Epépineuse : un métier

Il existe des appareils appelés épépineuses pour collecter le jus et la pulpe des fruits en retirant la peau et les pépins, permettant de fabriquer ensuite des coulis, confitures, gelées ou sauces. Le travail est mécanique, on peut le faire chez soi avec la machine. Cependant, il existe un métier bien particulier qui concerne notamment le traitement des groseilles dans les entreprises artisanales spécialisées dans la fabrication de confiture. On le trouve surtout en Lorraine, région très productrice de groseilles : l’épépineuse manuelle. Cette tradition unique au monde depuis 1344 consiste à épépiner les groseilles à la plume d’oie de manière à garder la consistance du fruit, pépin par pépin (7 en moyenne par groseille), au millimètre près. Les professionnels venant désormais du monde entier sont formés à Bar-le-Duc, bien que les épépineuses se transmettent la tradition de mère en fille (oui ce sont essentiellement des femmes, à la base). La plume d’oie qui sert à épépiner les groseilles est taillée en biseau puis mise à détremper dans un bain d’eau.
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Différence entre pêche, abricot, prune, nectarine et brugnon

L’abricot, la pêche et la prune sont faciles à reconnaître, mais que sait-on du brugnon et de la nectarine ? Le brugnon est le fruit d’une variété de pêcher, le brugnonier (Prunus persica var. nucipersica). Sa peau n’a pas de duvet, contrairement à la pêche, mais son noyau adhère à la chair. Le terme de brugnon fut attesté en français sous la forme brignon en 1600 puis brugnon en 1680 (Olivier de Serres, agronome français). Au XIXe siècle, toutes les pêches lisses étaient appelées brugnons. Le mot vient du provençal moderne brugnoun, brignoun, diminutif du latin populaire prunea, de prunus (prune) mais ce n’est pas une prune pour autant ! Pêche, nectarine et brugnon sont originaires de Chine et connus depuis l’Antiquité. Attention, le nectarinier (qui donne la nectarine) et le brugnonier n’existent pas à l’état sauvage, ce sont des mutants naturels de la pêche (INRA). Le mot nectarine quant à lui est apparu dans la langue française vers la fin du XIXe siècle mais ce fruit fut cultivé d’abord aux États-Unis avant d’arriver en France après la Seconde Guerre mondiale, apporté par les Américains. La nectarine ressemble au brugnon mais son noyau n’adhère pas à la chair, c’est la différence. On l’appelle aussi ‘ pêche-abricot ‘, mais ce n’est pas un abricot ! L’abricot quant à lui est le fruit de l’abricotier, sous-genre des prunus (qui comporte plus de 200 arbres et arbustes fruitiers ou ornementaux) tout comme le pêcher… qui donne les pêches. Le prunier donne les prunes, même sous-genre.

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D’où vient l’expression chambrer quelqu’un ?

Chambrer quelqu’un, c’est le taquiner gentiment, sans volonté de blesser. Mais d’où vient cette expression ? Elle possède la même base que ‘ chambrer du vin ‘. Chambrer le vin consistait autrefois à le sortir de la cave pour le placer près de la cheminée de la chambre, d’où le terme de chambrer. Maintenant, il s’agit de placer la bouteille dans une pièce tempérée, imposant au vin un décalage thermique graduel avant de le servir à table. Transposée à une personne, la notion de chambrage implique l’idée de léger choc, de petit décalage. En la taquinant, on bouscule légèrement la personne.

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Le jour même ou le jour-même ?

Doit-on écrire : le jour même (sans trait d’union) ou le jour-même (avec trait d’union) ? Il ne faut pas de trait d’union. On écrit : le jour même. Le seul cas où même est lié par un trait d’union, c’est derrière un pronom : lui-même, elle-même, soi-même. Attention, si le pronom qu’il complète est au pluriel, même prend un s  : eux-mêmes, elles-mêmes.

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Codicologie et paléographie

Qu’est-ce que la codicologie ? Ce nom désigne la science qui consiste à étudier les manuscrits reliés en codex, celui-ci étant un cahier formé de pages (manuscrites) reliées ensemble. Caudex = bloc de bois en latin. En effet, le codex était un assemblage de tablettes de bois à l’origine. Il a été inventé à Rome au IIe siècle av. J.-C. puis s’est répandu pour remplacer peu à peu le rouleau de papyrus, intéressant du fait de son faible encombrement, coût minime, maniabilité et possibilité d’accéder directement à toute partie du texte de par les pages faciles à tourner. Plus tard, les premiers chrétiens l’adoptèrent pour commencer à diffuser leurs textes sacrés. Le codex est en fait l’ancêtre du livre moderne. La codicologie, bien que connexe (proche) de la paléographie, est à en différencier cependant, cette dernière désignant plutôt l’étude des écritures manuscrites anciennes, quelle que soit la langue utilisée et visant à la lecture et à l’édition de textes en étudiant des témoignages écrits, permettant ainsi de reconstruire l’évolution des écritures dans le temps et d’en connaître leurs causes et développements. La paléographie étudie également les systèmes de production de l’écriture d’un point de vue socio-culturel.

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Tong… son origine

La tong, tout le monde connaît ! Pas vraiment élégante (en général) mais bien pratique l’été, elle existe depuis plus de 5 000 ans ! Elle était utilisée dans l’Antiquité égyptienne sous une autre forme, à savoir une feuille de papyrus tressée retenue par une lanière de cuir, pour éviter de se brûler les pieds sur le sable du désert. Les Perses et les Indiens y mirent plus tard une semelle de bois (donc plus rigide, plus solide) avec un entre-doigts en cuir. Mais pourquoi ce nom de TONG ? Ce sont les Américains qui l’ont nommée ainsi, suite à la Guerre du Vietnam. En effet, les habitants y portaient la thong, ce qui veut dire lanière en vietnamien, ces chaussures leur servaient pour aller dans les rizières. Les tongs sont inspirées également de la zori, tong à petit talon, utilisée surtout au Japon et en Chine. La mode des tongs est devenue populaire aux États-Unis après la Deuxième Guerre mondiale. Cependant, elle est arrivée en Europe suite à son succès sur la plage de Copacabana au Brésil dans les années 1920. Dans les années 50, les tongs furent fabriquées essentiellement en plastique puis en cuir dès les années 70.

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Pipelette origine du mot

Tout le monde sait ce qu’est une pipelette, dans le langage populaire, c’est une personne bavarde voire indiscrète. Mais savez-vous d’où vient ce mot ? Il désigne au départ une concierge en référence au personnage dénommé Anastasie Pipelet, concierge bavarde dans les Mystères de Paris d’Eugène Sue (1842-43).

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Topinambour origine

Le topinambour est une plante vivace voisine du tournesol, ancien légume racine qui est remis au goût du jour depuis quelques années. Son nom latin : Helianthus tuberosus. On l’appelle également artichaut de Jérusalemtruffe du Canada ou soleil vivace. Le topinambour est particulièrement apprécié pour les importantes quantités d’inuline (appartenant à la classe des fructanes, fibres alimentaires voisines de l’amidon) contenues dans ses tubercules. Son goût est proche de celui du navet et de l’artichaut. Mais d’où vient son nom ? Il est issu de la francisation du nom d’une tribu brésilienne d’Amazonie : les Topinamboux (Tupinambas). Une dizaine de ses membres furent amenés comme ‘ curiosité ‘ à Paris en 1613 et présentés à la Régente de l’époque, Marie de Médicis (oui à l’époque c’était comme ça !…). Cela conduira Carl von Linné (naturaliste suédois, 1707-1778) à décider de l’origine brésilienne du topinambour, qui fut introduit en France par Samuel de Champlain au XVIIe siècle.

Impressionnez vos invités en leur racontant l’histoire du plat que vous leur avez amoureusement concocté : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

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Ane en culotte

Les ânes en culotte sont un symbole bien connu de l’Île de Ré qui appartient désormais à son folklore. Les ânes y sont habillés de culottes, en hommage à leurs aînés qui au XIXe siècle aidaient au transport du sel et du vin, avant la mécanisation de l’agriculture. Mais pourquoi les habiller (pattes avant et arrière) ? Les culottes étaient en fait des pantalons à bretelles, fabriqués dans divers tissus et destinés à protéger les ânes des piqûres d’insectes et des herbes coupantes. Les marais salants étant à l’époque la principale ressource de l’île, la production atteignait environ 30 000 tonnes. Il a donc fallu faire venir des ânes pour transporter tout ce sel, tout en cherchant à les protéger, grâce à ces ‘ culottes ‘. On peut encore en voir, pour le folklore, à Saint-Martin-de-Ré.

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Des ciels ou des cieux ?

Que doit-on dire (et écrire) ? Des ciels ou des cieux ? Les deux solutions existent, mais avec des significations différentes selon l’emploi. Lorsqu’il s’agit du ciel physique, à savoir l’espace visible au-dessus de nous, délimité par l’horizon et s’étendant à l’espace où l’on peut apercevoir les étoiles, on parle de cieux au pluriel. S’il s’agit de l’aspect (clair, nuageux etc.), on parlera de ciels (des ciels bas et non pas des cieux bas !). S’agissant du ciel astral lié aux arts divinatoires (‘ ensemble des astres avec leur influence supposée sur la destinée ‘ – Dict. Larousse), on parle de ciels. Il existe aussi les ciels de lit (et non pas cieux !). Ce sont des ornements divers pendus au-dessus des lits, comme par exemple les baldaquins. À notre époque, ils sont généralement utilisés sur des lits de bébés. En revanche, dans le cadre religieux, à savoir le séjour des âmes, des divinités et tout ce qui concerne la puissance divine, on parlera alors de cieux. Quand on parle d’un autre pays ou continent, on pourra également utiliser le terme de cieux : sous d’autres cieux. Le pluriel cieux peut être aussi utilisé en poésie.

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