Huître et ostréiculture

Le nom féminin huître vient du latin ostrea qui a la même signification (1265 Brunetto Latini, philosophe humaniste du Moyen Âge dans le Livre du Trésor, encyclopédie en 3 volumes écrite en picard : oistre), d’où le nom de l’élevage des huîtres : l’ostréiculture (1868, de ostreum), ainsi que les mots liés : ostréicole et ostréiculteur (1875 Journal officiel). L’élevage des huîtres s’est développé en France surtout à partir du Second Empire sous l’impulsion du pisciculteur Jean-Jacques Coste. Cependant, les huîtres existant à l’état naturel depuis des lustres… elles furent consommées par toutes les populations littorales depuis la Préhistoire. Les Chinois, quant à eux, faisaient déjà des parcs à huîtres plusieurs milliers d’années av. J.-C. en utilisant des bambous. Dans l’Antiquité gréco-romaine, les huîtres constituaient un mets de choix et des méthodes d’élevage existaient déjà. Vers le Haut Moyen Âge, la pratique fut abandonnée, les habitants des côtes se contentant de ramasser les huîtres sauvages. Au XVIIe siècle cependant, s’est développée une première culture d’huîtres dans les réservoirs des marais salants sur la côte atlantique et ensuite dans des bassins aménagés spécialement (Marennes-Oléron). On récoltait des naissains d’huîtres sur les rochers ou par dragage, puis on les élevait dans des bassins. Au XVIIIe siècle, le sel perdit son rôle primordial de monnaie, acquis au Moyen Âge. Cela permit de libérer de nombreuses zones de marais salants, devenus inintéressants financièrement. L’élevage des huîtres s’y développa. Puis la réserve naturelle du bassin d’Arcachon menaça de s’épuiser à cause de la surexploitation, d’où l’interdiction de pêcher qui fut décrétée entre avril et octobre, de même qu’en Bretagne. Finalement, vers 1850, tous les gisements français furent touchés par ces interdictions d’exploitation, afin d’éviter aux huîtres de disparaître. Les Arcachonnais ont ensuite importé, dès 1860, des huîtres portugaises (crassostrea angulata) pour faire face à la pénurie d’huîtres plates. Cette huître portugaise constitua même jusqu’à 80 % des productions vers 1960. Mais une dizaine d’années plus tard, vers 1970, une maladie décima l’espèce sur les côtes françaises. Les ostréiculteurs firent venir alors des huîtres creuses japonaises (crassostrea gigas) du Pacifique et leur élevage se développa, constituant désormais l’espère d’huîtres la plus cultivée en France et dans le monde.

Vous aimez la cuisine ? Alors vous allez aimer l’histoire de vos bons petits plats : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html
Testez votre culture générale avec LES QUIZ D’ALPHA culture générale chez TBE et AMAZON

Publié dans Vocabulaire culinaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur Huître et ostréiculture

Frangipane

La frangipane, cette crème à base d’amandes, est bien connue, ne serait-ce que par sa mise en valeur dans les galettes des rois chaque année. Mais d’où vient son nom ? Il existe plusieurs origines possibles mais la plus probable est que le nom viendrait de Pompéo Frangipani, marquis et maréchal des armées de Louis XIII, qui aurait au départ mis au point un parfum à base d’amandes amères destiné à cacher l’odeur du cuir des gants et des souliers, ce parfum ayant pris son nom : frangipane (1588 Dict. étym.). Son grand-père Mutio Frangipani, botaniste italien, lors d’une visite aux Antilles en 1493, avait découvert un arbre aux senteurs agréables et envoûtantes, l’alba plumera, auquel sera donné le nom de frangipanier en son honneur. Le nom botanique plumeria vient quant à lui du moine français qui l’a introduit en Europe au XVIIe siècle : Charles Plumier. La sève et les fruits du frangipanier/plumeria sont toxiques mais ses fleurs parfumées sont comestibles et parfois utilisées en pâtisserie. Ce sont les amandes, fruits de l’amandier (prunus dulcis) qui servent à faire la frangipane, en raison de la ressemblance de leur parfum avec celui du frangipanier, qui lui, sert à créer des parfums et huiles essentielles.

Déguster de bons petits plats, c’est bien, mais en connaître l’histoire, c’est encore mieux : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

Publié dans Vocabulaire culinaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Frangipane

Fouace et fougasse

Le terme de fouace vient du latin populaire focacia, de focacius panis (selon Isidore de Séville au VIIe siècle – Etymologiæ en 20 volumes), désignant le pain cuit dans la cendre du foyer (focus = foyer). C’est un pain provençal salé (voire sucré selon les coutumes locales) à mie épaisse et moelleuse à base de farine blanche, de levure de boulanger et d’huile d’olive, agrémenté d’oignons, d’olives noires, d’anchois et/ou de lardons. Les termes de fouace et de fougasse désignent à peu près le même pain, avec une différence régionale d’appellation : fouace dans les pays de langue d’oil et fougasse dans les pays de langue d’oc. L’ancien occitan fogatza est devenu fogaça en occitan moderne et fougasse (que l’on écrit aussi fougace) est la forme francisée du mot emprunté à la langue d’oc. Les boulangers autrefois s’assuraient que le four à bois était à la bonne température en le testant par la cuisson de la fougasse sous la cendre chaude. Si elle était réussie, il pouvait enfourner le pain pour le cuire. Jamais perdue, elle servait de casse-croûte aux boulangers. Dans les pays de Loire, on trouve des fouaces ou fouées. Rabelais fait d’ailleurs allusion à la fouace de Touraine (de Lerné plus précisément) dans sa célèbre œuvre Gargantua : ‘ Car notez que c’est viande céleste manger à desjeuner raisins avec fouace fraiche, … ‘ (Gargantua, chapitre XXV).

Découvrez la petite histoire de nombreux termes de cuisine, tout en vous amusant : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

Publié dans Vocabulaire culinaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur Fouace et fougasse

Punch origine

Le terme de punch est un mot anglais utilisé dans la langue française, mais son origine est bien plus lointaine. Attesté en 1632, il vient de l’hindi pânch qui signifie cinq (5). En effet, cette liqueur était élaborée à l’origine avec 5 ingrédients différents : thé, sucre, eau-de-vie, cannelle et citron. C’est aujourd’hui un cocktail dont il existe des quantités de recettes, selon les endroits, et à base de rhum, sauf les sans alcool bien sûr. Au milieu du XVIe siècle, les marins anglais mélangeaient du tafia (sorte de rhum non raffiné et ancêtre du rhum) et du sucre. En effet, cet ingrédient faisait partie des cargaisons des bateaux de commerce et les marins aimaient en boire. Les pirates et autres hors-la-loi pillaient régulièrement ces cargaisons, considérées comme de réels trésors. Et c’est entre 1530 et 1580 qu’ils recrutèrent des marins anglais en les soûlant grâce au mélange qu’ils réalisaient : tafia, sucre et fruits. La Marine royale anglaise perdit ainsi beaucoup d’hommes mais ceux qui restaient ont entrepris de mélanger leur ration de tafia (ils y avaient droit, mais en petite quantité chacun) aux fruits locaux une fois arrivés en Inde. Peu à peu, des épices furent ajoutées (thé et cannelle). Le nom de punch fut donné à ce mélange composé de 5 ingrédients, en référence au mot hindi désignant ce chiffre. Ils apportèrent ensuite aux Antilles, au cours des voyages suivants, la recette et le nom. Une boisson traditionnelle y fut créée en utilisant de nombreuses variétés de fruits exotiques. Le mot tafia, en créole, est une abréviation de ratafia (voir autre article à ce sujet). La canne à sucre est originaire d’Asie. Le ti-punch est typiquement antillais.

Impressionnez vos invités en leur racontant l’histoire du plat que vous leur avez amoureusement concocté : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html
Testez votre culture générale avec LES QUIZ D’ALPHA culture générale chez TBE et AMAZON

Publié dans Vocabulaire culinaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur Punch origine

Ramequin

Le terme de ramequin désigne une petite pâtisserie au fromage (tartelette, petit nid en pâte à choux…) mais également le moule en pyrex ou en porcelaine dans lequel on la cuit, que ce soit au four ou au bain-marie. Autrefois, il s’agissait même de tranches de pain de mie toastées et recouvertes de fromage. Mais quelle est l’origine de ce nom ? Il provient du néerlandais rammeken, issu de l’allemand rham qui signifie crème. Il s’agit effectivement à l’origine de crème au fromage. On utilise généralement du gruyère râpé à notre époque. Un exemple : les ramequins lyonnais sont une entrée chaude. Le ramequin est également un fromage de vache originaire du canton de Saint-Rambert-en-Bugey (département de l’Ain) fabriqué à partir de lait écrémé, mais aussi une spécialité culinaire destinée à être mangée sous forme de fondue. Ce fromage a commencé à être fabriqué industriellement vers 1950 mais il est encore élaboré à la ferme en certains endroits.

Certains plats cuisinés ont une histoire assez cocasse, à découvrir sur : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

Publié dans Vocabulaire culinaire | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés sur Ramequin

Vol-au-vent et bouchée à la reine

Le vol-au-vent et la bouchée à la reine sont souvent confondus en raison de leur grande ressemblance, en tant que charcuteries pâtissières composées d’une croûte cylindrique de pâte feuilletée emplie de garniture liée de sauce (salpicon). Le vol-au-vent est plus grand que la bouchée à la reine. Il était à l’origine destiné à plusieurs personnes, avec un diamètre de 15 à 20 centimètres, mais sa taille a été réduite au milieu du XXe siècle. La bouchée à la reine a toujours quant à elle été individuelle (une dizaine de centimètres de diamètre). L’invention du vol-au-vent est attribuée au célèbre pâtissier et cuisinier français Marie-Antoine (dit Antonin) Carême (1784-1833), auteur de différents livres de cuisine. Il s’était fait une spécialité de la pâte feuilletée, légère (elle vole au vent) et croustillante, qu’il employait pour réaliser ses tourtes et tartes, qu’elles soient salées ou sucrées, au lieu de la traditionnelle croûte (pâte à foncer : pâte brisée) utilisée jusque là et plus lourde. La recette de la bouchée à la reine quant à elle, aurait été inventée par la reine de France Marie Leszczynska (1703-1768) femme de Louis XV. Elle avait hérité de son père le roi Stanislas de Pologne le goût des choses de la table. En collaboration avec les chefs pâtissiers de la cour de Versailles, des ingrédients aphrodisiaques y auraient été ajoutés afin d’influencer le roi pour retrouver ses faveurs face à Madame de Pompadour, sa maîtresse favorite. À l’origine, la bouchée à la reine était garnie d’une purée de volaille à la crème. Ce n’est qu’au début du XXe siècle que la garniture évolua : salpicon (mélange) de viande ou de poisson et de légumes liés par une sauce.

Découvrez l’histoire et l’origine de vos plats préférés : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

Publié dans Vocabulaire culinaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur Vol-au-vent et bouchée à la reine

Darne origine

Une darne est une tranche (180 à 200 grammes – 2 à 3 centimètres d’épaisseur) de gros poisson rond coupée transversalement avant la cuisson, dans sa partie médiane : darne de thon, darne de saumon, darne de cabillaud… Ce nom féminin (une darne) est issu du breton darn qui signifie morceau (1528, Desdier).

Vous aimez la cuisine ? Alors vous allez aimer l’histoire de vos bons petits plats : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

Publié dans Vocabulaire culinaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Darne origine

Mayonnaise

La mayonnaise, bien connue de tous, sauce froide à base de jaune d’œuf et d’huile émulsionnés auxquels on peut ajouter du sel, du poivre ou de la moutarde, possède plusieurs origines possibles. Selon le dictionnaire étymologique Larousse, c’est le duc de Richelieu qui, ayant pris Port-Mahon capitale de Minorque (Baléares) en 1756 (Viard 1807), aurait baptisé cette sauce qu’il aurait préparée avec les deux seuls ingrédients qu’il avait à disposition, des œufs et de l’huile, la mahonnaise. Le grand Marie-Antoine (dit Antonin) Carême surnommé Le Napoléon des fourneaux, au XIXe siècle, affirma qu’il s’agissait de magnonaise (du verbe manier). Le mot mayonnaise pourrait aussi venir, selon certains, du vieux français moyeu = jaune d’œuf, correspondant à l’appellation moyeunaise. D’autres prétendent qu’elle aurait été une spécialité de Bayonne, d’où le nom de bayonnaise, ensuite déformé en mayonnaise. Selon Grimod de la Reynière en 1808 dans son Manuel des amphitryons, l’origine est finalement assez confuse : mayonnaise, mahonnaise, bayonnaise.

Déguster de bons petits plats, c’est bien, mais en connaître l’histoire, c’est encore mieux : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html
Testez votre culture générale avec LES QUIZ D’ALPHA culture générale chez TBE et AMAZON

Publié dans Vocabulaire culinaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Mayonnaise

Mirepoix

La mirepoix est une préparation taillée en petits dés (de 1 à 1,5 cm de côté) rissolés d’oignons, de carottes, de céleri destinée à relever la saveur de certaines sauces ou à être ajoutée à certains plats comme garniture aromatique. Mais d’où vient son nom ? Il s’agit du duc Gaston-Pierre de Lévis-Mirepoix, Maréchal de France et ambassadeur de Louis XV (XVIIIe siècle). La mirepoix fut créée par son cuisinier. Précisons que le nom est féminin selon l’Académie, bien qu’Émile Littré (fin XIXe siècle) lui ait attribué le masculin dans son célèbre dictionnaire, donc il est possible de le voir utilisé selon les deux genres, masculin ou féminin. Si l’on ajoute à la mirepoix du jambon cru ou du lard maigre (ou autre viande), on l’appelle matignon (nom masculin : un matignon).

Découvrez la petite histoire de nombreux termes de cuisine, tout en vous amusant : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

Publié dans Vocabulaire culinaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur Mirepoix

Bain-marie

Le bain-marie désigne la technique de chauffage d’une préparation ou d’un mets à l’aide de liquide chaud (de l’eau pour la cuisine), mais également le récipient qui contient ce liquide. Chauffer ou cuire au bain-marie permet d’éviter de brûler la préparation par l’obtention d’une température constante et modérée, comme par exemple faire fondre du chocolat ou réchauffer une sauce. Son invention est attribuée à une alchimiste de l’époque hellénistique (période de l’Antiquité suivant la conquête d’une partie du monde méditerranéen et de l’Asie par Alexandre le Grand jusqu’à la période romaine) Marie la Juive (appelée aussi Maria Hebraea ou Maria Prophetissa), considérée comme l’une des fondatrices de l’alchimie et ayant vécu aux environs du IIIe siècle av. J.-C. Elle aurait inventé plusieurs techniques et ustensiles de laboratoire, dont la technique du Balneum Mariae (= Bain de Marie) qui de ce fait prit son nom. Plus tard, au XIIIe siècle, le philosophe et savant germanique Albertus Magnus (Albert le Grand) s’inspira des travaux de Marie la Juive pour vulgariser la méthode en décrivant la technique pour la première fois. Selon le chimiste allemand Edmund von Lippmann (dans Abhandlungen und Vortäge zur Geschichte der Naturwissenschaften – 2 volumes, 1906-1913), le médecin grec Hippocrate (Ve siècle av. J.-C.) et le philosophe Théophraste (IVe siècle av. J.-C.) auraient décrit également cette technique du bain-marie. Toujours est-il que la première attestation en latin médiéval de Balneum Mariae date du début du XIVe siècle dans le Rosarium d’Arnaud de Villeneuve (Rosar., MS. lib. 2, cap. 7 dans Du Cange).

Impressionnez vos invités en leur racontant l’histoire du plat que vous leur avez amoureusement concocté : thebookedition.com/fr/alpha-et-le-secret-des-mots-cuisine-p-345620.html

Publié dans Vocabulaire culinaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Bain-marie