répertorié (il en existe environ 27 000 – British Library ISTC) fut la Bible à deux colonnes de 42 lignes, dite B42, fin 1454 (Gutenberg, Schöffer et Fust) en deux volumes et a nécessité 100 000 caractères et 290 signes typographiques pour son impression.

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Radis noir monnaie

Le radis noir (Raphanus Sativus) du latin radix = racine, est très apprécié pour ses vertus hépatiques, pour son action sur les affections cutanées et sur les troubles gastro-intestinaux, pour son rôle de prévention des troubles cardio-vasculaires. Il est utilisé depuis des millénaires, notamment en phytothérapie mais pas seulement ! Les Égyptiens de l’Antiquité s’en servaient comme monnaie. En effet, les hommes qui construisaient les pyramides étaient payés en radis noirs, oignons et gousses d’ail. Son huile était utilisée par les Romains pour guérir les affections de la peau. Les Chinois quant à eux, l’utilisent depuis longtemps pour aider la digestion et les Grecs l’entouraient d’or comme offrandes à Apollon. Charlemagne recommanda la culture du radis mais à part quelques traces au Moyen Âge, sa culture fut quasiment abandonnée et ne réapparût qu’au XVIe siècle en France. Pour en revenir à la notion d’argent, vous connaissez l’expression ‘ ça ne vaut pas un radis ‘ pour dire ‘ ça ne vaut rien ‘ ? Voilà, vous avez la réponse. L’expression fut attestée en 1842. Le nom de radis, dans le langage populaire, désigne une petite pièce de monnaie (1867 Delvau – Dict. Étym.), en raison de sa forme arrondie et du fait de sa petite taille, traînant facilement au fond des poches en compagnie d’autres petits légumes sans grande valeur. Exemple d’utilisation de l’expression : ‘ Tenez, mon pauvre garçon, reprenez votre chiffon de papier qui ne vaut pas un radis ! ‘ (Eugène CHAVETTE  – Les filles de l’épicier – 1881). Notons que cette expression est liée au radis rose, et non au noir. Vers 1900, on disait ‘ ça ne vaut pas un radis rose ! ‘. Certains cafés avaient également coutume d’offrir des radis pour donner soif et inciter à boire. Plus de radis, plus à boire !

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