Pèle, pelle, peller

Pèle = présent de l’indicatif à la première et à la troisième personne du singulier : je pèle, il/elle/on pèle une pomme. Peler signifie enlever la peau d’un fruit ou d’un légume, l’éplucher. Dans le langage familier, dire qu’il pèle dehors, c’est signifier qu’il fait très froid, comme si ça allait peler notre peau. Peler de froid. Attention, ne pas confondre avec le verbe peller, qui signifie pelleter, parlant de la neige : peller la neige (surtout en Franche-Comté et en Suisse), la déplacer avec une pelle (outil).

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Fourbi origine

Du fourbi, tout le monde en a plus ou moins dans une pièce de sa maison, c’est un ensemble d’objets sans véritable valeur et surtout sans utilité qu’on entasse et qu’on oublie souvent de ce fait ! Mais à l’origine, qu’est-ce qu’un fourbi ? Parce que vous imaginez bien que le mot n’est pas tombé du ciel comme ça par enchantement, il a bien une raison d’être. En argot militaire, le fourbi désignait le paquetage du soldat, à savoir l’ensemble de ses armes et tout son équipement, en réalité tout ce qui devait être fourbi (du verbe fourbir = nettoyer, astiquer), mais également ses vêtements et autres affaires. Le mot fourbi vient de fourby (1542), qui désigne une sorte de jeu de cartes (Rabelais – Gargantua), qui se mélange bien évidemment, comme les affaires constituant le fourbi que nous connaissons. Par extension, un fourbi désigne populairement une situation embrouillée, pas très claire, un trafic malhonnête (cf. Courteline – Ronds-de-cuir – 1893).

 

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Empreint ou emprunt ?

Empreint ou emprunt ? Les deux mots existent. Empreint est le participe passé du verbe empreindre. Exemple : ce poème est empreint de sensibilité = ce poème est empli de sensibilité. Empreindre, c’est aussi marquer en creux ou en relief par pression, laisser des empreintes, imprimer (du latin imprimere). Emprunt désigne l’action d’emprunter. Exemple : un emprunt de livre à la bibliothèque. En linguistique, un emprunt désigne un élément de mot ou un mot entier pris à une autre langue.

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Tabac étymologie et histoire

Le tabac, tout le monde connaît, mais l’origine du mot, pas forcément ! Il vient de l’espagnol tabaco emprunté à la langue des Arawaks d’Haïti (1555) : le tzibatl était un double tuyau qui servait à inhaler la fumée du tabac. Au XVIe siècle en France, on utilisait le mot espagnol (tabaco), pour faire concurrence au mot pétun (issu du tupi, langue disparue, parlée autrefois au Brésil et dans certaines régions de l’Amazonie). Le pétun (mot désormais désuet) désigne par extension tout ce qui se fume, y compris le ‘ pétard ‘… ^^ C’est seulement au XVIIe siècle que le mot tabac fut utilisé couramment en France. Concernant l’histoire du tabac et de son introduction en Europe, cette plante est originaire d’Amérique méridionale, les Indiens l’utilisaient à des fins médicinales mais en fumaient également les feuilles séchées et préparées. Le tabac était aussi utilisé par les prêtres lorsqu’ils rendaient leurs oracles. C’est en 1515 que Christophe Colomb envoya les premières graines de tabac en Europe. Il y fut ensuite fumé puis prisé. L’explorateur et géographe (‘ cosmographe ‘ officiel du roi en 1560) français André Thévet rapporta lui-même des graines de ‘ pétun ‘ en France en 1556 et en décrivit les effets sur les Indiens sans oublier de l’expérimenter personnellement (Singularités de la France antarctique – 1558). Originaire d’Angoulême, il en planta dans sa région et nomma la plante ‘ herbe angoulmoisine ‘. De son côté, Jean Nicot (d’où le nom de nicotine) attribua des vertus curatives au tabac et en envoya de la poudre à la reine Catherine de Médicis pour traiter les migraines de François II, son fils. Vu le succès apparent du traitement, on appela le tabac ‘ l’herbe à Reine ‘ et il fut vendu ensuite aux apothicaires (ancêtres des pharmaciens). Le duc de Guise décida d’honorer Jean Nicot et nomma le tabac : nicotiane. Le botaniste Jacques Daléchamps retint cette proposition dans son livre ‘ Histoire générale des plantes ‘.
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Baroud d’honneur

Faire son baroud d’honneur signifie que le combat mené pour défendre une cause est désespéré mais que pour l’honneur, on le livre une dernière fois. Mais d’où vient ce mot : baroud ? Il vient d’un mot appartenant au dialecte berbère du sud marocain (le chleuh appelé aussi la tachelhit) barud, qui désigne la poudre explosive. Le rapprochement est donc vite fait entre l’étymologie du mot et son emploi final. En argot militaire, ce mot (baroud) est utilisé depuis 1924, désignant plus particulièrement une bataille : aller au baroud = aller au combat. Mais dans le langage courant, hors militaire, il s’agit bien d’une lutte perdue d’avance, qui n’a rien à voir avec les armes.

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Technique et technicité

La technicité (mot apparu en 1859 – Dictionnaire Mozin) désigne le caractère de ce qui est technique, le caractère technique d’une expression, d’un article ou d’un livre. Par exemple, on parlera de la technicité d’un manuel sur les fluides frigorigènes. La technicité désigne également l’avance technologique de quelque chose, par exemple la technicité d’un matériel particulier, comme un engin spatial de haute technicité. Enfin, la technicité s’applique également à certains métiers, concernant le savoir-faire, l’habileté d’un spécialiste (ou groupe de spécialistes) dans un domaine qui met sa technicité au service de l’entreprise pour laquelle il travaille. Le mot technique est apparu plus tôt (1721 Trévoux sous sa forme adjectivale et 1744 Bassuel sous sa forme nominale – Dict. Étym.) vient du latin technicus issu du grec ancien tekhnikos = industrieux, habile.

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Référent ou référant ?

Dans le langage informatique, un référant (avec un A), plus généralement exprimé en anglais (referer), désigne une information transmise à un serveur par le clic d’un internaute sur un lien. De même, en conjugaison, référant (avec un A aussi) est le participe présent du verbe référer. Exemple : se référant au dictionnaire, il a trouvé la bonne orthographe de ce mot. Dans tous les autres cas, référent (du latin referre = rapporter) s’écrit avec un E, qu’il s’agisse du nom masculin désignant en linguistique un être ou un objet (réel ou imaginaire) auquel renvoie un signe linguistique, ou plus simplement ce que désigne le nom, l’élément du monde qui est désigné par un signe bien précis, ou qu’il s’agisse de l’adjectif, ou nom selon les cas (masc. référent – fém. référente), utilisé fréquemment dans le langage courant pour désigner une personne ou un service compétent qui exerce une mission spécifique auprès d’un groupe particulier. Un médecin référent (adjectif). Un référent national (nom). C’est une personne à qui l’on doit se référer pour obtenir telle ou telle chose dans un cadre précis.

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Avoir un violon d’Ingres

Avoir un violon d’Ingres signifie avoir un passe-temps favori à connotation talentueuse, en dehors de son activité principale. Mais pourquoi un violon ? Pourquoi d’Ingres ? L’origine en est simple, elle est due au très renommé portraitiste Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), reconnu notamment par Baudelaire pour sa ‘ rigueur de chirurgien ‘, qui au XIXe siècle aimait particulièrement jouer du violon en amateur, pour son plaisir et avec un tel talent qu’il fut à une époque deuxième violon à l’Orchestre du Capitole de Toulouse. L’expression est apparue au début du XXe siècle. On dit aussi : avoir un dada (cf. l’écrivain satirique irlandais Laurence Sterne : hobby-horse = idée fixe – cheval = dada), une marotte. En anglais, on parlera de hobby.

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Imbécillité ou imbécilité ?

Comment écrire ce mot ? Imbécillité (avec 2 L) ou imbécilité (avec un seul L) ? Réponse : imbécillité (avec 2 L). Pourquoi ? Bien que le nom imbécile ne prenne qu’un seul L, ce qui justement provoque le doute généralement, imbécillité prend 2 L, parce que le mot vient du latin imbecillitas (1355) avec 2 L, désignant la faiblesse de corps au sens propre mais également le manque de ressources et d’énergie psychique au sens figuré. Le mot imbécile (du latin imbecillus) existe depuis le XVe siècle mais signifie stupide depuis le XVIIe siècle. Il ne prend qu’un seul L pour la bonne raison que s’il en prenait 2, la prononciation serait différente, comme par exemple : brille, fourmille, fille. Au départ cependant, en moyen français, il prenait 2 L. Ce n’est qu’en 1798 que l’Académie française fixe son orthographe avec un seul L dans son dictionnaire, précisément pour éviter la prononciation en -ille.

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Le code navajo

La langue navajo (des Navajos, tribu amérindienne parmi les plus anciennes) est une langue orale très complexe. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les communications radio entre soldats américains se faisaient généralement en anglais, à cause de la lenteur de leur système de cryptage électromécanique (SIGABA) qui ralentissait la transmission des informations urgentes sur le terrain. Mais ils se sont aperçus, suite à l’attaque surprise de la base de Pearl Harbour en 1941, que beaucoup de responsables militaires japonais comprenaient cette langue (un certain nombre d’officiers avaient fait des études aux USA) et allaient jusqu’à envoyer de faux messages pour troubler l’armée américaine. Il était donc urgent de réagir. Dans ce contexte, l’ingénieur californien Philip Johnston eut l’idée de créer, pour le cryptage des messages, un code en utilisant comme base la langue navajo, que les Allemands ne parlaient pas et qui n’avait aucun lien de parenté avec les langues européennes ou asiatiques. Cette langue étant orale, il a fallu créer un lexique spécifique qui comportait 274 mots, et le code fut ainsi inventé. Les Allemands n’arrivèrent jamais à le briser. Plus tard, en 2002, John Woo s’inspira de ce fait historique dans le film Windtalkers (ce qui signifie en français : les messagers du vent).

 

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