Différence entre pistil et étamine

Le pistil et les étamines sont les organes reproducteurs des fleurs. Mais il y a un petit piège qui incite à se tromper sur leur genre, mâle ou femelle. En effet, le nom pistil est masculin, on dit un pistil, il est tentant de penser que c’est l’organe reproducteur mâle, ce qui est faux, il s’agit de l’organe femelle. Quand au nom étamine, il est féminin, on dit une étamine.

Or les étamines (il y en a plusieurs sur une fleur) sont les organes reproducteurs mâles de la fleur et se situent entre le pistil et les pétales. Un moyen mnémotechnique simple pour vous en souvenir, le nom masculin désigne l’organe femelle et le nom féminin, à l’inverse, désigne l’organe mâle. Attention, concernant le terme pétale aussi, il y a souvent erreur, pétale est un nom masculin, on ne dit pas une pétale mais UN pétale ! Les étamines libèrent le pollen et le pistil le reçoit.

Côté étymologique, voici l’origine de ces deux termes, pistil et étamine. Les deux termes sont attestés depuis le XVIIe siècle (dictionnaire de l’Académie française). Le mot pistil vient du latin pistillus (= pilon), dérivé de pinsare (= broyer, piler). On l’appelle aussi gynécée, du grec gynaikeion (= gynè femme et oikos maison). Le mot étamine vient du latin scientifique impérial stamina, pluriel de stamen (= fil). Précisons qu’autrefois, les moines portaient une chemise de laine donc faite de fils (latin médiéval staminea), et l’étamine de laine existe toujours, réputée pour sa souplesse, sa légèreté et sa douceur.

Dernière petite précision, toutes les fleurs ne possèdent pas de pistil et d’étamines, ce sont celles qui ne sont pas hermaphrodites (mâles et femelles), certaines sont mâles et n’ont pas de pistil, d’autres sont femelles et n’ont pas d’étamines. Par exemple, le kiwi et le pistachier ont soit des fleurs mâles, soit des fleurs femelles, appelées fleurs gonochoriques, terme issu du grec ancien gonos (= semence) et khôrismos (= séparation).

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Alphabet, esperluette, consonne et voyelle

L’alphabet latin utilisé par la langue française comporte à notre époque 26 lettres. Il est issu de l’alphabet grec, qui en comporte 24. C’est en réalité un mélange des écritures sémite, grecque et étrusque. En effet, ce sont les marchands phéniciens de Méditerranée qui en sont à l’origine et les premiers textes en écriture latine datent du VIe siècle avant notre ère. Alors précisons que jusqu’à la fin du XIXe siècle, notre alphabet comportait 27 lettres, la dernière étant le signe typographique &, qui veut dire « et » et qui existe toujours d’ailleurs, il s’agit de l’esperluette, perluette ou « et commercial », que l’on retrouve souvent dans le nom de sociétés du style XXX Père & Fils ou XXX & YYY, ainsi que dans le langage informatique. Ce signe résulte de la ligature du e et du t et est utilisé dans plusieurs langues, notamment en anglais, où il est appelé ampersand.

Du côté de son étymologie, le nom masculin alphabet vient du bas latin alphabetum, lui-même issu du grec alphábêtos, qui correspond aux deux premières lettres de l’alphabet grec α (= alpha) et β (= bêta). Il est constitué de voyelles et de consonnes.

Le nom féminin voyelle vient de l’ancien français vouel, issu du latin vocalis, signifiant « qui émet un son ». En effet, les voyelles expriment les voix et se suffisent à elles-mêmes d’un point de vue vocal, elles se manifestent par des sons clairs. On peut prononcer tout seul un a, un e, un i, un o ou un u. Le cas du y est différent, bien que considéré comme une voyelle. En effet, le y fut qualifié aussi de ce que l’on appelle une semi-voyelle. Selon les cas, cette lettre peut effectivement être utilisée comme voyelle car elle se prononce « i », mais aussi comme consonne, notamment en anglais (exemples : you, yacht). Elle correspond à la vingtième lettre de l’alphabet grec, upsilon. Le y peut aussi constituer à lui seul un mot : « y » en tant qu’adverbe désignant un lieu (j’y vais). Dans le mot « ennuyer » par exemple, le y se prononce comme s’il y avait deux i (ii), le premier finissant la première syllabe, et le deuxième démarrant la deuxième syllabe (précisions dans le Dictionnaire de l’Académie française), donc il pourrait être vu comme une consonne de ce fait. D’anciens manuels scolaires désignaient ainsi le y comme semi-voyelle mais ce n’est plus le cas. Pour résumer, cette lettre très particulière qu’est le y est donc cependant bien considérée officiellement comme une voyelle dans la langue française.

Le nom féminin consonne quant à lui vient du latin consona, de consonus (= qui sonne avec), de cum et sonus (= son), dont le son est joint à celui de la voyelle. Une consonne ne peut en effet pas se prononcer seule, elle doit obligatoirement être associée à une voyelle. Concernant les consonnes, il en existe un type particulier, ce sont les consonnes finales muettes. Elles furent généralement introduites dans la langue française au XVIe siècle par ce que l’on appelle la relatinisation, procédé qui consiste à remodeler un mot sur une base étymologique latine pour des raisons liées à la compréhension et éviter des confusions homographiques. Exemple : le mot puits, datant du XIIe siècle issu de l’ancien français puiz (= fontaine, source) qui désigne là où l’on tire de l’eau s’écrivait autrefois puis, et précisément pour éviter de le confondre avec l’adverbe de temps puis (= ensuite), un t lui a été rajouté en rapport avec son étymologie latine puteus désignant un trou, une fosse.

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Différence entre dureté et durabilité

Dureté et durabilité, voici deux termes souvent confondus. La dureté est la propriété de ce qui est dur, résistant au toucher, aux rayures (dureté d’un matériau, pierre, métal…) mais aussi, concernant l’eau, sa qualité renfermant certains sels comme par exemple du calcium, et ne produisant pas de mousse avec le savon. La dureté s’oppose à la tendreté (et non pas la tendresse !). Les gemmologues, spécialistes des pierres précieuses, utilisent l’échelle de Mohs, inventée par le minéralogiste allemand Friedrich Mohs en 1812 pour déterminer la dureté d’une pierre. Plus la dureté est élevée, meilleure est la durée de vie d’un matériau.

La durabilité est le caractère de ce qui est durable, notion de temps qui n’a donc rien à voir avec la dureté. Précisons que pour les pierres précieuses, leur durabilité dépend de plusieurs facteurs : leur dureté (résistance aux rayures), leur ténacité (résistance à la contrainte mécanique, à la pression, aux chocs) et leur stabilité (résistance aux éléments extérieurs comme la chaleur, les produits chimiques, le sel, la lumière).

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Différence entre merroir et terroir

Voici deux termes à ne pas confondre, merroir et terroir. Dans merroir il y a « mer », dans terroir il y a « terre ». Le terme merroir, peu usité, est ce que l’on appelle un mot-valise constitué de mer et terroir, plus simplement il désigne le terroir de la mer. Il s’agit d’un territoire communautaire marin situé dans une zone côtière mais aussi d’un site d’ostréiculture dont les huîtres sont réputées avoir une saveur particulièrement distinctive, tout comme pour le vin issu des différents vignobles. Concernant le merroir, l’eau, la richesse des sédiments argileux, le climat mais également la manière de travailler donneront un goût particulier aux huîtres et moules en fonction de leur emplacement.

Le terroir, mot issu du latin populaire terratorium, qui est une altération du latin classique territorium = territoire, désigne un territoire homogène (une région ou partie de région) caractérisé par une production agricole spécifique tant en culture qu’en élevage.

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Différence entre avent et avant

Avent et avant, voici deux mots qui se prononcent de la même façon, ce sont des homonymes et leur sens est très différent, pourtant beaucoup se trompent en les écrivant.

L’avent, parfois écrit à tort avec un A majuscule alors qu’il faut une minuscule, parce que désignant une courte période et non une fête unique (d’un seul jour, là il faudrait une majuscule comme Noël par exemple), désigne un temps liturgique dans la religion catholique de quatre semaines précédant la fête de Noël. Ce terme d’avent vient du latin chrétien adventus, lui-même dérivé du latin classique advenire = arriver. L’avent marque donc l’arrivée, la naissance, l’avènement de Jésus Christ. Donc attention à l’orthographe. Avent s’écrit avec un « e » en raison de son origine liturgique, et non chronologique comme le terme « avant », qui lui prend un « a », signifiant « plus tôt ».

Avant quant à lui peut être selon les cas un adverbe (ex : nous étions partis avant), un adjectif invariable (ex : le train avant), un nom masculin (ex : l’avant d’un bateau) ou une préposition (ex : avant l’arrivée de la pluie). Il vient du bas latin abante, de ab (en partant de) et ante (devant, antérieur). Il indique une relation spatiale (devant), une relation temporelle (antérieur à) ou une relation de valeur, liée à une hiérarchie (au-dessus de, plus gradé que…).

Désormais, avec ces explications, logiquement vous ne devriez plus vous tromper si c’était le cas « avant ».

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Différence entre langue et langage

Langue et langage, en voilà deux termes qui se ressemblent mais n’ont d’une part pas la même signification, d’autre part dont l’étymologie est différente. Précisons également que la langue est un langage mais le langage n’est pas une langue, c’est un moyen de communication qui utilise des signaux pour envoyer une information (langage des animaux, langage informatique, juridique…).

Côté étymologie, le nom masculin langage vient du provençal lengatge, qui signifie « manière de s’exprimer propre à un groupe ». Attention à l’orthographe, ne pas l’écrire « language », qui est un mot anglais. Le nom féminin langue trouve son origine quant à lui dans le latin lingua, terme de même signification. Il est lié à l’organe utilisé pour parler, à savoir la langue. La langue est l’outil du langage pour les humains, nécessaire à la vie sociale.

Le langage est inné tandis que la langue est acquise.

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Eau distillée et eau déminéralisée

Il existe plusieurs sortes d’eau : l’eau du robinet, l’eau en bouteille, l’eau douce des fleuves, rivières, ruisseaux, étangs, lacs, l’eau de mer, l’eau de pluie, mais aussi l’eau distillée et l’eau déminéralisée. Ces deux dernières sont en fait des eaux purifiées obtenues par un traitement physique qui en supprime les impuretés. Les minéraux qu’elles contiennent sont supprimés de l’eau distillée et de l’eau déminéralisée. Il existe cependant quelques différences.

L’eau déminéralisée appelée aussi parfois déionisée, est partiellement voire totalement débarrassée de ses ions (atomes ou groupes d’atomes portant une charge électrique, parce que leur nombre d’électrons est différent de leur nombre de protons) par l’intermédiaire d’un traitement électrique. On l’utilise par exemple dans les fers à repasser.

L’eau distillée, en revanche, et comme son nom l’indique, est issue quant à elle d’un procédé de distillation avec un distillateur. La distillation consiste en la mise à ébullition de l’eau pour reproduire le phénomène naturel d’évaporation et obtenir de la vapeur. C’est le processus de séparation des composants d’un mélange en fonction de différents points d’ébullition. L’eau distillée est ainsi exempte de sels minéraux et de microorganismes et ne contient plus que des gaz dissous tels que O2 et CO2.

L’eau distillée est plus pure que l’eau déminéralisée. Toutes les deux sont des eaux dites potables.

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Asperges de Rommel et poutres en bois

Au début de l’année 1944, pendant la Seconde Guerre mondiale, le maréchal allemand Erwin Rommel avait conçu des dispositifs destinés à empêcher l’arrivée des Alliés dans le nord-ouest de l’Europe. Voici quelques détails.

Les asperges de Rommel (Rommelspargel) sont des pieux en bois de 4 à 5 mètres dont certains surmontés d’une mine Teller (mine antichar de fabrication allemande) ou d’une grenade, plantés à distance régulière essentiellement dans les champs bordant le littoral mais également certaines plages. Il s’agissait à la base d’un dispositif de défense aérienne destiné à briser les planeurs en bois et déchirer leurs ailes avant même qu’ils ne s’écrasent.

Les pieux en bois (Hochpfähle, Holzpfähle ou Hemmbalken) réunis par des barbelés en sont une déclinaison surtout utilisée sur le sable des plages. Ils étaient destinés à faire obstacle aux péniches de débarquement et entraver une invasion amphibie. Il en existe encore, toutes ces structures n’ont pas été détruites et ressurgissent lors de tempêtes, entre autres récemment à Erdeven (Morbihan) après la tempête Ciaran de novembre 2023 provoquant un mouvement important de sable. C’est en raison de leur présence d’ailleurs, qui était connue, que le Débarquement allié de juin 1944 fut planifié de préférence à marée basse afin de les éviter. Ces installations n’ont au final pas été efficaces.

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Histoire du stylo

Tout le monde utilise des stylos pour écrire, mais en connaissez-vous l’histoire ? Les tout premiers datent de l’Antiquité. Il ne s’agissait bien sûr pas de stylos à bille, apparus quant à eux à la fin du XIXe siècle. On utilisait autrefois des calames, du latin calamus = roseau. Il s’agissait de roseaux taillés ayant notamment servi pour les premières écritures cunéiformes, petits triangles caractéristiques dus à l’enfoncement du calame sur des tablettes en argile, environ IVe siècle avant notre ère en Mésopotamie.

Le calame est utilisé également pour les calligraphies sur papyrus ou parchemin en le trempant dans de l’encre. Le nom stylo vient quant à lui du grec ancien στῦλος, stŷlos = colonne, pilier. Il est l’abréviation de stylographe : stylus et graphe. Dès le  VIe siècle, des plumes d’oiseau furent utilisées pour l’écriture puis des plumes en acier au XIXe siècle.

Le stylo à plume de métal apparut donc au début du XIXe siècle, grâce au dépôt d’un brevet de « plume portable » le 25 mai 1827 à Paris par l’inventeur roumain Petrache Poenaru. Bien plus tard, en 1884, l’inventeur américain Lewis Edson Waterman déposa plusieurs brevets de stylos à plume avec réservoir d’encre.

Le stylo à bille quant à lui fut breveté pour la première fois en 1888, inventé par le tanneur américain John J.Loud. Son système consistait à insérer une bille dans un tube à encre, ce qui lui permettait d’écrire facilement sur les peaux en cuir brut rugueux qu’il tannait. Le problème était que l’encre séchait vite et donc le système, bien qu’ingénieux, n’était pas encore tout à fait au point. Puis en 1919, l’inventeur français Mr Pasquis présenta au concours Lépine un modèle plus élaboré qui remporta le 1er prix mais qui demandait encore quelques améliorations. En 1938, les frères hongrois Biró (le journaliste László Biró et son frère chimiste György) déposèrent un brevet où cette fois, la bille se situait à la pointe du stylo, principe encore utilisé de nos jours.

Et enfin en 1953, l’industriel franco-italien Marcel Bich inventa ce qui est devenu le véritable « stylobille » (terme apparu en 1956 dans le Science et Vie N° 460)  au prix économique et accessible à tous sous une marque mondialement connue qui existe toujours. Marcel Bich avait amélioré le design du stylo des frères Biró, inspiré par une brouette dans son propre jardin dont il avait observé la roue. Il imagina alors le roulement de la bille permettant à l’encre de s’écouler facilement quand on pressait le stylo sur le papier. Quoi de plus simple au final, mais il fallait en avoir l’idée !

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Histoire du cartable

Septembre, mois de la rentrée, on sort les cartables ! Mais comme bien des mots utilisés couramment, se pose-t-on pour autant la question de connaître leur origine, leur histoire ? C’est le sujet de cet article à propos justement du cartable. Le mot cartable, substantif masculin, vient du latin vulgaire cartabulum dérivé lui-même de charta, qui veut dire papier, carte. Le mot carton possède d’ailleurs la même étymologie. À l’origine, il désignait un grand portefeuille dans lequel on y rangeait des feuilles. Il désignait également un grand buvard de bureau servant de sous-main.

Le cartable tel que nous le connaissons est apparu avec la loi du 28 mars 1882 rendant notamment l’enseignement primaire obligatoire (Jules Ferry) pour les filles et garçons de 6 à 13 ans révolus, que cet enseignement soit fourni à l’école ou à la maison par une personne compétente.

Selon les régions, les premiers cartables étaient fabriqués en bois (régions montagneuses essentiellement) et ils pouvaient également servir dans ce cas de bancs voire de luges pour les élèves. Les anciens cartables pouvaient aussi être confectionnés en toile et portés en bandoulière. Ils étaient tous faits maison, cousus main avec les moyens du bord, il n’existait pas encore de magasins spécialisés. Puis dans le courant du XXe siècle, apparurent les cartables en carton bouilli (entre-deux-guerres) et en cuir (certains de ces derniers comportant des bretelles). Ils servaient non seulement à y mettre du papier, un plumier, une ardoise, une craie, un livre et quelques billes et osselets, mais également à y ranger le casse-croûte du midi, les distances pour aller à l’école étant souvent importantes, les enfants partant le matin de bonne heure et ne rentrant à la maison qu’en fin de journée après souvent plusieurs kilomètres de marche. Les cartables servaient plusieurs années et se passaient entre frères et sœurs.

Dès les années 70, arrivèrent sur le marché les cartables en plastique. Ce n’est que dans les années 80 qu’apparurent les sacs à dos de toile ainsi que des sacs à roulettes à l’image des valises modernes pour préserver le dos des élèves.

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