Acolyte étymologie

Le sens actuel le plus utilisé du nom masculin acolyte possède une connotation clairement péjorative, puisque ce mot désigne le complice d’une mauvaise action. Il s’est en effet désacralisé au XXe siècle. À l’origine, le mot vient du latin chrétien acolythus emprunté au grec akolouthos, qui signifie serviteur, suivant. Le principe du serviteur est resté, mais pour une mauvaise cause. En 1175 (Charles de Troyes), ce terme désignait un clerc remplissant les bas offices. Dès le XVIIe siècle, par extension de sens, l’acolyte désigne ensuite un clerc qui sert le prêtre à l’autel, c’est le clerc qui a reçu le plus élevé des 4 ordres mineurs. Selon Sainte-Beuve (1834) : 1er ordre = portier, 2e ordre = lecteur, 3e ordre = exorciste et 4e ordre = acolyte. L’emploi religieux de ce terme est désormais de moins en moins usité.
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Chat haret

Un chat haret est un chat domestiqué qui est redevenu sauvage, mais ne doit pas être confondu avec un vrai chat sauvage (Felis silvestris), qui lui, n’a jamais été domestiqué et comporte plusieurs sous-espèces. La différence entre chat haret et chat domestique (Felis silvestris catus) se situe d’un point de vue éthologique, comportemental, le chat haret est un chat domestique qui se comporte comme un chat sauvage suite par exemple à un abandon, d’où un phénomène de marronnage (retour d’animaux domestiques à l’état sauvage). Le chat haret n’est pas une espèce en soi. L’adjectif masculin haret vient de l’ancien français harer, qui signifiait, chasser, exciter les chiens après une proie. Le chat haret vit des proies qu’il chasse, d’où cette dénomination. Le chat haret est également appelé chat féral. L’adjectif féral vient du latin fera = bête sauvage. En France, le chat haret n’est plus chassable depuis l’arrêté du 26 juin 1987 et n’est plus considéré comme nuisible depuis l’arrêté du 30 septembre 1988. Depuis ce temps, c’est le maire qui est seul responsable de la divagation féline (articles 213 Code Rural et L 131 2.8 Code des Communes).

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Apostasie étymologie

L’apostasie désigne, au sens propre du terme, l’abandon volontaire et public d’une religion pour une autre, et selon les Statuts d’Hôtels-Dieu en 1250, ‘ l’abandon public d’un état religieux ‘, autrement dit, pas tout seul dans son coin, c’est un acte que l’on peut qualifier de militant. L’apostasie concerne surtout la religion catholique mais le principe s’applique également aux autres religions. Le mot vient du latin ecclésiastique apostasia = abandon, défection, et emprunté au grec apostasia (apo = loin de, et stênai = se tenir). Par extension, l’apostasie désigne également l’abandon d’une doctrine voire d’un parti politique.

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Gandin origine

Le nom masculin gandin désigne un jeune homme parisien particulièrement élégant  sous le Second Empire essentiellement, une sorte de dandy ridicule. On voit aussi ‘ jeune gandin ‘ (Châteaubriant – ‘ Monsieur des Lourdines ‘ 1911), mais l’adjectif jeune est inutile, puisque le gandin est forcément jeune ! Le terme est apparu en 1710 (Charbot – Dictionnaire du Dauphiné, signifiant à l’époque, nigaud, niais). Flaubert, dans sa ‘ Correspondance ‘ de 1879, utilise même ce mot dans une expression : ‘ faire le gandin ‘, ce qui signifie faire des manières. Le mot gandin est entré dans le vocabulaire parisien au XIXe siècle et associé au boulevard de Gand (devenu ensuite le boulevard des Italiens), endroit particulièrement prisé des élégants qui s’y donnaient rendez-vous. Il fut mis à la mode ensuite grâce au personnage dénommé Paul Gandin (décrit comme un homme de lettres de 28 ans, dandy naïf, prétentieux et insouciant) de la pièce de Théodore Barrière, ‘ Les Parisiens ‘ en 1855 (jouée pour la première fois en décembre 1854), d’abord appelée  ‘Les Parisiens de la décadence ‘. Le gandin du XIXe siècle se distingue des dandys par son attitude décalée et assez ridicule, mais également par son nom qui n’a aucune connotation anglo-saxonne.
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Il y a belle lurette

L’expression  ‘ il y a belle lurette ‘ est apparue à fin du XIXe siècle, en 1877, et signifie ‘ il y a bien longtemps ‘. C’est une altération de ‘ il y a belle heurette ‘ = petite heure, diminutif de heure. L’adjectif belle indique un temps long (belle dans le sens de grande, longue). Belle Lurette est par ailleurs le nom de la dernière partition de Jacques Offenbach. La première de cet opéra-comique en trois actes écrit sur un livret d’Ernest Blum, inachevé, fut jouée le 30 octobre 1880 au Théâtre de la Renaissance à Paris à titre posthume, quelques jours seulement après le décès d’Offenbach (5 octobre). Les dernières répétitions furent dirigées par le compositeur Léo Delibes, qui par ailleurs acheva l’oeuvre.

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Suppôt du diable et suppositoire

Le nom masculin suppôt date du XIIIe siècle et désigne un subordonné, un subalterne, qui se trouve donc au-dessous dans la hiérarchie, le mot vient du latin suppositus (même signification). Les suppôts du diable (ou suppôts de Satan) sont les démons qui l’aident à réaliser ses maléfices, ils sont à ses ordres. Dans le langage populaire, on dira de quelqu’un que c’est un suppôt du diable s’il défend des causes peu défendables, s’il est complice des mauvaises actions ou desseins peu louables de quelqu’un. C’est, quoi qu’il en soit, quelqu’un de malfaisant en ce qui concerne cette expression. Historiquement, au Moyen Âge, un suppôt était un vassal, il était au service du seigneur, inférieur à lui hiérarchiquement, là aussi. Le terme de suppôt désignait également une personne qui appartenait à un corps (dans le sens de compagnie) et qui effectuait les tâches subalternes.

Quant au nom masculin suppositoire (inutile d’expliquer ici ce que c’est, tout le monde connaît), son étymologie est pratiquement la même, il est connu depuis le XIIIe siècle et vient du latin suppositorius = placé en dessous. Eh oui !

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En rang d’oignons, d’oignon ou d’Ognon ? Origines de l’expression

Doit-on écrire cette expression qui signifie ‘ sur une seule ligne ‘ : en rang d’oignons, en rang d’oignon ou en ‘ rang d’Ognon ‘ ? Les 3 écritures sont correctes. En effet, au XVIe siècle, le baron d’Ognon (Artus de la Fontaine-Solaro, également seigneur de Vaumoise), une petite ville du département de l’Oise, organisait régulièrement des festins à la cour royale des Valois et la particularité de son protocole consistait à ranger les invités selon leur rang social. Ces fêtes eurent lieu sous 4 rois : Henri II, François II, Charles X et Henri III. Certains d’entre eux n’appréciaient pas du tout cette façon de faire (les moins bien placés, en toute logique) et considéraient qu’ils étaient mis en rangs d’Ognon (du nom de la ville), en rapport avec les oignons (le légume) que l’on place de manière bien alignée dans les jardins potagers. Les oignons sont aussi assemblés généralement en bottes en mettant les plus gros d’abord, et les autres ensuite, d’où la ressemblance avec les rangs que faisait le baron d’Ognon lors de ses festins. Cependant, le bibliographe et médiéviste Antoine Le Roux de Lincy  (1806-1869) attribue quant à lui l’origine de l’expression à la façon de lier les oignons (‘ Ne vient-il pas tout simplement de la manière dont les gens de la campagne assemblent les oignons avec des liens de paille, en plaçant les plus gros les premiers, et ensuite les autres ? ‘ Cf. Prov. t. II, p. 58.). Dernière précision, oignon (le légume) peut être écrit ognon depuis les rectifications orthographiques de 1990. Les deux écritures existent donc, aucune n’est considérée comme erronée. De même on peut écrire indifféremment en rang d’oignons ou d’oignon (pluriel ou singulier). Personnellement je préfère le pluriel dans la mesure où il y a quand même plusieurs oignons dans un rang, c’est logique, non ? Ou tout simplement rang d’Ognon en référence au baron d’Ognon et à ses fêtes au protocole bien particulier !
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Etrennes origine et histoire

Début janvier (mais aussi fin décembre), il est généralement coutumier de donner des étrennes à certaines personnes comme le gardien d’immeuble, le facteur, les pompiers etc., de moins en moins cependant, crise oblige ! Dans ce cas précis, le nom (féminin) est toujours utilisé au pluriel : des étrennes. Attention, il faut savoir qu’elles ont été interdites par l’Assemblée nationale constituante le 29 novembre 1789 pour les agents de l’État. En effet, elles sont associées à la notion de corruption. Par exemple, le site Internet de la mairie du 13ème arrondissement de Paris exprime clairement ceci : ‘ Il est interdit aux agents municipaux (éboueurs, égoutiers, etc.) de faire des quêtes et de demander des étrennes ‘, et cette interdiction est valable pour Paris tout entierUn arrêté préfectoral du 2 décembre 1955 l’interdit. La démarche est tout de même tolérée généralement par les communes et il n’est pas interdit par exemple de vendre des calendriers (facteur, pompiers…) sauf à Paris (selon l’avis préfectoral susmentionné).

Aux origines, le nom étrenne (XIIe siècle) vient du latin strena (associé à la déesse  romaine de la santé Strena), qui signifie bon présage, et donc par extension, cadeau à titre d’heureux présage. Les étrennes se sont surtout développées sous l’Empire romain sous forme de don de nourriture, de vêtements, d’argent voire d’objets précieux. L’auteur et aristocrate romain Symmachus (Symmaque – IVe siècle), ardent défenseur du paganisme, rapporte que les étrennes furent introduites par le roi Tatius Sabinus en recevant le premier, de la part de la déesse Strenia, la verbène (= verveine) du bois sacré, signe de bon augure pour l’année qui démarre. Dans la mesure où l’origine des étrennes est païenne, l’Église catholique en a condamné la pratique, jugée diabolique et reste de paganisme notamment par Saint Augustin, et par le Concile d’Auxerre en 587. Les différentes condamnations historiques n’ont cependant aucunement empêché la tradition de perdurer jusqu’à nos jours.

Mais le mot étrenne (féminin aussi) existe aussi, dans le cas où l’on utilise quelque chose pour la première fois : avoir l’étrenne de… étrenner un vêtement, le mettre pour la première fois. Au sens familier, étrenner signifie être le premier à subir un inconvénient : ah ben voilà, il a renversé son verre sur sa nouvelle chemise, il l’a bien étrennée !

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Bûche de Noël origine

Autrefois, la bûche de Noël n’était pas un gâteau ! Elle devait être en bois de chêne et assez grosse pour tenir toute la journée du solstice d’hiver (origine de la fête de Noël – voir mon article à ce sujet), la veille mais aussi les douze jours suivants si possible, jusqu’à l’Épiphanie, mais au moins jusqu’au Nouvel an. Si l’âtre était trop petit, on brûlait la bûche par morceaux dans les braises d’un bois précédent. La signification : brûler la bûche, c’était libérer le soleil. Selon une coutume datant du XIIe siècle en Europe (surtout en France et en Italie), la bûche était arrosée d’huile, de sel et de vin cuit, le maître de maison récitait des prières de circonstance, souvent c’était les filles ou la mère qui avaient le privilège d’allumer le feu et les cendres étaient ensuite censées protéger la maison de la foudre et des maléfices éventuels. La bûche de Noël portait le nom de il ceppo en Italie. Dans les pays du Nord, avait lieu la fête du feu, Licht chez les anciens Germains, Yule Log (feu d’Yule) chez les druides. Yule signifie roue, c’est un symbole païen qui représente le soleil. Les tout premiers chrétiens y ont substitué la Sainte Luce (13 décembre), du latin luxluxis = lumière.
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Noël et le solstice d’hiver

A notre époque, beaucoup de gens associent Noël à une fête chrétienne. Or son origine est païenne, c’est entre autres un héritage de la Rome antique. Le solstice d’hiver marque la fin de l’année solaire et cela donnait lieu à diverses célébrations liées au culte de Saturne, dieu des semailles et de la fertilité, ce sont les Saturnales. Pendant 7 jours, les familles s’offraient des figurines de pain ou de terre cuite. Comme vêtement, c’est la tunique qui était portée, symbole de pauvreté et on coiffait le pileus libertatis des esclaves affranchis (qui sera plus tard à l’origine du bonnet phrygien des révolutionnaires de 1789). Jules César a réformé le calendrier lunaire, décidant d’adopter le calendrier solaire (le calendrier julien dont est issu notre calendrier). A cette occasion, on fixa le solstice au 25 décembre alors qu’il avait lieu en réalité le 21 décembre. Cette fête fut ensuite reprise par la religion chrétienne, quand le Pape Libère décréta en 354 qu’au 25 décembre, on célébrerait désormais la naissance du Christ comme ‘ lumière du monde ‘, de manière à supplanter les Saturnales romaines, le Culte des morts (germanique) et la célébration du Solstice d’hiver par les Celtes. Cependant, rien ne prouve la véracité de cette date de naissance. Voici quelques autres détails sur l’origine de Noël (parmi d’autres qu’il serait trop long ici d’expliquer). Un siècle avant JC., à Rome on célébrait le culte de Mithra, qui était la divinité perse de la lumière, et au solstice d’hiver on sacrifiait un taureau en son honneur. Chez les Celtes, il s’agissait de la fête d’Yule, marquant l’époque de la nuit la plus longue et du jour le plus court de l’année. On y fêtait la renaissance du soleil, impliquant le début d’une nouvelle vie. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre, Noël n’a rien de chrétien au départ.
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